‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 51 sur 65 · LA FLEUR QUI M'EST DOUCE · texte numérisé non relu

LA FLEUR QUI M'EST DOUCE

L'accord des vers et des lyres Murmure dans son sommeil :

Il a de nobles délires, Il rêve marbres, porphyres.

Temples au fronton vermeil.

S'il s'éveille, tout enchante Sa pensée et son regard ; Et, lyre lui-même, il chante Et la nature vivante Et les symboles de l'art.

Il dit le jeune Persée Debout le glaive à la main, Et, prompt comme la penisée, Hermès, dieu du caducée, Au ciel prenant son chemin.

Tous les dieux de PElrurie Dans leurs vêtements soyeux Passent; et la théorie Déroule avec symétrie Ses anneaux mvstérieux.

Puis Cimabué, grave et calme, Erre autour de la cité :

Armé de sa docte palme, Il reflète d'un front aime La primitive beauté.

Fleur, d'où le savoir émane Comme un parfum épuré,

Par un invisible arcane, De toi, beau lys de Toscane, Tout esprit s*est enivré.

Pourtant la fleur qui m'est douce Croît sur les caps de la mer ; Sauvage comme la mousse, Sans l'art de l'homme elle pousse, Libre au bord du gouffre amer.

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