CLASSIFICATION DU CHARBON
Dans la description et l'évaluation de la quantité de charbon qui précède, on donne à entendre qu'il règne beaucoup de variété dans la qualité des charbons signalés. Ce que nous en savons résulte des analyses qui ont été faites de temps en temps. Au début il paraît avoir existé une tendance à négliger la teneur en humidité et quelques-uns des résultats des analyses ont été obtenus par la méthode de transformation lente en coke. Cette méthode donne une proportion entre le carbone fixe et les matières volatiles différente de celles qui ont obtenu par la transformation rapide en coke. Heureusement dans la majorité de ces analyses — surtout dans celles qui sont postérieures à 1880, — on a[ employé le procédé du coke rapide et il est possible de comparer des charbons analysés de cette façon. On suppose aussi qu'aucun des échantillons reçus par les analystes n'avait conservé toute l'humidité qu'il contenait primitivement, mais était virtuellement séché à l'air.
Quotients divers emjjloyés.
Différents systèmes de classification ont été proposés. Dans la classification des charbons anglais on emploie la proportion entre les quotients centésimaux d'oxigène et d'hydrogène et en même temps la proportion au carbone total. Une classification très compliquée a été aussi proposée en vertu de laquelle certaines catégories basées sur les quotients centésimaux de carbone sont subdivisées d'après les quotients centésimaux d'hydrogène, méthode correspondant à une division entre types génériques et spécifiques. En Pensylvanie, pour les charbons plus durs, on a l'habitude de disposer les charbons d'après la proportion combustible, c'est-à-dire d'après le rapport existant entre le carbone fixe et la matière combustible volatile. Ce système de classication convient bien aux charbons de l'est ; mais quand il y a beaucoup d'humidité, il ne laisse pas suffisamment de distinction entre les lignites et les charbons bitumineux. Une classification des charbons de catégorie inférieure d'après la teneur en humidité est imparfaite car en vertu de cette classification, les charbons bien solidifiés qui ne se brisent pas au séchage mais qui contiennent une forte humidité hygroscopique tombe dans la même catégorie que les lignites pauvre possédant la même teneur en humidité.
Quotient conseillé.
Dans l'échelle récemment adoptée par le Service Géologique des Etats-Unis et qui est basée sur le rapport existant entre le charbon total et l'hydrogène total, une analyse finale de chaque échantillon est nécessaire ; aussi cette échelle ne peut s'appliquer qu'à un petit nombre des données dont nous disposons ; mais pour se rapprocher de la même échelle comparative j'ai conseillé de se servir de nos analyses et de combiner le quotient de combustible et la teneur en humidité pour constituer ce que l'on peut appeler " le quotient volatil divisé " (Split volatile ratio) tel qu'il a été discuté dans une étude soumise au Canadian Mining Institute en mars 1908.
Dans la classification introduite dans une des dernières pages de la série des analyses pour les terrains houillers des provinces des prairies,
ce quotient est employé.
~ .. , .. ,. . , Carbone fixe + \ combustible volatil
Quotient volatile divise = : è .
Humidité -f J combustible volatil
La valeur numérique du quotient indiqué plus haut, appliquée à
l'échelle suivante dans la catégorie à laquelle appartient le charbon.
Echelle des quotients.
Anthracite 15 et au-dessus.
Semi-anthracite 13 à 15
Charbon anthraciteux 10 à 13
Charbon fort bitumineux 6 à 10
Charbon bitumineux 3 • 5 à 6
Charbon faible bitumineux 3 à 3 5
Charbon ligniteux 2 • 5 à 3
Lignite , . . 1 • 0 à 2 • 5
Pour montrer comment fonctionne ce système, une série d'analyses où l'on a pu obtenir aussi la valeur colorique des charbons a été recalculée de façon à permettre aux trois éléments : eau, conbustible volatil et contenu en carbone fixe de constituer une quantité constante (dans ce cas 100) et les analyses ont été ensuite représentées dételle manière que le graphique indique à première vue la valeur relative des charbons.
Le tableau suivant donne (1) l'analyse ordinaire ; et (2) les quantités recalculées pour charbon exempt de cendres. Le graphique n° 1 donne ce schema. La forme graphique se prête parfaitement à la comparaison des teneurs combustibles. Dans la partie supérieure est tracée pour chaque charbon la valeur colorique en unité thermales anglaises, après qu'il a été réduit en charbon exempt de cendres.
On admet que les grands écarts que signalent ces résultats proviennent en quelques cas de ce que les échantillons venaient d'affleuré-
ments ayant beaucoup subi d'action de l'air. Ceux qui proviennent de l'intérieur ds la mine sont marqués d'une croix. Ils conservent une haute moyenne entre leurs compagnons, mais l'un d'eux occupe évidemment une place plus élevée qu'il ne mérite, probablement à cause de la forte proportion de cendre existant dans l'échantillon analysé. Dans le cas d'une petite diminution de cendre dans l'échantillon brûlé au calorimètre, le résultat calculé pour le charbon exempt peut facilement être trop élevé.
Les expériences tardives sur du charbon qui a été exposé à l'air décèlent des pertes énormes de puissance calorique par suite de l'exposition et on peut présumer que, la majorité des échantillons en souffrant, les échantillons de la mine en souffrent ainsi que le reste.
La seule série d'essais sur lesquels on puisse compter comme venant de charbon frais sont les essais des Etats-Unis inaugurés à Saint-Louis. Une ligne maximum approximative est tirée sur le graphique, par déduction, pour la même catégorie de charbon de cette série.
On pourrait aussi dans quelques cas tracer une ligne maximum en choisissant des échantillons de l'affleurement et en en faisant l'essai.
COMMISSION GEOLOGIQUE, CANADA
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