LE CHANT DE LA COUPE
Aime ton humble coupe. Elle est de buis , qu'importe! Le buis solide et dur sied au barde breton :
Et sur le pied d'étain qui Tome et la supporte , Dans un double idiome on peut tire ton nom.
Vois , nul encor Q*a bu dans la coupe celtique. Toi-même la creusas de tes pieuses mains , Evoquant, évoquant les Esprits d'Armorique Depuis près de mille ans couchés sous les dôl-mens.
Tous se sont éveillés ! Mélodieuse troupe ,
Ils sont venus à toi comme des échansons ;
Et voilà qu'enivrés aux vapeurs de ta coupe ,
Sur les bourgs de Gornouaille ils sèment tes chansons.
Un soir , il l'en souvient, pour braver ton étoile , Tu la remplis de vin rafraîchi dans TEllé ,
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Une vierge était là plus blanche que son voile , Et cette belle enfant te disait consolé.
Aime ton humble coupe , et de vin ou de cidre Emplis-la jusqu'aux bords pour noyer tes douleurs , Si les flots fermentes laissent surnager Fhydre , Alors , les yeux au ciel bois ton fiel et tes pleurs.
HYMIÎE.
Le Dieu da mystère est Trois; il est le soutien des êtres émanés de sa grâce... il est le thème du chant.
Ow»ir.
Pure essence de tout , dont un nombre est remblème ,
Combien de fois, type suprême , Trouva»>tu ixm bonheur à sortir de toi-même?
Combien , après tes longs travaux , Beau triangle mystique aux trois côtés égaux , Es-tu rentré dans ton repos?
Puissance, Amour , Sagesse, ô mouvant équDibre!
Accord triple qui toujours vibre !
Dans ses épanchements force incessante et libre !
Nos temps venus , sainte Unité , Tu te développas selon ta volonté , Et Punivers fut enfanté.
Belle œuvre harmonieuse en tout ce qu'elle enferme ,
Où , comme la fleur a son germe , Cliaque être répondait à son principe et terme.
Pour rhomme simple mais complet , Sans voile dans les cieux le triangle brillait , Admirant en lui son reflet.
Crime ou faiblesse , un jour —(Trinôme ,' grâce I grâce ! )
Amour , Sagesse , tout s'efface ! . .
Toi seul , Père indulgent , n'as point caché ta face.
Homme marqué du sceau fatal , A présent suis la voie où fa lancé le Mal , Esprit boiteux , cœur inégal !
Des humaines erreurs va éérwàer la trame ,
Et triste de tœi prc^re blâme , Tâche par le savoir de refaire ton âme.
ô lakew iMfCHirs avorté !
Entrevoir l'astre par toujours d'on seul côté , lamais laate la vérité !
Pèlerin vague , errer de système en système ,
Et , l'œil louche , la face blême , Étudier le monde et soi coaune un problème !
Seigneur, il est loi^ le détour Qui doit ramener l'homme ii son premier séjour, Jardin de candeur et d'amour.
s être
Sur sa route pourtant vous hii varsez la maime,
Et celui gui de vous émane , Père, vint racheter ce captif <f Arimane.
Et Lui , FEsprit , Fardent Milieu , Sur ce front autrefois il^miné par Dieu Descendit en langues de feu.
ni.
Ainsi, marchant vers vous, Sagesse, Amour, Puissance,
Sous l'arbre vert de sa naissance T^'homme un jour s'asspîra fort d'une autre innocence.
Le théâtre de son labeur , Ce monde , il le rendra baigné de sa sueur , Changé, niais comme lui meilleur.
Et toi , triple clarté , que nul œil n'a sondée ,
Mais que tous voyaient en idée , Des dôl-men de la Gaule aux autels de Judée,
Dans ton éclat primordial ,
Tu brilleras encor sur ton ciel de cristal ,
Beau triangle équilatéral !
ViE VICTIS.
Hos ego Venetos (Gallos) exitliine Veueliarum ad Adriaticnin sinum csm aucloret.
Stkab. LîT' IV,
L'écho des téhnps passés n'est-il pas mort en vous , Gaulois-Italiens? Savez-vous qui vous êtes?
De graves érudits vont répétant chez nous :
« Oui, les Vénitiens sont enfants des Vénètes. ^
Et moi de votre gloire amoureux et jaloux , Comme un frère je pleure ici sur vos défaites.
Ces hideux Autrichiens au visage épaté
Ce soir nous observaient , et lui, brave jeune homme ,
Élevé dans l'orgueil de sa belle cité :
ti Oh ! Venise accouplée à ces bétes de somme I »
Vinrent d'autres soldats leur baguette à la main ,
Lui, pâle, m'entraîna par un autre chemin :
(^ Oui, fuyons, taisons-nous, cainousn'avonspbi&d'anDes.
Ils ont pris nos couteaux, car nos couteaux tuaient.
IjC dirai-je ? (et ses yeux se gonflèrent de larmes)
Nous, hommes d'unsangnobie, odieux! ilsnous frappaient !
Vœ Viciis! mot cruel qui durement s'expie !
Le sais-tu, Brenn* féroce, ô sauvage insensé?
Ainsi tu t'écriais, le fer sur l'Italie ;
Hélas ! sur tes enfants l'anathème a passé.
Vous donc, vainqueurs nouveaux, plus de parole impie:
Ce dard revient frapper le bras qui l'a lancé.
* Brenn . chef, d'où Brennus.