INTRODUCTION XXIII
Les grandes métropoles où s'épanouit presque monstrueusement, notre civilisation de fer et d'or, commencent d'imposer une sensibilité nouvelle, des attitudes et des habitudes différentes de celles de jadis, à une humanité que déborde la rapidité de l'évolution matérielle. Les travaux, les plaisirs tendent à prendre un caractère collectif ; une atmosphère commune imprègne toujours davantage les sentiments et les espoirs. Toujours croissantes, la solidarité matérielle que développe le progrès des moyens de communication, et la solidarité intellectuelle dont la presse resserre les liens, engendrent dans une ville, dans une région, dans le pays tout entier parfois, une âme collective qui déteint sur les mentalités particulières. Les conquêtes du savoir et de l'audace, comme celle à laquelle nous devons le domaine de l'air, entretiennent une sorte d'enthousiasme permanent, qu'ignorèrent d'autres époques.
Ces circonstances ne vont point, sans affecter de nuances originales, la vie intérieure des individus, dont la personnalité est assez vigoureuse pour s'enrichir de la socialisation croissante de l'existence au lieu d'en souffrir. Les transformations matérielles des sociétés apparaissent susceptibles, d'offrir à l'imagination de nouvelles et vastes perspectives, ainsi que de modifier la physionomie des émotions. Par de nouveaux problèmes, matière à autant de drames inédits,