‹ Les tenailles. Point de lendemain. Les paroles restent. Illus. d'après les dessins de Maurice LalauChapitre 8 sur 84 · FERGAN · texte numérisé non relu

FERGAN

Il^KNE !.

dites, d'oser le croire... C'est à moi seul qu'il appartient de souffrir. Je l'ai appris. Ne l'apprenez pas.

IRÈXE, sujjpliante. — Promettez moi que vous ne vous en irez plus?

MICHEL. — Que deviendrons-nous?

IRÈNE. — Ah! quoi que l'avenir nous réserve, ne m'abandonnez pas. Soyez ma Providence, ma consolation ! Si vous saluiez combien je suis malheureuse ! Non, ne faites pas que tout se referme devant moi, au moment oià vient de s'y ouvrir la première pensée bienfaisante ! Je vous en prie, dans notre infoi-tune, ne soyons séparés que de près. Laissez-moi vous regarder, vous écouter, vous savoir là. Et de toutes nos pcine-s, faites-moi la joie que nous nous voyions les partager fraternellement ensemble !

MICHEL. — Vous me croyez plus fort que je ne suis.

IRÈNE. — Je vous crois fort ; et je me son 3 forte.

îiiCHEL. — Oui, vous me devinez incapable d'aucun vœu, d'aucun espoir qui contiendrait pour vous une parcelle d'offense. Mais vous ne songez pas aux angoisses abominables, indicibles qui peuvent souiller le sentiment le plus pur...

IRÈNE. — Je ne vous comprends pas.

MICHEL. — Ici, je vois près de vous un homme dont les droits et le caprice disposent de vous !

IRÈNE, palpita7ite de honte. — Vous n'êtes pas généreux.

MICHEL, très douloureusement. — Jesuis jaloux !

IRÈNE, honleversée. — Ah ! taisez-vous \

MICHEL. — Et vous comprenez bien qu'il n'y aura iamais assez d'espace entre moi... et cet autre à qui vous appartenez.

[Un teînp-".)

IRÈNE. — Vous m'avez fait sentir toute la place que vous avez dans mon cœur... Et je sais aussi que je ne peux être à vous. Je ne dois être à personne.

MICHEL. — Oh! mon amie! Vous r.:e jurez cela?

IRÈNE. — Oui!... Aidez moi... Restez pour me défendre : vous verrez toujours mes yeux se poser fidèlement sur les vôtres. A tout jamais, je me garde à moi.

MICHEL. — Je vous bénis. Je vous vénère. Merci ! Merci !

{Il baise res pcclueuscmcnt la main qu'elle lui a tendue.)

IRÈNZ. — Revenez bientôt : ce soir, mon âme vient de renaître.

MICHEL. — Vous aussi, vous avez renouvelé ma vie.

(Michel sort par le jardin d'Jiiver.)

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