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ment de sa tendresse filiale. Etant Dieu, il a fait à son
gré la mère dont il devait naître. Il en avait par ses prophètes annoncé les splendeurs : vous êtes toute belle et il n’y a aucune tache en vous. Par d'éloquents symboles il avait prédit sa sainteté, qui ferait d'elle comme le lis au milieu des épines. Envoyé par lui, i'archange la salue pleine de grâces et bénie entre toutes les femmes. La Conception Immaculée avait exempté Marie de toute souillure. Le mystère de sa maternité divine devait ajouter encore à l'éclat de sa virginité, La coopération qu’elle devait donner à l’œuvre de son Fils exigeait d'elle, sous l'action d’une grâce sans bornes, un accroissement indéfini de beauté surnaturelle et de sainteté. En un mot elle devait être la plus aimable et la plus parfaite des mères.
L'enfant Jésus lui-même, différent de tous les autres, particulièrement en ce que, dès les premiers moments de sa vie, il possédait le libre usage de toutes ses facultés dont rien ne pouvait diminuer l’étendue ou l'exercice, avait la pleine connaissance des grâces et des
perfections de sa mère, et trouvait en lui-même dans son
beauté et à tant de bonté, Le Plus parfait des fils en
Présence de la plus parfaite des mères, et Ja tendresse
qui en est le fruit: voilà tout le mystère, Voyon:< Evangile.
Faut-il aller d'abord à froide étable,
Comment il nous est Présenté dans Je saint
Bethléem dans la sombre et où Jésus vient de naître et se laisse envelopper de langes et coucher dans une crèche ? misérable réduit où se cache pour un temps le du monde, les petits et des grands, les pauvres ches viendront tour à tour apporter leur ho st remarquable que !
Dans ce Sauveur et les rimmages. Il ’auteur Sacré, inspiré par |
"Esprit- Saint, nous Montre avec insistance la Sainte Vie
rge, dans les bras et sur le coeur de qui Jésus veut être
Les bergers trouvèrent Marie et Joseph, et Ché dans une crèche. Les Mage Marie, sa mère,
présenté.
"Enfant cou-
S trouvèrent l'Enfant avec et se Prosternant, i;: l2dorèrent. C'est très court. N'est-ce Pas aussi très expre fant-Dieu qui a la fierté filiale,
temme que vous voyez,
ssif ? C’est l’Enet qui semble dire: la
qui me porte dans ses bras et me
Je
présente à vos adorations, oui, elle si pauvre, si abandonnée, et cependant si rayonnante de beauté divine, Ô bergers, Ô rois puissants qui représentez le monde, c’est ma Mère. Remettez-lui les hommages et les présents que vous êtes venus m'offrir,. Et c’est Marie sans doute qui accepte l’or, l’encens, et la myhrre, comme elle gardait et repassait dans son coeur les choses merveilleuses racontées par les bergers à la louange de son Fils. Dès sa naissance le Fils comble sa mère d'honneur et de gloire.
Dans le temple où la sainte famille s’est rendue pour accomplir les prescriptions légales, c’est Jésus sans doute qui est l’objet de l'attention de tous. C’est lui qui est présenté et racheté. Mais c'est à Marie sa mère que s’adresse le vieillard Siméon: cet enfant, est né pour la ruine et la résurrection d’un grand nombre en Israël, il sera un signe de contradiction, pour vous un glaive transpercera votre âme. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes de bien des coeurs. N'est-ce pas encore l'amour de
l'enfant qui agit ici sur l’âme maternelie, pour l’admet-
tre dès maintenant à l’effrayante participation des dou-
td
leurs qui l'attendent lui-même, et au prix desquelles il rachètera le monde ; l'union se consomme dans l’amour divin entre deux coeurs, celui du Fils et celui de la Mère, qui devront plus tard accomplir la même oeuvre, Par une même oblation.
L'Enfant a grandi dans l’obscurité d’ vrier,
un ménage ou- Tout ce que l'Evangile nous en dit, c’est qu'il croissait et se fortifiait, qu'il était plein de sagesse et que la grâce de Dieu était en lui. Il était donc toute la joie de ses Parents, et l'on devine facilement leur bon-
heur sous le toit de Nazareth.
. Cependant ses Parents allaient tous les ans à Jérusalem pour les solennités de la Pâque. Toute la famille s’y rendit, selon la coutume de cette fête, lorsque Jésus eut atteint sa douzième année. Les jours saints étant passés, ils prirent le chemin du retour. Or l’Enfant- Jésus était regie à Jérusalem sans que ses parents s’en fussent aperçus. Supposant qu'il était dans l’une ou l'autre compagnie, ils firent une journée de voyage alors ils
; le cherchèrent anxieusement parmi ceux de leur parenté et de leur Connaissance : ne l'ayant point
ER
trouvé, ils retournèrent à Jérusalem le cherchant toujours. Après trois jours, ils le découvrirent dans le temple. Il était assis au milieu des docteurs les écoutant et les interrogeant. Tous ceux qui l’entendaient, étaient stupéfaits de sa Sagesse et de ses réponses. En le
voyant ainsi, ses parents furent eux-mêmes très surpris.
Mon Fils, lui dit sa mère, pourquoi donc avez-vous agi
de la sorte à notre égard ? Voilà que votre père et moi, nous vous cherchions dans la plus douloureuse angoisse. Pourquoi me cherchiez-vous, répondit-il, ne saviez-vous pas qu'il faut que je sois aux affaires de mon Père. Réponse sublime qui porte avec elle la première parole évangélique de Jésus. Elle révèle à la fois son origine et sa mission, et c’est à sa mère qu'il l’adresse. C’est l’enfant-Dieu qui livre extérieurement à l’humilité de sa mère la connaissance de sa noblesse, de ses grandeurs et de sa gloire. Il veut que sa mère soit maintenant en quelque sorte orgueilleuse de son enfant qui, malgré la bassesse apparente de sa famille, siège au milieu des docteurs dans Je temple, comme il devra bientôt dominer toutes choses de ce monde, et s'occuper
des affaires de son Père. Et dans sa joie intime et profonde Marie n'avait qu'à se redire, c’est mon Fils.
Eh bien ce Fils, ce futur Sauveur, va rentrer à l’atelier et, pendant que sa mère médite ces paroles, Jésus est simplement soumis à la doi commune de l’obéissance filiale. A trente ans, il commence sa vie publique. Il assiste avec Marie aux noces de Cana. Le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit : ils n’ont plus de vin. O femme! lui répondit-il, que voulez-vous de moi, mon heure n'est pas encore venue. Sa mère dit à ceux qui servaient: faites tout ce qu’il vous dira. Or il y avait là six urnes de pierre, disposées pour les purifications en usage parmi les Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Emplissez d’eau ces urnes, dit Jésus. Ils les remplirent jusqu'au bord. Puisez maintenant reprit-il, et portez à l’ordonnateur du festin. Ils le firent. À peine eut-il goûté l’eau changée en vin que, ne sachant d'où venait ce vin, ce que savaient bien les serviteurs qui avaient puisé l’eau, l’ordonnateur du festin appela l'époux: Tout le monde lui dit-il sert d’abord
le bon vin et, quand les cunvives sont déjà en ébriété, on
fait passer la qualité inférieure, Vous, au contr aire, VOUS avez gardé le bon vin jusqu'à ce moment. Ce que je veux retenir de tout ceci, c’est la délicatesse extrême de cette attention filiale de Jésus qui, avant d'opérer son Premier prodige, veut avoir été sollicité discrètement par sa mère, afin que tous les convives Puissent garder à celle-ci l’affectueuse reconnaissance qu'ils Jui doivent, pour les avoir sauvés de la gène et de la confusion. C’est le fruit de l'amour, porté jusqu’à cette générosité affectueuse du Fils qui s’efface €n quelque sorte, pour laisser à sa mère le mérite d'une action bienfaisante qu'il accomplit à sa demande. L'Enfant voulait que sa Mère fût aimée comme il l’aimait lui-même.
Jésus poursuit son ministère, Il prêche, il groupe des
disciples, à multiplie ses miracles. La foule le suit Partout. Au cours de ses Prédications, deux fois dans 1
il lui arrivera a même circonstance de parler de sa mère. Ce sera pour l’établir,
avec tout le rayonnement de ses perfections, Comme le modèle que doivent s'effor-
cer d’imiter tous ceux à qui il communique sa parole.
C’est le dernier mot de l'admiration filiale, Quelqu'un
lui dit: votre mère et vos proches sont là dehors, ils demandent à vous voir. Alors du milieu de la foule, une femme jette cette exclamation : Bienheureuses les entrailles qui vous portèrent ! bienheureux le sein qui vous allaita! Dites plutôt, reprit Jésus, bienheureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l’observent. Qui est ma mère et qui sont mes proches? Ce sont tous ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’accomplissent, puis étendant la main sur ses disciples, et promenant son regard sur ceux qui étaient assis autour de lui, il ajoute: Voici ma mère et mes frères. Ecouter la parole et faire la volonté de mon Père qui est aux cieux, c’est être mon frère, c'est ètre ma soeur, c'est être ma mère.
C'était rendre à Marie le témoignage solennel que seul pouvait Jui donner son enfant. Au-dessus de toute gloire et de tout triomphe, capable d’exciter le désir et l'envie, Jésus proclame que sa mère a réalisé la véritable grandeur et la vraie félicité, lesquelles se trouven uniquement dans l’union parfaite avec Dieu et l'entière soumission à sa sainte volonté, Imitez ma mère, semble-t-il dire, et vous aurez part à son bonheur.
Nous voici au Golgotha. Le sacrifice va se consommer. Jésus va mourir. Sa mère est debout au pied de la Croix, elle regarde son enfant qui souffre, près d’elle est saint Jean, l’apôtre bien-aimé. Que se passe-t-il en ces instants cruels dans l’âme du Fils et dans le coeur de sa mère. Non seulement ils souffrent ensemble, mais ils augmentent encore l’amertume et l'intensité de leur douleur par de fait que chacun endure le contre-oup des souffrances de l’autre. Où donc est la mère que ne torture point la souffrance de son enfant ? Et cherchez l'enfant qui ne souffre point des douleurs de sa mère. Ici vous avez le coeur filial et le coeur maternel les plus délicats, les plus sensibles, les plus parfaits qui puissent exister, C’est donc une immolation commune, et par un acte suprême d'amour, alors qu’il se fait lui-même Rédempteur, Jésus fait de sa mère par la compassion, la corédemptrice du monde,
Cela ne lui suffit point. En mourant, il veut faire partager à sa mère le triomphe en mème temps que la douleur. Et puisque sa mort lui vaut la conquête des
âmes qu’il rachète par son sang, il veut les donner à
Marie, avec tous les droits qui découlent de l'amour maternel et filial. Dés hauteurs du gibet son regard s'abaisse sur sa mère, et debout près d'elle sur le disciple qu'il aimait, et il dit à sa mère: Femme voilà votre Fils. Puis au disciple qui représente l'humanité entière : voilà votre mère. Et dès lors le disciple, c'est-à-dire l’humanité rachetée la considérait comme sa mère. La beauté surnaturelle et la sainieté de Marie recevaient en ce moment du Dieu qui était son Fils la consécration suprème qui, par la volonté de Jésus-Christ, allait faire de sa mère le modèle achevé et la protectrice invincible de toutes les âmes rachetées.
Joseph, son père nourricier, devait avoir et il a eu sa bonne part de la tendresse filiale de Jésus. Aucune parenté charnelle ne le rattachait au Sauveur, mais l’Esprit-Saint l'avait constitué chef légal de la famille, Il était l'époux de Marie, et Jésus lui fut confié comme un dépot, dont il ne pouvait avoir la garde et le soin qu'au moyen de l'exercice d'une autorité vraiment paternelle. 11 devait à tous égards, sauf le sang, être un père, posséder toute l’honorabilité et remplir tous les devoirs qui
s'attachent à ce glorieux titre.
Et l'enfant devait, en retour, lui rendre les hommages de d'affection respectueuse et de la parfaite soumission. Mais alors il fallait bien que Dieu se füt préparé dans ce père adoptif un coeur digne d'une si haute vocation. {1 fallait que Jésus trouvât en Joseph et au plus haut degré réalisable, ce que tout enfant cherche dans son père, et ce qui active de plus en lui l'amour filial dans ce qu'il a de plus tendre et de plus fort. Il fallait que ce père possédät toute la noblesse, toute la vraie grandeur, qui puisse être accordée à l'homme, et que cela fût accompagné à l'égard de son Fils du dévouement poussé à ses dernières limites.
Aussi, voyons-nous que Joseph, bien que pauvre et inconnu était cependant de la race royale de David, Ce n'est pas assez, L'éclat qui s'attache aux origines les plus nobles garde bien peu de sa valeur, s'il n'est protégé et maintenu par le mérite personnel de l'héritier d'un grand nom. Pour Joseph c'est la déchéance complète en tout ce qui concerne les biens fragiles de ce
monde, Il est dans le dénüment et l'obscurité. C'est au
contraire la réhabilitation morale portée au plus haut
sommet de la gloire, par la sublimité de sa mission et la sainteté de sa vie. Aussi l'Esprit-Saint trace-t-il d’un mot son portrait, pour nous faire voir en lui le modèle achevé du père et du chef de famille : Joseph était juste. La justice, avec tout ce que ce mot exprime de perfections spirituelles, était chez lui la source des sertiments et des actes renouvelés chaque jour, et par lesquels se livrait son âme, véritablement pétrie d'amour. Un roi et un saint, voilà ce que Jésus vénérait en son père.
Par ailleurs, l'Evangile est sobre de détails. Ils suffisent cependant à nous faire saisir, sinon comprendre, ce que Joseph a dû goûter de joie et de bonheur par l’amour de Jésus. D'autant plus que le Saint-Esprit semble se complaire à mettre en relief le rôle de confiance et de dévouement qui revient à Joseph comme chef de famille.
L'Ange du Seigneur apparut à Joseph durant son sommeil : lève-toi, lui dit-il, prends l'enfant et sa mère et fuis en Egypte, tu y resteras jusqu'à ce que je t’avertisse, car Hérode va chercher l'Enfant pour le faire pétir. Joseph se leva, prit l'Enfant et sa mère, et cette nuit même il alla chercher un refuge en Egypte.
Après la mort d'Hérode, l’'Ange du Seigneur apparut en songe à Joseph en Egypte: lève-toi, dit-il, prends l'enfant et sa mère et retourne dans la terre d'Israël, car ils sont morts ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant. Joseph s'étant levé, prit l'enfant et sa mère et revint au pays d'Israël,
Qui donc nous apparaît en ce récit si simple et si tou- Chant, comme mandataire de Dieu, comme protecteur attitré de la mère et de l'enfant, qui porte le poids de l'anxiété et de la fatigue, qui veille sur Jésus pour le défendre, qui le porte dans ses bras ? C'est Joseph. Et l'enfant voit tout, et il aime en retour de tout son coeur filial.
Et lorsque la famille s’installe définitivement dans son village de Nazareth, c’est Joseph qui manie l'outil et, modeste ouvrier, va gagner de pain de chaque jour pour l'enfant et pour sa mère. Et pendant qu’il mange le fruit des sueurs paternelles l'enfant, qui grandit en âge et en sagesse, prodigue chaque jour davantage les marques de sa tendresse au père qui le nourrit.
L’Evangile nous indique clairement qu'il était soumis
à Joseph aussi bien qu’à Marie. Et quand l’Enfant devient adolescent et jeune homme, Joseph lui apprend son propre métier et Jésus accomplit avec lui son labeur journalier, et ce n’est que lorsque l'enfant, suffisamment grandi, pourra par lui-même et de son propre travail suffire à ses besoins et à ceux de sa mère que Joseph, dans l’adieu suprême, ayant parfaitement rempli sa mission et fidèlement gardé le dépot à lui confié, remet son âme entre les mains de son Dieu qu’il embrasse comme son fils.
Quelle scène d'amour et de tendresse !
Et plus tard au cours de sa vie publique, Jésus se faissera pour ainsi dire rappeler avec complaisance le souvenir de son père, et de l’humble métier qu’il exerçait. D'où viennent à celui-ci, disait-on, toutes ces connaissances ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, d'où lui vient-elle ? Que penser de ces étonnants prodiges qui s'accomplissent par ses mains ? N'est-ce point là le fils du charpentier Joseph ? Et Jésus laisse dire, gardant pieusement la mémoire de son père nourricier, objet de son
affection et de sa reconnaissance.
sq —
Vous le voyez, mes biens chers frères, le coeur de Jésus-enfant s’est montré rempli de tous les sentiments de respect, de soumission, d'amour, de confiance et de gratitude. Il a donné à Marie, sa mère, et à Joseph son père nourricier, toute la gloire et toutes les joies. Il s’est montré le modèle des fils, et bien qu’étant Dieu, il a
voulu se soumettre à la loi commune de l’obéissance,
joignant a la pratique exemplaire de cette vertu, celle
d’une reconnaissance sensible pour l'amour et le dévouement dont il était de leur part l'objet constant...
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