III. — DES TERMINAISONS NERVEUSES INTER- ÉPITHÉLIALES
Il nous reste à étudier un troisième mode de terminaison des nerfs sensitifs cutanés, le plus récemment recherché, le plus complexe certainement et probablement aussi celui qui doit présenter le plus de variations dans ses dispositions normales.
Sans rechercher si les auteurs jusqu'à Haller ont soupçonné (ce qui nous semble probable, car ils décrivent des filets nerveux formant des pointes dans la couche de Malpighi), ce mode de terminaison; disons immédiatement que ces terminaisons inter-épithé- Hales ont été jusqu'à ce jour décrites sous plusieurs formes très-différentes.
Nous indiquerons d'abord la forme décrite par Merkel sous le nom de cellules du tact, quoiqu'elle ne soit pas même démontrée chez l'homme. Mais cette forme établie peut être une sorte de transition
entre le corpuscule de Pacini et les terminaisons vraiment inter-épithéliales; et tous "les auteurs notent sa coexistence avec de nombreux corpuscules de Pacini.
Merkel décrivit, en 1 875, dans les papilles de la langue du canard des formes cellulaires pouvant exister aussi, à Fétat libre, dans Pépithélium.
De ces formes, la plus importante, celle qui a été depuis retrouvée par d'autres observateurs, est la cellule géminée, formée de deux cellules hémisphériques assez volumineuses, striées après action de Tacide osmique, si intimement juxtaposées qu'elles semblent constituer une masse ovale unique. Mais chacune des deux cellules a un gros noyau trèsvisible avec nucléole, et de plus, l'acide osmique fait apparaître entre ces deux cellules uneJigne noire, ou mieux une substance interposée, un disque tactile, comme l'a très-bien nommé M. Ranvier.
La cellule géminée est la forme la plus commune. Merkel avait aussi décrit comme terminaison nerveuse une cellule unique qui n'a été retrouvée ni par G. Asper(l), ni par M. Ranvier (2). Au contraire, au lieu de deux cellules on peut en avoir un plus grand nombre, trois ou même quatre superposées. Ces formes plus complexes, signalées par Merkel et Asper, très-bien figurées par Axel Key et Retzius (3), ont été surtout étudiées par M. Ranvier.
(1) Asper. Centralblatt med., 26 février i876, wd.
(2) Ranvier. Acad. des sciences, 26 novembre i877.
(3) A. Key el RtTzius. Loc. cit.
Quelque soit le nombre de ces cellules spéciales superposées, qu'on les étudie dans la peau du bec du ^anard, ou dans sa langue comme M. Ranvier et Merie\, ou chez d'autres oiseaux comme Merkel, Asper, ^es cellules superposées paraissent toujours être ntourées d'une sorte de capsule, assez analogue aux ^apsules du tissu cartilagineux d'après M. Ranvier. )e plus, entre deux cellules superposées, dans leur ntervalle Tacide osmique révèle toujours un disque actile intermédiaire, lequel disque n'est que l'épalouissement d'un tube ou d'une subdivision nereuse. 11 y a donc pour chaque corps cellulaire auant de disques et de petites terminaisons nerveuses, [u'il y a de cellules superposées moins une : de )lus la terminaison nerveuâe est inter et non intra- :ellulftire.
Cette continuation du disque tactile intercelluaire avec une terminaison nerveuse, encore dououse pour Asper, a été bien démontrée par I. Ranvier.
Quoi qu'il en soit, l'importance de ce mode de teriiinaison est encore mal connue. Merkel, M. Ranvier uraient trouvé des terminaisons analogues chez pluieurs mammifères, et même aussi chez l'homme ; ^sper affirme que si les cellules géminées sont le lus souvent sous-épithéliales, elles peuvent être aussi iter-épithéliales : nous devons donc les décrire à ropos des terminaisons intra-épithéliales; mais DUS n'ignorons pas tout ce qu'il y a d'obscur dans urhistoirerapportée à l'homme. On pourrait cepen-
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dant rapprocher de ces cellules du tact de Merk : une deuxième forme de terminaison nerveuse int; \ épithéliale qui a été décrite assez récemment jiï Ditlevesen(l) dans une série de mémoires successi j et qui paraît avoir été déjà entrevue par Hensen f i Etudiant les nerfs de la peau de la grenouille api j durcissement, Ditlevesen a vu se détacher du rés» ' nerveau intra-dermique un véritable faisceau fibres sans myéline, mêlés d'éléments élastiqi conjonctifs et même musculaires: ce faisceau sediri perpendiculairement- vers Fépiderme dans leqi il pénètre, perdant, au moment de cette pénétratic les éléments conjonctifs ou élastiques qui le coi plétaient. Devenu épidermique, il s'épanouit, et = diverses fibres divergent de telle façon que les bresles plus centrales, gardant un trajet à peu pr direct vont se terminer dans les couches les pi . superficielles de Tépiderme au milieu des cellu cornées ; tandis que les fibres situées à la partie e terne du faisceau se recourbent, deviennent pl ou moins horizontales, et se perdent dans la coud de Malpighi.
Quoi qu'il en soit, toutes ces fibrilles nerveuse ^ ainsi épanouies dans les diverses couches de lef derme, s'y termineraient par des renflements mieux par des cellules spéciales, dont malheurq
(1) Ditlevesen. Centralblatt, 187H, n" 1; Nord md. ArAi., ' ; n" 4 et n ; 1878, avril. 1
(2) Hensen. Virchow's Archiv., t. XXXI, p. 64, f