INTRODUCTION XI
bien entendu — ont protesté cette année contre l'empêchement où ils sont de lire les journaux, et ainsi de connaître « les grandes actualités ». Cette protestation est juste. Elle ne s'était jamais produite. Elle se produit maintenant parce que nous sommes à une époque de renouvellement, et que le besoin de connaître les manifestations de ce renouvellement se fait, de lui-même, impérieux. On ne peut pas vivre dans l'ignorance de son époque. Et c'est une chose bouffonne que de voir que la lecture de deux journaux seulement est autorisée dans quelques collèges et lycées de Paris. Nommons - les : L'Auto et Comœdia. Nous croyons bien qu'on permet aussi L'Aéro. Il paraît que le sport, le théâtre, sont des nécessités naturelles. Et des nécessités qui ne corromperaient pas les jeunes âmes des collégiens. Mais l'Université s'en voudrait de répandre parmi ses élèves des journaux où le crime, par exemple, tient la première place. Il convient, certainement, de se récrier contre les journaux qui font du crime un attrait particulier ; mais il faut convenir que telle grande affaire criminelle n'a pas plus de chances de « corrompre » les jeunes âmes en question, que le compte-rendu de telle pièce, l'interview de tel célèbre aviateur, ne les corromprait.
On a peine à imaginer une personne qui refuserait de lire les journaux. Et si son refus allait jusqu'à ne pas lire le courrier, c'est-à-dire