‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 29 sur 65 · IV · texte numérisé non relu

IV

Dieu ! quelle rumeur sur la place ! —

« A Taide, à Taide, Limousins I

« Du foin, de la paille ! oh ! de grâce ,

« Des matelas et des coussins I » — .

« Si Tun à cette pierre blanche « Peut s'accrocher, ils sont sauvés...

« Ah ! tous deux font craquer la planche ! « Us vont tomber sur les pavés. »

£t vers Fêtai qui se balance Tous restent là les bras en haut; Alors, dans le morne silence, On entendit sur Téchafaud :

— « J'ai trois enfants, Jacque, une femme ! » Jacque un instant le regarda ; « C'est vrai ! » reprit cette bonne âme , Et dans la rue il se jeta.

Ah! ton nom, ton vrai nom, que ma voix le répande, Toi que j*appelai Jacque, ô brave compagnon ! Inconnu, qui portais une âme douce et grande, Pour rhonneur du pays, héros, dis-moi ton nom !

Sommes-nous au-dessous des temps de barbarie? Les tiens dans ton hameau ne font point rapporté ! Ils ne t'ont point nommé saint de leur confrérie ! Les rimeurs se sont tû ! Torgue n'a point chanté !

Des amis (un surtout) pleurant sur ton cadavre, Quelques mots du journal, voilà ton seul honneur : Honte à qui voit le mal sans que le mal le navre, Ou qui voyant le bien n'est ivre de bonheur!

vœu DE L'ART.

De beaux marbres mirant leur front dans un bassin, Épurent, eu passant, les yeux des jeunes mères. Qui moulent le fruit de leur sein Sur ces merveilleux exemplaires.

Par le clairon des vers, de beaux faits répétés Éveillent à l'honneur plus d'une âme affaiblie;,

Les grands hommes sont imités,

Et la vertu se multiplie.

Heureux effet de Tart, produit harmonieux,

Alors qu'on voit s'unir dans une seule trame

La beauté qui charme les yeux

Et la beauté qui touche l'âme.

Page 1