‹ Les tendances actuelles concernant la construction des habitationsChapitre 19 sur 31 · B) L’ENTRETIEN · texte numérisé non relu

B) L’ENTRETIEN

Une maison salubre, mal tenue devient un taudis. Le constructeur doit prévoir un entretien facile: matériaux lavables (parquets imperméabilisés, carrelages

ou revêtements minéraux, murs peints à l’huile ou à la

chaux) les aménagements intérieurs, les détails de cons-

tructions: arrondir lose ang gless éviter les moulures, les tuyauteries. |

Le propriétaire da oubles simplement, en ant | le superflu : rideaux, tapis, HA Ho > compliquent l’entretien. « |

A lui de pourvoir aux réparations. nl le fera, s il a conscience de son rôle social, et si l'immeuble, impôts et taxes, amortissement et entretien décomptés, lui iaisse une rémunération normale des capitaux engagés.

L'usager, le locataire veille à l’entretien courant. Par son incurie, ses modifications intempestives, ses dégradations, bien souvent, « l’usager fait le taudis ». Par le surpeuplement aussi: c’est là une question diffé-

rente qui appelle d’autres solutions.

La lutte contre l’ignorance, l’incompréhension, la négligence ou le mauvais vouloir est ardue. Deux moyens existent: surveillance et éducation. Comment

fonctionnent-ils? Comment pourrait-on les développer

et les perfectionner?

a) La surveillance.

On a préconisé depuis longtemps une surveillance incessante et effective des logements ouvriers, grâce à des inspecteurs d’hygiène, qui éclaireraient l’administration sur l’état d'hygiène et de salubrité publique dans leur ressort, veilleraient à l’exécution des lois et des règlements, établiraient le casier sanitaire des maisons sur lequel seraient portés les aménagements à porter, se

Cette a à est jévate pour de H. B. M: la oi ne du 26 février 1912 (Art. IT par. 6) stipule que tant que. | les maisons ont des logements qui bénéficient des avantages de cette loi, les comités de patronage ont le droit de s’assurer que les conditions de salubrité subsistent. Si les logements cessent d’être salubres par suite de modification dans les aménagements, le comité de patronage peut retirer le certificat de salubrité, et les avantages de la loi sont supprimés. Cette mesure est rarement appliquée. | | - Le défaut d’entretien, Aénéralenent: dû aux locataires, ne tombe pas sous le coup de la loi. La surveillance de ceux-ei est parfois exercée par les administrateurs des cités ouvrières: la Société des Mines de Lens qui a fait construire plus de 10.000 maisons, nous Ofre un bon exemple. |

Chaque locataire recoit un livret dont les clauses très strictes lui interdisent les constructions annexes, qui sont la lèpre de tant de cités ouvrières. La négligence n’ests pas tolérée: un garde fait respecter le règlement; un résultat magnifique en découle, trop rarement obtenu: la propreté.

De plus, chaque habitation possède un re sanitaire où sont consignées les observations auxquelles donnent lieu les visites semestrielles.

Il nous paraît intéressant de citer les opinions, sur ce point, d’un spécialiste de ces questions, le Dr René Martial (L’'Hygiène Sociale, 25 janvier 1933).

« L'expérience de l’après-guerre nous a confirmé dans cette idée que toutes les familles ne sont pas aptes à conserver telle une habitation qui leur est donnée propre; que la surveillance, pour ennuyeuse qu’elle parais-

se, qui peut être facilement considérée commé une entrave à la liberté individuelle, est cependant nécessaire. dans l’intérêt même des habitants. Cette surveillance peut d’ailleurs s’exercer sans aucune vexation ‘inutile, ainsi que nous l'avons vu, en particulier, dans les belles cités- jardins construites depuis 1923 dans le Limbourg Belge. Elle consiste principalément dans la visite effectuée par les infirmières visiteuses, qu'il y ait ou non des malades dans la maison, Ces infirmières sont capables, non seulement de donner des conseils de puériculture ou de médecine, mais encore des conseils relatifs à l’entretien du ménage et de la maison. Leurs visites, leurs conseils sont presque toujours bien accueillis, ce qui démontre que les habitants se rendent bien compte qu’il ne s’agit pas d’une entrave à leur liberté. Mais enfin, il faut compter avec les habitants récalcitrants et dont les erreurs d’hygiène sont susceptibles non seulement de dégrader la maison, mais encore de nuire à la santé de leur famille, puis à celle des voisins. Les visites des infirmières sont renforcées par celles du médecin, et, en dernier lieu par celles de l’inspecteur administratif, qui est autorisé à parler plus sévèrement. Des avertissements et des sanctions peuvent suivre ces visites.

« La contre-partie de cette discipline réside dans l’attribution de primes et de récompenses aux maisons les mieux tenues en commençant par les familles les plus nombreuses. À ces primes et à ces récompenses s’ajoutent des avantages matériels variés, parmi lesquels des voyages d’excursion, soit au moment des vacances, soit à l’occasion d’expositions ou de concours. Les résultats que nous avons pu observer dans

NU Le Y è Ai À ES

- différents pays, y compris la ere sont oo 4 partir du moment où la cité- jardin est. surveillée, le nombre des maisons mal tenues diminue régulièrement

chaque année. Aussi, l’état de santé des habitants devient-il toujours meilleur et les maladies contagieu-

ses et épidémiques toujours plus rares »

Cette surveillance n est na ho pas aussi

développée dans toutes les habitations à bon marché.

Elle est pratiquement inexistante dans les habitations insalubres et surpeuplées, si ce n’est lorsque la Angie tion s’impose..

Il y a là une lacune regrettable, car l’inspection sanitaire des logements est le complément indispensable de toute réglementation en matière d’hygiène.

b) L'éducation.

Un des intérêts de l’inspection des logements est de permettre d’éclairer les usagers, grâce surtout aux conseils des assistantes sociales. Nous touchons là au deuxième remède envisagé contre l'ignorance et la négligence du publié, l’éducation. On comprend sans peine l’importance et la portée d’une éducation bien comprise du public en général, et surtout des bénéficiaires des installations nouvelles, et des « échappés du taudis » qui y ont acquis des habitudes déplorables dont ils se défont souvent difficilement. Théoriquement, la vulgarisation .de l’hygiène existe : à l’école surtout, et accessoirement grâce à certains articles de journaux ouvriers. Ces conseils sont-ils adaptés au milieu à former? Sont-ils assez répandus? Sont-ils compris, retenus, observés? Ils ne le seront jamais assez.

| Nobs allons NRA montrer comment on.

peut concevoir cette éducation de l’hygiène de l’habita-

tion, Hore n’est qu un chapitre de Hope générale.

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