LES DEUX ROUTES
A Ferdinand Denis,
Deux routes vers le Bien mènent d'un pas égal , L'amour du Bien lui-même et la haine du Mal , Et chaque homme , selon que son penchant Tentratne , Suit vers le hut commun ou l'amour ou la haine ;
La haine est d'un cœur fier et d'un sens affermi , Que le péril excite et pousse à l'ennemi , L'amour d'un cœur pensif, intelligent et tendre Qui, plaignant les pervers voudrait s'en faire entendre Amour , haine , lequel de ce double sentier Choisir ? tous deux 8<»at sûrs ; j'ai suivi te premier.
Si le Mal devant moi passe comme invisible , Je ne suis point av«ogle et surtout insensible ; Plus d'une fois nx» œil s'ouvrit épouvanté, Et mon cœar sait des coups qui l'ont ensanglanté. Mais poui^cn ramier la chose inexplicable?
L'homme doit mépriser le fardeau qui Taccable. Chaque jour dans la route il marche en s'allégeant ^ Jusqu'à riieure où plus tendre et plus intelligent , Meilleur, il rentrera dans ce monde harmonique Que chante incessamment mon âme synthétique.
Il vit pourtant , il vit celui qui doit mourir , Plus fort , on le dirait , plus il nous voit souffrir , Et bien des malheureux, sans puissance en eux-mêmes, Sous ses hideuses mains se renversent tout blêmes. C'est de lutter aussi ! comme les premiers saints Qui soumettaient le diable à leurs pieux desseins ,
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Et le menaient en laisse on rigne snr la tête ; Cest, en invoquant Dieu, de combattre la Bâte , En lui crtant: obstacle, oh! tu t'abaisseras! Pour produire le Bien , Mal , tu oi'obéiras !