XXX INTRODUCTION
taines des tendances de la jeunesse d'aujourd'hui, qu'elles viennent couronner et approfondir.
Il y aurait quelque ridicule à laisser croire que l'idéalisme dont nous allons essayer de préciser la physionomie surgit avec la génération littéraire et philosophique apparue vers 1905. Et cela d'autant plus, que l'éminente et prépondérante dignité de la vie intérieure, le primat de la pensée pure ne fut jamais proclamé avec autant de vigueur que par la pléiade d'écrivains et d'artistes qui commença de se manifester aux environs de 1885. Bien plus que du positivisme, dont elle subissait cependant l'influence, cette élite retenait la leçon de la philosophie allemande. Un Barrés affirmait la réalité transcendante et les droits de son Moi vis-à-vis du monde extérieur composé de Barbares, barbaroi, ceux qui ne possèdent point de langage, d'existence harmonieuse par conséquent. Au cours de promenades lointaines et dans les domaines les plus divers, un Rémy de Gourmont cherchait déjà les « raisons de l'idéalisme » qu'il formulera, plus tard. Les jeunes revues de l'époque ne semblèrent hermétiques que parce que l'on y considérait toute chose sous la catégorie de la pensée pure. Mais, très rapidement, cet idéalisme se dépouilla de son atmosphère et de sa signification philosophique pour s'appliquer, exclusivement bientôt, à la