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elle, par son exemple aussi bien que par sa doctrine, les
Plus beaux motifs de consolation et d'espoir.
Notre-Seigneur a voulu subir de la mort tout ce qui
la rend par elle-même redoutable et douloureuse. à eu, en quelque sorte,
Il en la hantise, la frayeur anticipée,
-à pensée qu’il doit mourir ne le quitte guère, elle sert
de base à ses enseignements par les détails prophéti- Gues qu’il donne de sa Passion, Oui, il devra mourir, il sera séparé de ceux qu'il aime si tendrement, Le Fils
de l’homme sera livré aux princes des prêtres, aux scri-
bes et aux anciens qui le condamneront à mort, Ils le livreront aux foules qui se joueront de lui, lui cr. ront au visage,
achele flagelleront et le feront mourir sur une croix. Voilà ce qu'à maintes reprises, il dit à ses disciples. Il annonce la même chose aux Pharisiens et
aux docteurs de la loi, mais en des termes paraboliques,
$é comparant au prophète Jonas, parlant de ia d'estruction d’un temple qui est son Propre corps, dissat que de même que Moïse éleva dans le désert le serpent d’aitain, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, Enfin quand de temps sera venu, il Prendra, à i’étonnement
des siens, à l’époque des fêtes, la route de Jérusalem, allant de lui-même au-devant de la souffrance et de la mort.
Maïs ajoutons que si Jésus prédit ainsi son supplice, Sa mort et sa sépulture, il ajoute en même temps l’annonce d’une résurrection personnelle et glorieuse, qui sera tout à la fois le signal et le modèle de la résurrection de tous ceux qui auront cru efficacement en sa parole.
Je suis, Moi, la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra. Et celui qui vit et croit en moi, ne mourra point pour toujours. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dermier jour. C’est donc lui qui est la cause et la source de la vie nouvelle reprise sur la mort que lui-même aurait subie et dont il reste le vainqueur, L'heure vient où tous ceux qui sont dans ‘es sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu. Et ceux qui auront fait le bien en sortiront Pour ressusciter à la vie, Et
cette résurrection, imitant celle du Sauveur, portera en
elle-même, et elle donne à l'avance toute la consolation
capable de calmer Ja grande douleur de Ja mort, puisque par elle ce qui était perdu est retrouvé, Encore un peu de temps et vous ne me vêrrez plus, et encore un peu de temps et vous me reverrez. Les enfants de la résurrection seront, comme les anges dans de ciel, environnés de gloire et jouissant d’un bonheur éternel et sans mélange.
Et c’est bien ce que Jésus nous fait voir en lui-même dans le consolant mystère de sa résurrection,
Jésus-Christ est le Premier-né d’entre les morts. Il sort du tombeau, ayant repris la vie par sa propre puissance, se laisse voir par ceux qui l'avaient aimé et qui pleuraient encore sa mort. Sa vue rend da joie et le bonheur. Il cause de nouveau avec les saintes femmes tout près de son sépuicre, où elles apportaient leurs aromates, avec quelques disciples qui s’en vont tristement sur le chemin d'Emmaüs et dont le coeur s’embrase aux paroles du Sauveur, 11 permet à ses apôtres de constater par eux-mêmes sa présence corporelle, et il revit avec eux comme avant sa passion. Voyez mes mains et mes pieds
et reconnaissez que c'est bien moi. Touchez et voyez :
un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que j'en ai. Avez-vous ici q: Ique chose à manger ? Et il partage avec eux leur repas de poisson et de miel. Pour vaincre l'incrédulité de Thomas, il Jui permet de toucher de son doigt ses plaies et son côté. Il fait faire sur le lac des
êches miraculeuses. Et surtout il engage avec ses apôtres des entresiens remplis d'amour et de doctrine, au cours desquels il complète l'organisation de l'Eglise qun fonde sur Pierre, et qui aura Pour mission de poursuivre dans le monde, à travers les siècles, son oeuvre rédemptrice. Pais mes agueaux, pais mes brebis. Allez, parcourez de monde entier, prêchez l'Evangile à toute créature, enseignez toutes les nations. Enfin il se montre fréquemment à ses disciples, leur donne un grand nombre de preuves de sa résurrection jusqu’au jour où, en leur présence, sur le mont des Oliviers, les ayant bénis, il monte au ciel pendant qu'une nuée le dérobe à leur regard.
Jésus avait donc rempli sa promesse. Non seulement
il était revenu à la vie, mais encore il avait retrouvé les
siens qu’il avait admis de nouveau dans son intimité.
Mais si c'était le même Jésus, il ne devait plus souffrir, ni mourir, il était désormais impassible er immortel. I! était, dans son humanité elle-même, soustrait à toute faiblesse, à toute nécessité, à toute douleur ! Sa chair
divine que le sépulcre avait respectée est désormais élevée, au-dessus des lois ordinaires, et il prélude par sa gloire corporelle à Ja transfiguration qu'il réserve à ses fidèles disciples. Il est éblouissant de clarté, aussi brillant qu’au Thabor, les cicatrices de ses plaies jettent ellesmêmes un éclat incomparable, ses vêtements sont plus blancs que la neige. Et c'est Par un acte de sa volonté qu’il tempère, en quelque sorte, de temps à autre, le rayonnement de sa gloire, Pour permettre à ses amis de le reconnaitre, de l’approcher et de lui parler.
Les exigences du temps et de l’espace n’existent point pour lui. Il franchit les distances avec la rapidité des esprits et de la pensée, Il pénètre dans le cénacle, dont les portes sont closes, et s’il lui plait de marcher avec ses disciples et de causer avec eux, il possède en même temps dans son corps glorifié la faculté de se transporter
au même instant de Jérusalem en Galilée, des bords du
DEEE Ne
lac de Tibériade au sommet d'une montagne, et finale-
ment sur la colline des Oliviers, apparaissant d'une
façon soudaine à ses disciples pour leur parler, leur Communiquer la paix, et leur faire voir dans sa propre
résurrection et dans la gloire qui l'accompagne, le triom-
he final qu’il Promet à tous ceux qui veulent souffrir
et mourir avec lui. Car c'est ainsi qu'il l'avait annoncé :
1e suis ja résurrection, c’est-à-dire non seuler ‘ent victi-
me Mais aussi vainqueur de la mort: je reprendrai de moi-même la vie que j'aurai en quelque sorte déposée, mais je porte en moi le germe de cette existence nouvelle que je promets à tous ceux qui me suivront dans
que je leur tracerai,
la voie
C'est lui qui nous a obtenu le bienfait de cette résurrection que nous attendons tous avec foi et confiance, et qui est la grande consolation de nos tristesses. C'est lui, les prémices de ceux qui dorment du sommeil de la
mort.
I est le chef et il est en même temps le modèle. fe pouvons e dérer échappe
Nous.
r à la mort qu'il a lui-même acceptée. Elle reste toujours le châtiment et la peine du
péch:. Elle garde son caractère de séparation douloureuse, d'anéantissement partiel et d’effrayante incertitude. Mais grâce à Jésus-Christ cette séparation n'est pas définitive, puisque avec la vie qui nous sera rendue, nous retrouverons, et pour ne plus les perdre jamais, ceux que nous avons tant aimés.
La destruction corporelle ne sera que passagère. De cette poussière infime, restée au fond de nos cerceuils, surgira une gloire qui empruntera son éclat à celle méme de la personne de Jésus-Christ ressuscité. La crainte est elle-même dominée par la confiance amoureuse et filiale, amplement justifiée par les promesses formelles de Jésus-Christ lui-même: Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. Mes brebis écoutent ma voix, je les conmais et elles me suivent, je leur donne la vie éternelle, elles ne périront jamais. C’est donc bien pour opérer, en même temps que notre salut, notre résurrection véritable que Jésus a voulu passer par les tourments de la mort.
Et pour peu qu'on ait foi en sa parole, nous savons
qu’il est monté au ciel Pour nous y préparer notre place, et que là nous serons semblables à ses anges puisque nous serons les enfants de la résurrection.
C'est la grande consolation que l'apôtre prêche avec insistance et qui est la pensée dominante de ses enseigne-
ments: la mort n'est qu'un sommeil ; il ne faut pas l'i-
gnorer, ni s'attrister comme. ceux qui n'ont pas d’espé-
rance, Nous ressusciter Ms. tous et nous serons transformés ; notre corps surgira de la corruption et revêtira l'immortalité, Nous devons rendre grâce à Dieu qui nous a donné cette victoire par Notre-Seigneur Jésus- Christ, et nous consoler mutuellement dans cette pensée.
N'est-il pas vrai, dès lors, que la grande tristesse dont j'ai parlé, se change d'elle-même en une grande joie par le fait même que le Christ, notre espérance, est ressuscité. Soit que la mort multiplie autour de nous des vides douloureux, soit que nous soyons nous-mêmes exposés à sa visite plus ou moins prochaine, nous pouvons accepter avec joie la grande consolation qui nous vient du coeur de Jésus, nous appelant à lui et nous convo-
quant, nous, les bien-aimés de son Père, à prendre place
dans son céleste royaume. L'oeil n'a jamais vu, l'oreille n'a jamais entendu, l'esprit ne saurait jamais concevoir ce que Jésus réserve comme récompense à ceux qui l’aiment, qui le servent et qui le suivent sur la terre. Nous savons seulement que dans l'éternité bienhcureuse, dans. la gloire d’une résurrection qui enveloppera notre corps aussi bien que notre âme, il n’y a plus de deuil, plus de séparation, plus de douleur, plus de peines, plus rien que la joie, le bonheur dans la vue et la possession de Jésus pour toute l'éternité, :
Ainsi sojt-il.