‹ Les ternaires: livre lyriqueChapitre 60 sur 65 · L'ÉLOGE DE NANTES · texte numérisé non relu

L'ÉLOGE DE NANTES

A Boulay-Paty.

Tes fils ont accueilli la mère du poëte,

O Nantes! dans tes murs j'acquitterai ma dette ;

De mes jours c'est un doux emploi :

L'aimer, puis cliauter ceux qui l'aiment comme moi.

Nantes n'a plus au front ses parures ducales, ]\Iais toujours on la nomme une reine des eaux ; La Loire avec amour baigne ses larges cales Et jusqu'à l'Océan soulève ses vaisseaux.

Lorsque les blancs sauniers, par les jours de marée, Amènent dans son port le sel de leurs palus.

Elle écoute en rêvant cette langue sacrée, La langue des aïeux qu'elle ne parle plus.

Puis elle se souvient de Félix, son apôtre, Laborieux édile et pontife inspiré,

D'une main répandant FÉvangile , et de I-autre Creusant l'immense fosse où le fleuve est entré.

O temple de Félix, opulentes murailles, Les Normands t'ont brûlé , religieux manoir, Sanctuaire incrusté de l'étain de Cornouailles Si luisant que la lune en faisait son miroir !

Mais grâce, grâce enfin pour ces bordes nomades! Quelles destructions peuvent nous effrayer.

Dans ce siècle vanté, nous témoins des noyades, Ces hymens de la mort célébrés par Carriei? ! —

De la vague et du feu cité victorieuse,

Suis tes riches destins ! Les travailleurs sont rois.

A rinde qui t'appelle obéis, voyageuse!

Mais orne ton vaisseau du Mercure gaulois.

Ce père du Commerce inventa THarmonie., Partout à la pensée ouvrant un libre essor ; Médite l'attribut de son double génie :

De la bouche du dieu sortaient deux chaînes d'or.

Tes fils ont accueilli la mère du poète,

O Nantes !. dans tes murs j'acquitterai ma dette;

De mes jours c'est un doux emploi :

L'aimer, puis chanter ceux qui l'aiment comme moi.

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