‹ Les tentations du jeune hommeChapitre 16 sur 76 · Cf. Idem, n'" 788 cl · texte numérisé non relu

Cf. Idem, n'" 788 cl

CAUSES DES TENTATIONS m

prêtres récitent un exorcisme à la fin de la messe et, quand ils baptisent ou qu'ils bénissent l'eau et le sel, ils ont ordre de multiplier les anathèmes contre le démon.

La doctrine de l'Église est donc précise et catégorique sur la réalité des esprits mauvais. Au reste elle coïncide avec la croyance universelle : tous les peuples connus ont professé et professent encore la foi à des êtres invisibles et malfaisants, et il est inutile de refaire une énumération tant de fois faite. Sur ce point particulier, l'audacieuse et paradoxale opinion de Joseph de Maistre : le paganisme n'a besoin que d'être nettoyé, n'est point dépourvue de justesse.

Excellent ! toutefois, la plupart de nos contemporains pensent autrement, et que leur importe la croyance universelle ? Ils s'estiment hommes de progrès et modernes, précisément parce qu'ils se sont dégagés de l'universelle illusion.

Je le sais, nos contemporains ont lu Auguste Comte ou ceux qu'il inspira, et la « loi des trois états » leur est connue. Ils la critiquent certes, que ne critiquent-ils pas? Mais par leur attitude même ils paraissent la vérifier ; ils sont phénoménistes, et s'ils sortent des purs phénomènes, c'est pour pencher au matérialisme. On n'aurait quelque chance de les persuader de

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l'exislence des mauvais esprits qu'en reprenant une à une les affirmations du spiritualisme et de la foi catholique, ou en les jetant de vive force devant le surnaturel éclatant, par exemple devant les miracles de Lourdes ; mais la plupart en détournent les yeux avant tout examen et ce sont des faits que nos féroces positivistes ne veulent point connaître.

Si quelqu'un de ces incrédules ou quelque croyant agité de doutes lit ces lignes, je le supplie de se souvenir que j'écris en catholique pour des catholiques, certes pour des catholiques actuels, environnés et assaillis d'objections comme un récif par les vagues, mais pour des catholiques qui, instruits de la solidité de leur doctrine, y restent attachés. A ces catholiques, s'il en est qui se sentent pris de doute, je livre cette remarque de Mgr Gay * : a On s'étonne des purs esprits ; c'est la matière qui est le prodige. Le prodige, c'est que dans les ouvrages d'un être qui est tout vie, tout intelligence et tout liberté, ce qui n'a en soi ni mouvement ni liberté ni pensée ait sa place. »

Quant aux matérialistes ou aux phénoménistes pour qui ces paroles sont dénuées de sens, nous leur demandons simplement dans l'intérêt de

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