‹ Les Tendances présentes de la littérature françaiseChapitre 3 sur 94 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

classer enfin celle-ci selon un principe plus large encore. S'ils dédaignent de manifester quelque aptitude à la synthèse, ce n'est point d'ailleurs que les critiques d'aujourd'hui excommunient les idées générales au nom de l'érudition : rien de plus léger que leurs appréciations, rien de moins embarrassé d'indigeste savoir. On veut plaire, amuser, retenir en tous cas pendant quelques minutes l'attention débile ou supposée telle des contemporains ; on cherche à faire l'éducation de gens d'autant plus pressés que le progrès mécanique leur donne plus de loisirs, en flattant leur manie d'agitation 'vaine et superficielle. Ainsi américanisée, de par le bon plaisir de ses titulaires, la Critique accorde autant d'importance, ou peu s'en faut, à quelques pages de fantoche barbouillées entre deux cotillons et à l'œuvre de ceux qui continuent la tradition de Balzac ou de Vigny. Le snobisme vient parfois suppléer heureusement à l'insuffisance des appréciations cotées sur le marché des grands journaux et des magazines : mais les snobs font preuve de si peu de discernement et de tant d'incompréhension maladroite dans leurs admirations, que l'on ne saurait compter sérieusement sur eux pour mettre fin à ce désordre de l'esprit et du goût qu'entretient la Critique littéraire d'aujourd'hui.

La postérité se chargera, sans doute, de rétablir l'ordre des valeurs, comme elle a déjà

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