LE PUBLIC
Le grand public peut être éclairé par quelques affiches, des slogans, des articles dans la presse ouvrière,
etc. Rien ne vaut les conseils de l’assistante sociale.
| Adaptés à chaque cas, tenant compte des misères, des difficultés, de la maladie, elle peut donner des conseils
5 adaptés à chaque cas: montrer les bienfaits de l’aéra-
M RioN (encore et toujours), proposer la suppression des
. meubles et les bibelots encombrants et inutiles, des tapis et des tentures poussiéreuses, one à entretenir.
L'éducation générale du public est 2 aussi à faire, lui
montrer la nécessité d’accorder une part plus impor-
tante de ses ressources pour se procurer un logement sain et assez vaste; lui apprendre à équilibrer son bud- get correctement; réagir contre le mauvais goût ou : Tostentation: lui montrer la différence entre le luxe, inutile, coûteux, stérile, encombrant, donnant à peine l'illusion du bonheur, et le confort économique parce que basé sur la simplicité et 1 "utilité, source de Joie, de santé.
Il n’est pas moins nécessaire de modifier la mentalité du Français: « le préparer à placer l’intérêt général au-dessus de son. intérêt personnel, lui faire accepter des disciplines et limiter ses libertés pour le bien de tous, l’habituer à voir grand et à se plaire aux œuvres de longue haleine ».
On a envisagé une législation punissant les fautes d'hygiène; mais peut-on imaginer un instant une loi obligeant les gens à dormir la fenêtre ouverte en été et à ne pas cracher à terre dans leur chambre? Même si la loi peut prévoir des sanctions à certaines infractions sanitaires, il ne fut pas oublier que les lois ne sont réellement applicables et appliquées que si elles sont logiques et humaines et comprises par les foules. On a dit
que la loi était l'expression de la volontés de la majorité: c’est particulièrement vrai pour l'hygiène.
On pourrait à la rigueur récompenser certains logis bien tenus, mais aurait-on idée de décorer un laitier pour n’avoir jamais mouillé son lait ?
Acquisition de bonnes habitudes dès l’enfance, éducation du publie, surveillance, sont les bases de la reconstruction rationnelle et du maintien de la salubrité des habitations.
En dehors de ces mesures existantes qu’il faudrait généraliser le plus possible, on parle actuellement d’une allocation de logement: cette allocation complèterait l’allocation familiale et permettrait enfin à la famille ouvrière d’avoir un logis en rapport avec le nombre de ses enfants. Ce serait une des mesures contre la dénatalité. Celà donnerait à la famille les moyens de quitter un logis trop exigu pour elle afin de pouvoir profiter de cet avantage. Celà permettrait et même nécessiterait une inspection périodique de tous les logements ouvriers. En cas de logis assez vaste mais mal tenu, la sanction serait toute trouvée, suppression provisoire, puis définitive en cas de récidive, de l’allocation. Cette mesure atteindrait son but: mettre le logement qu'il faut à la disposition de celui qui en a besoin, sans baïisse artificielle toujours funeste des loyers, et obliger le bénéficiaire à accepter la surveillance et les conseils dont il a si souvent besoin,
En conclusion, si, l’on veut que la surveillance des logis soit efficace, il faut aider celui qui le mérite à faire les améliorations nécessaires et l’éclairer sur tous les avantages qu’il doit retirer d’une hygiène du logement bien comprise.