‹ Les terrains houillers de Manitoba, Saskatchewan, Alberta et de l'est de la Colombie britaniqueChapitre 8 sur 75 · NATURE GENERALE DU DISTRICT · texte numérisé non relu

NATURE GENERALE DU DISTRICT

Topographie. — La topographie du district embrassée par cette étude dans la province que nous étudions au cours du rapport suivant comprend des types différents dus à la structure et à l'érosion. Les montagnes Rocheuses en sont la caractéristique principale. Cette série de chaînes, comme on peut le constater dans les cartes de certaines étendues, comme celles des terrains houillers de Cascade ou de Crowsnest, est simplement une série de paquets inclinés de roches plus dures sur lesquels les couches crétacées plus tendres ont été déposées.

Elles présentent des contours déchiquetés et des parois a pic, par suite de l'action de l'air et de l'érosion glaciaire, mais leurs traits topographiques marquants n'indiquent pas un âge ancien comme on'le constate par la parenté intime entre leur structure et leur forme actuelle.

Les trois provinces à l'est des montagnes quoique généralement appelées provinces des plaines, sont en réalité des plateaux que l'on peut répartir grossièrement en quatre division topographiques.

La première consiste en une plaine gisant sur le plancher Archéen, duquel ont été enlevées toutes les roches, sauf les roches Paléozoïques et, au Manitoba, il est poli par les drifts glaciaires et par les sédiments déposés par le lac glaciaire d'Agassiz.

La deuxième est le plateau qui a pour bord oriental l'escarpement nord-est des dépôts schisteux Crétacés.

La troisisme division présente plus de variété, mais elle est grossièrement découpée à son bord oriental par l'élévation appelée le Coteau. Les roches qui sont à découvert dans cette division contiennent une plus prande proportion de grès que la deuxième. C'est à ceci, sans doute qui est dû son grand relief topographique,

La quatrième division peut s'appeler l'Etendue des Contreforts et la nature de sa topographie est due à sa structure plus qu'à la denudation d'égouttement. Les contreforts consistent généralement en arêtes de strates inclinées allant parallèlement aux montagnes Rocheuses, entaillées à intervalles par les vallées des cours d'eau.

Première division. — C'est la plus basse en altitude et elle consiste essentiellement en une région de lacs, sauf son extrémité méridionale qui est couverte d'alluvion et d'argiles de déposition lacustre — formant

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maintenant les belles terres arables du sud du Manitoba. L'égouttement se fait vers le nord, vers la rivière Nelson qui se jette dans la baie d'Hudson. Les traits superficiels marquants à l'est et au nord du lac Winnipeg diffèrent de ceux de l'ouest en ce que l'on y reconnaît la nature mamelonnée que l'on trouve généralement dans un pays supporté par des roches Archéennes, avec seulement un mince manteau de drift de surface.

Deuxième Division. — La deuxième division topographique consiste en un plateau formé de schistes et d'autres roches tendres. La surface a subi une grande denudation, si bien qu'il est difficile d'évaluer l'élévation générale ; mais une grande partie de l'étendue est à près de 1,000 pieds au-dessus des lacs du Manitoba. Plusieurs vallées ont été entaillées dans l'escarpement. Les entailles les plus considérables sont celles par lesquelles passent les rivières Assiniboine et Saskatchewan ; en arrière du front de l'escarpement se montrent comme de profondes entailles étroites avec fréquemment des berges escarpées. Le bout oriental de ce plateau entre les dentelures causées par les chenaux d'égouttement forme les élévations connues sous le nom des monts Pembina, Riding, Duck, Porcupine et du Pas.

Dans cette division, l'égouttement se repartit en régime oriental des eaux de la Qu'Appelle, Assiniboine et Souris ; et régime nordest, de la Saskatchewan.

Troisième Division. — Cette division allant, du Coteau aux Contreforts, peut être considérée comme consistant en trois plans inclinés d'où dérive sa topographie récente. Les lignes de démarcation entre ces plans sont : la ligne de faîte entre les deux bras de la Saskatchewan et la vallée de la rivière Belly. Au nord de cette ligne de faîte, la région descend en pente des montagnes vers le nord-est ; et elle est égouttée par des cours d'eau rayonnant qui se jettent dans la baie d'Hudson et la vallée de la Mackenzie. Au sud de cette région la pente tend au sud-est, jusqu'à la dépression où passe la rivière Belly. Encore plus au sud, la pente change pour se diriger presque à l'est ; mais, en suivant la vallée de la Saskatchewan du sud, nous trouvons au nord des collines du Cyprès et des monts Wood une pente vers le nord.

Sur ces plaines, le relief s'accentue beaucoup du fait qu'une grande partie du pays est dénuée de bois ; mais, des élévations comme celles des collines du Cyprès, atteignant 2,500 pieds au-dessus du niveau du chemin de fer à Irvine, ou bien les collines de la Main, qui dépassent de 800 pieds la plaine avoisinante deviennent des traits caractéristiques topographiques prononcés.

Quatrième Division. — La topographie des contreforts est beaucoup plus variée que celle des trois autres divisions que nous venons d'étu dier. Du sud des contreforts, l'étendue s'élargit graduellement vers le nord et, dans la vallée de la rivière Crowsnest, quand elle émerge des montagnes, l'érosion a rétréci la zone des contreforts et l'a réduite à quelques milles.

L'illustration (Planche VI) — insérée pour indiquer les traits principaux de la topographie — provient de la photographie d'un modèle où le relief est un peu amplifié pour faire ressortir les collines et les vallées principales. La topographie a son importance quant au problême du combustible. La partie méridionale est principalement de la prairie nue, avec une frange de vraie forêt, — indiquée dans le dessin par une partie à hachures plus foncées — le long du nord et embrassant la plus forte portion du nord du Manitoba. Des lambeaux partiellement en taillis de peuplier et d'épinette blanche, en forme de parcs, débordent de la forêt pour envahir la section des prairies. A peu près la moitié de l'étendue représentée est de la vraie prairie, où le colon devra s'approvisionner de combustible à même le charbon local.

Modes de communications. — Le mode naturel de communication par cours d'eau se résume à la navigation de quelques lacs du Manitoba et des rivières qui coupent les plaines. Les cours d'eau sont navigables seulement quand l'eau est haute et ils présentent de forts courants ; le peu de profondeur de l'eau et la force du courant se combinent pour rendre la navigation difficile et nécessiter un transport par terre. Le transport se fait par les lignes du chemin de fer qui croisent transversalement la région, généralement dans le sens de l'est à l'ouest. La ligne-mère du chemin de fer Canadien du Pacifique a été la première ligne directe qui ait réuni les sections orientale et occidentale du Canada. Elle traverse les montagnes Rocheuses par la vallée de la rivière de l'Arc (Bow River) et par la passe du Cheval-qui-Rue ( Kicking Horse Pass). Plus tard, des embranchements de Saint-Paul à Moose Jaw et de Medicine Hat à Kootenay Landing ont traversé les districts houillers de la rivière Souris et de la Passe-du-Nid-du-Corbeau (Crows Nest Pass). Deux lignes transcontinentales en construction, le Canadian Northern et le Grand-Tronc-Pacifique vont de Winnipeg à Edmcnton. Une troisième ligne — embranchement du Canadien du Pacifique— sera probablement construite pour atteindre le même point. Le plan général actuel comprend aussi beaucoup de chemins transversaux: comme le chemin de fer d'Edmonton à Calgary ; celui de Calgary à McLeod ; et de McLeod à un raccordement du Montana. Les embranchements du Canadien du Pacifique et Canadian du Northern de Prince Albert à Portai sur la frontière du Dakota donnent aussi une

autre route transversale. Le troisième faisceau de chemins trasversaux, comprend un certain nombre de lignes en Manitoba. On localise actuellement un débouché vers la baie d'Hudson pour la partie inférieure de Saskatchewan.

Le marché métallurgique du Canada est à présent en Colombie Britannique : le marché étranger qui peut être approvisionné par cette étendue houillère se trouve aux Etats-Unis, directement au sud. Les étendues traversées par l'embranchement de Crowsnest fournissent du charbon à coke et plusieurs des houillères fabriquent du coke. Sur la ligne mère du Canadien du Pacifique, on n'extrait pas du tout de charbon à coke. Plus au nord, les nouvelles lignes transcontinentales vont construire des embranchements pour tenter d'atteindre les charbons à coke des étendues proches de la rivière Saskatchewan, afin d'approvisionner le marché que créera le développement du nord de la Colombie- Britannique.

Pour les chemins de fer, il faudra que l'approvisionnement vienne du voisinage des montagnes et on ne pourra l'obtenir — pour des quantités dépassant le tonnage dont on dispose actuellement — qu'en augmentant le rendement des mines situées sur les chemins de fer qui passent par étendues houillères des montagnes, ou en envoyant des embranchements vers les autres étendues utilisables. Les houilles de TOhio peuvent être expédiées par la route des lacs et faire concurrence aux charbons de l'ouest jusqu'à la frontière occidentale du Manitoba.

Pour les usages domestiques et pour la fabrication, les charbons des plaines conserveront leur marché à l'encontre des charbons des contreforts et de montagne de meilleure catégorie, à cause de l'avantage du transport et des prix moindres. Pour les postes de génération d'énergie, les lignites se sont montrées d'excellentes productrices de gaz et comme on les trouve près de l'étendue où l'on s'attend à voir s'installer bientôt une forte population, cette sorte de combustible est sûre de trouver un marché. La construction de chemins de fer traversant des étendues fertiles et sans arbres, ne peut pas, seule, provoquer une colonisation, il faut aussi du combustible à un prix relativement modique. La partie occidentale de la Saskatchewan est traversée par des chemins de fer dont plusieurs croisent des étendues totalement dénuées d'arbres ; mais comme ces lignes sont généralement construites en venant de l'est, la colonisation permanente ne s'y établira que sur les embranchements traversant les étendues houillères de 1' Alberta et rendant disponible le charbon pour les usages domestiques. L'exploitation du charbon aux environs d'Edmonton subit maintenant un changement. Jusqu'à présent, la demande a été simplement locale ; maintenant — par suite de l'arrivée des chemins de fer — il s'en expédie à des endroits distants d'Edmonton, ce qui a nécessité de meilleures ins-

tallations et la mise en place de machineries plus puissantes dans les industries existantes.

En Saskatchewan, l'étendue houillère septentrionale est traversée par l'embranchement du " Soo " du chemin de fer Canadien du Pacifique et un embranchement d'Esté van à l'est allant au Manitoba.

La facilité avec laquelle la lignite peut être placée sur le marché, au nord et à l'est, ainsi que l'accroissement de la population ont fait monter le rendement des mines, sur la Souris, de 40,000 tonnes à peu près, en 1901, à plus de 100,000, en 1906,

L'extraction pour le marché local atteint son maximum d'intensité dans les mois d'automne et d'hiver ; mais cette période est aussi l'époque où les chemins de fer sont très occupés, d'où la difficulté fréquente d'avoir les wagons nécessaires. Si l'on pouvait s'arranger pour que le charbon fût emmagasiné à l'abri durant l'été, il n'y aurait pas à redouter de disette de charbon.

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