INTRODUCTION XVII
pas vendues davantage du seul fait qu'elles ne coûtaient que 0 fr. 95.
Mais elles se vendent, de toutes façons. Il y a des collectionneurs et des habitués. De même qu'on achète, chaque jour, le même journal, une partie du public achète, le premier de chaque mois., le livre à 0 fr. 95 d'une collection, ou les livres à 0 fr. 95 des deux ou des trois collections.
Ces collections ne publient, d'oeuvres qu' « inextenso». L'une d'elles cependant, la dernière en date, dans son souci de vouloir tenir sa place « entre toutes les mains », pratique dans l'œuvre publiée quelques menues coupures. L'auteur se prête de bonne grâce à ce sacrifice. Il sait que le livre « se vendra bien » et le souci de faire de l'argent l'emporte toujours sur le souci des Lettres.
La première des collections à 0 fr. 95 donne quelquefois, mais tout à fait par exception, des œuvres inédites. On en a lu de Gyp, de Claude Ferval. Elle a d'ailleurs une collection jumelle, celle-ci au prix de 1 fr. 50 le livTe publié — on le vend couramment 1 fr. 35 — qui donne des œuvres inédites, ou du moins qui n'ont paru encore jusque là qu'en feuilleton dans un journal ou une revue. On trouve dans cette collection, d'un format un peu plus grand, des œuvres d'auteurs connus, comme Au service de l'Allemagne, de Maurice Barrés, Le Trust, de