‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 25 sur 65 · L'ASILE · texte numérisé non relu

L'ASILE

Reposons-nous ailleurs, le doute a hérissé De trop de dards aigus la couehe du passé.

Mais ermre, mais aimer quand toute âme s'envole , Et quand ^hucpie mati^ voit tomber oha^pie idolet

Cependant, il le faut, croyons, aimons encor, Croyons bien aux plaisirs et pour eux aimons Tor , Croyons à cela seul qu'on ne doit plus rien croire , Hors aux baisers cueillis sur un beau front d'ivoire Dieu mort, ils ont tué l'amour et l'amitié :

Croyons tous au malheur sans croire à la pitié , £t cherchons loin, bien loin, un asile suprême Pour oublier enfin les autres et nous-méme. O vous, frères amis, qui d'un monde hideux Voyageurs éplorés, êtes sortis tous deux , L'un éteignant sa vie au creux de la vaUée, L'autre emportant au cloître une âme désolée , Mais tous deux expirant d'une si douce voix Que votre sol natal en agita ses bois , Ah ! s'il est loin du monde un lieu sûr où l'on dorme,

Répondez, Amaury, dites, Joseph Delorme,

Où le lit est meileur, et le sommeil plus long :

Est-ceàFombredu cloître ?£st-ceau creux du vallon ?

En nous-mêmes peut-être il est un sûr refuge

Où l'âme en descendant sait juger qui la juge ,

Un sanctuaire calme où le doute acéré

Malgré tous ses replis n'a jamais pénétré :

Beau temple intérieur tout rempli d'eaux lustrales ,

De mets fortifiants et d'essences vitales.

Si les corps sont régis par l'éternelle loi,

Sonde ta destinée, âme, et rassure-toi!

Quel Titan ^péra dans ses deux mains géantes

Détruire une de vous , molécules vivantes ;

Ou de l'âme déserte exiler sans retour

La divine espérance et le divin' amour?

Page 1