‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 18 sur 65 · LE CHANT DE LA COUPE · texte numérisé non relu

LE CHANT DE LA COUPE

Aime ton humble coupe. Elle est de buis , qu'importe! Le buis solide et dur sied au barde breton :

Et sur le pied d'étain qui Tome et la supporte , Dans un double idiome on peut tire ton nom.

Vois , nul encor Q*a bu dans la coupe celtique. Toi-même la creusas de tes pieuses mains , Evoquant, évoquant les Esprits d'Armorique Depuis près de mille ans couchés sous les dôl-mens.

Tous se sont éveillés ! Mélodieuse troupe ,

Ils sont venus à toi comme des échansons ;

Et voilà qu'enivrés aux vapeurs de ta coupe ,

Sur les bourgs de Gornouaille ils sèment tes chansons.

Un soir , il l'en souvient, pour braver ton étoile , Tu la remplis de vin rafraîchi dans TEllé ,

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Une vierge était là plus blanche que son voile , Et cette belle enfant te disait consolé.

Aime ton humble coupe , et de vin ou de cidre Emplis-la jusqu'aux bords pour noyer tes douleurs , Si les flots fermentes laissent surnager Fhydre , Alors , les yeux au ciel bois ton fiel et tes pleurs.

HYMIÎE.

Le Dieu da mystère est Trois; il est le soutien des êtres émanés de sa grâce... il est le thème du chant.

Ow»ir.

Pure essence de tout , dont un nombre est remblème ,

Combien de fois, type suprême , Trouva»>tu ixm bonheur à sortir de toi-même?

Combien , après tes longs travaux , Beau triangle mystique aux trois côtés égaux , Es-tu rentré dans ton repos?

Puissance, Amour , Sagesse, ô mouvant équDibre!

Accord triple qui toujours vibre !

Dans ses épanchements force incessante et libre !

Nos temps venus , sainte Unité , Tu te développas selon ta volonté , Et Punivers fut enfanté.

Belle œuvre harmonieuse en tout ce qu'elle enferme ,

Où , comme la fleur a son germe , Cliaque être répondait à son principe et terme.

Pour rhomme simple mais complet , Sans voile dans les cieux le triangle brillait , Admirant en lui son reflet.

Crime ou faiblesse , un jour —(Trinôme ,' grâce I grâce ! )

Amour , Sagesse , tout s'efface ! . .

Toi seul , Père indulgent , n'as point caché ta face.

Homme marqué du sceau fatal , A présent suis la voie où fa lancé le Mal , Esprit boiteux , cœur inégal !

Des humaines erreurs va éérwàer la trame ,

Et triste de tœi prc^re blâme , Tâche par le savoir de refaire ton âme.

ô lakew iMfCHirs avorté !

Entrevoir l'astre par toujours d'on seul côté , lamais laate la vérité !

Pèlerin vague , errer de système en système ,

Et , l'œil louche , la face blême , Étudier le monde et soi coaune un problème !

Seigneur, il est loi^ le détour Qui doit ramener l'homme ii son premier séjour, Jardin de candeur et d'amour.

s être

Sur sa route pourtant vous hii varsez la maime,

Et celui gui de vous émane , Père, vint racheter ce captif <f Arimane.

Et Lui , FEsprit , Fardent Milieu , Sur ce front autrefois il^miné par Dieu Descendit en langues de feu.

ni.

Ainsi, marchant vers vous, Sagesse, Amour, Puissance,

Sous l'arbre vert de sa naissance T^'homme un jour s'asspîra fort d'une autre innocence.

Le théâtre de son labeur , Ce monde , il le rendra baigné de sa sueur , Changé, niais comme lui meilleur.

Et toi , triple clarté , que nul œil n'a sondée ,

Mais que tous voyaient en idée , Des dôl-men de la Gaule aux autels de Judée,

Dans ton éclat primordial ,

Tu brilleras encor sur ton ciel de cristal ,

Beau triangle équilatéral !

ViE VICTIS.

Hos ego Venetos (Gallos) exitliine Veueliarum ad Adriaticnin sinum csm aucloret.

Stkab. LîT' IV,

L'écho des téhnps passés n'est-il pas mort en vous , Gaulois-Italiens? Savez-vous qui vous êtes?

De graves érudits vont répétant chez nous :

« Oui, les Vénitiens sont enfants des Vénètes. ^

Et moi de votre gloire amoureux et jaloux , Comme un frère je pleure ici sur vos défaites.

Ces hideux Autrichiens au visage épaté

Ce soir nous observaient , et lui, brave jeune homme ,

Élevé dans l'orgueil de sa belle cité :

ti Oh ! Venise accouplée à ces bétes de somme I »

Vinrent d'autres soldats leur baguette à la main ,

Lui, pâle, m'entraîna par un autre chemin :

(^ Oui, fuyons, taisons-nous, cainousn'avonspbi&d'anDes.

Ils ont pris nos couteaux, car nos couteaux tuaient.

IjC dirai-je ? (et ses yeux se gonflèrent de larmes)

Nous, hommes d'unsangnobie, odieux! ilsnous frappaient !

Vœ Viciis! mot cruel qui durement s'expie !

Le sais-tu, Brenn* féroce, ô sauvage insensé?

Ainsi tu t'écriais, le fer sur l'Italie ;

Hélas ! sur tes enfants l'anathème a passé.

Vous donc, vainqueurs nouveaux, plus de parole impie:

Ce dard revient frapper le bras qui l'a lancé.

* Brenn . chef, d'où Brennus.

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