‹ Les tendresses du Sacré-Cœur de Jésus [microforme]Chapitre 3 sur 12 · L'ENFANT · texte numérisé non relu

L'ENFANT

mn

“Puer autem crescebat et confortabatur, plenus sapientia : et gratia Dei erat in illo. ”

‘ Cependant l'enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse :

et la grâce de Dieu était en lui. ”

(Luc, 11, 40).

Mes biens chers frères,

Nous avons, ces années dernières, l'Evangile en mains, étudié ensemble Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Nous avons vu en lui le Dieu, l’homme, le Verbe incarné. Nous l'avons suivi dans les diverses phases de sa vie terrestre. Nous avons admiré ses oeuvres de bien-

faisance et de salut, nous l'avons acclamé dans :: royau-

té, sa puissance et ses triomphes. Nous avons adoré, dans ses douleurs et son immolation suprême, le Sauveur, le Prêtre et la Victime du sacrifice divin offert au Père éternel pour la Rédemption du monde.

Cette fois, si vous le voulez bien, nous allons pénétrer dans le coeur de Jésus pour essayer d'en sonder les affections à l'égard de tous ceux qu", à des titres différents, ont eu le bonheur d'approcher de sa personne, de jouir de sa présence sensible et même de vivre de sa vie.

Comment s’est manifesté l'amour de Jésus dans ses relations extérieures, soit au foyer familial, soit avec les Premiers collaborateurs de son oeuvre rédemptrice, soit avec les petits, des pauvres, les pécheurs, les malheureux de tout nom? Sur tous, en effet, il s'est penché dans sa miséricorde pour leur accorder la faveur d'une bienveitlance, dont le nom peut changer et le caractère varier avec les circonstances et les Personnes qui lui servent de cadre ou d'objet, mais qui toujours nous montre le même coeur, également rempli d'amour et de bonté,

Nous allons successivement considérer en Jésus, l’enfant, l'ami, le maitre, je bienfaiteur et le consolateur. Ce

qui nous permettra d'établir que, sous ces aspects divers, le coeur du Christ étend jusqu'à nous l’action miséricordieuse de sa tendresse.

Aujourd'hui c’est l'enfant qui va nous dévoiler ses sentiments à l'égard de Marie, sa mère, et de Joseph, son père nourricier.

Le premier sentiment qui s'éveille dans le petit enfant, et qui se fait jour bien avant même l’ éclosion d'aucune de ses facultés, c'est assurément l'amour à l'égard de sa mère,

Instinctif tout d'abord, il attache d’une façon irrésistible l'enfant à celle qui lui a donné de jour, et dont l'i ge se fixe dans son regard inconscient, si bien qu'entre toutes les autres femmes, cet être si frêle et qui ne Pense pas encore reconnait toujours sa mère et ne voudrait jemais s’en séparer.

Ceci c'est la mature. Dieu l'a voulu ainsi, nous n'y voyons rien d'étrange. Mais il faut aëler plus avant. Alors que l'enfant a commencé de comprendre. puis à mesure que l'intelligence se développe avec le sentiment, loin que s’affaiblisse le lien maternel, il tend au contrai-

re à se resserrer de toute la force de l'admiration in-

tense inspirée, et de jour en jour plus vivement, par des

perfections souvent imaginaires, mais pour l'enfant ab-

solument indiscutables et qui, à ses yeux, font de sa mère, le dirai-je, la plus belle et la meilleure des femmes qu’il s'adonne à rencontrer.

Demandez à l'enfant de six ans qui il aime le plus sur la terre, qui a la voix la plus douce, le regard le plus tendre, les manières, la physionomie les plus agréables : c'est sa mère,

Ajoutez à cela l'influence intime, mystérieuse, très réelle, produite par la grâce, d’une part dans l'âme d’une mère pieuse qu’elle élève et qu'elle soutient, qui se manifeste dans son visage, dans ses paroles, et dans toutes ses démarches ; de l'autre dans le coeur de l'enfant, devenu par le baptème celui de Dieu en même temps que celui de sa mère, et vous comprendrez mieux avec moi que l'enfant chrétien ne peut le coeur de sa mère.

Il crée en lui-même,

Pas séparer de son coeur

sans s’en rendre compte, ce qui Peut manquer pour compléter en sa mère ce qu

il veut y

naar

hi

OR

voir : la beauté et la bonté. Pour l'enfant baptisé qui a une mère chrétienne, celle-ci est nécessairement une sainte, et il n’en est point de comparable, Et ne croyez Pas que ceci s'arrête à d’enfance. Ou plutôt, ne serait-il pas plus exact de dire que l'enfant reste toujours tel à l'égard de sa mère, quelque soit l’âge auquel ils parviennent l’un et l'autre. La mère dira toujours “ mon ‘ ” avec la même tendresse, le fils dira toujours “ma mèrs ’ avec le même sentiment d’irréductible admiration. Et le vieillard dira encore de sa mère: je ne sais vraiment pas si elle avait des défauts, je ne fui en ai jamais connu. Allons plus loin. La mère disparue, pour le fils survivant c’est encore son souvenir qui, au milieu de tous les événements qui Peuvent traverser une vie humaine, viendra faire luire dans son âme enténébrée ou endolorie, un rayon de clarté et de douce joie. Combien n’en a-t-On pas vu de ces hommes, parvenus aux limites de la vie, jetés depuis longtemps en dehors de toute croyance ou de toute pratique chrétienne, retrouver le chemin du bonheur surnaturel dans le retour à la foi et aux senti-

ments de leur enfance, simplement par l'image, gardée

toujours intacte, de la beauté chrétienne et de la bonté pieuse de leur mère. Ma mère, ma mère, vous me parlez de ma mère ! Oh, c'est vrai, combien je l’aimais ! Elle était si belle, et elle était si sainte ! Ceci est profondément vrai et qui donc oserait le démentir.

Toutefois n'exagérons rien. L'enfant ordinaire, méme religieusement élevé, est en quelque sorte par son amour instinctif et immortel, le créateur Pour une bonne Part des per‘ections maternelles. Lui seul les voit ainsi. Il ferme les yeux sur tout le reste et n’aperçoit jamais ce qui, a°.. .gards des autres, pourrait être de véritables et graves défauts.

La nature et la grâce s'unissent donc pour faire de cet amour filial le premier qui naisse dans l'âme, celui qui résiste à tout et toujours, mais sans pouvoir rien ajouter aux qualités réelles de la mère, que l'enfant chérit comme il da voit.

Pour Jésus et Marie, il en va tout autrement. Ici le Fils a réellement donné à sa mère, et il lui continue durant toute sa vie temporelle, la beauté et la bonté qu'il trouve en elle à sa naissance et qui seront comme l'ali-

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