‹ Les terrains primaires du Morvan et de la LoireChapitre 6 sur 47 · fust4es · texte numérisé non relu

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conduit l'étude paléontologique, est donc que les réapparitions schisteuses de l'Est à l'Ouest appartiennent à un même étage au point de vue fossilifère. Les variations de faune, constatées le long de ces réapparitions, ne vont pas toujours avec des variations de faciès lithologiques ; Saint-Seine et la Forge de la Loge, dont les faunes diffèrent quelque peu, sont sur un même banc de schistes gréseux que l’on peut presque suivre à travers champs. Par contre, les Rhynchonelles paraissent affectionner particulièrement les bancs gréseux (Chanaud-Pomeray).

En admettant la possibilité de trouver par de nouvelles recherches tous les fossiles dans tous les gisements, nous expliquerons cependant la fréquence de certains fossiles dans certains gisements, parle triage etla lixiviation, exercés par des courants côliers dans les amas de coquilles. Les fossiles recueillis appartiennent pour la plupart en effet à la zone néritique; ils sont brisés, souvent mélangés à des poudingues et à des tufs, donc certainement charriés par les eaux.

La question de l’âge absolu des grès et des schistes fossilifères du Morvan n'est vraiment éclaircie qu'après l'étude des faunes et des faciès des régions viséennes de la Loire. On arrive alors à la conviction que les niveaux fossilifères du Morvan sont inférieurs à ceux de la Loire et doivent représenter le sousétage tournaisien des géologues belges.

C’est la conclusion à laquelle fut conduit Julien en se basant seulement sur des arguments paléontologiques [79 p. 171]. L'absence de toute étude stratigraphique et tectonique lui fit étendre, à tort. cette conclusion à des niveaux supérieurs qui représentent, à mon avis, le Viséen dans le Morvan.

Sans revenir sur la comparaison détaillée des faunes tournaisienne du Morvan et viséenne de la Loire, j'indiquerai cependant les caractères les plus frappants qui permettent de les différencier : c’est avant tout l'abondance des Spiriferidés, la rareté des Productidés, l'absence des grands Productus (Pr. giganteus Mart., Pr. corrugatus d’Orb.) dans le Tournaisien du Morvan ; ce sont les Echinides à plaques plus réduites, les Trilobites plus abondants et plus variés dans le Tournaisien ; d'autre part, les fossiles du Morvan ne se rencontrent jamais que dans des schistes et dans des grés ; ceux du Viséen de la Loire sont très généralement dans des calcaires noirs fétides, surmontés de schistes calcarifères, souvent transformés en grauwackes; les Foraminifères que le microscope m'a permis de voir dans ces calcaires viséens n'ont, nulle part, pu être décelés dans les niveaux tournaisiens du Morvan.

11 ne paraît donc pas douteux que les couches fossilifères du Morvan et de la Loire appartiennent à deux niveaux distincts, le premier du Tournaisien et le second du Viséen ; mais il ne faut pas croire que ces niveaux soient très distants l'un de l’autre ; ils paraissent tout au contraire forts voisins; les gisements du Morvan contiennent quelques fossiles à affinités franchement viséennes (Philhpsia Derbyensis Mart. ; Conocardium aff. irregulare Kon.) qui dénotent déjà un mélange avec la faune viséenne ; les gisements de la Loire sont signalés par Julien lui-même comme appartenant à la base du Viséen.

Il est nécessaire de rappeler que je ne peux accepter les autres conclusions de Julien ; d’une part, le Morvan présente localement des témoins du Viséen cal-

caire, analogue à celui de la Loire, comme nous le verrons à Cussy et à l'Huis- Prunelle. D'autre part, j'ai découvert dans les niveaux métamorphisés de la Loire les équivalents des poudingues tournaisiens du Morvan.

Anticlinal de Savigny-Poil-Fol. — Bien que fixés sur la constance des faunes, nous restons en présence de deux hypothèses pouvant expliquer tectoniquement les trois réapparitions de schistes fossilifères, de l'Ouest à l'Est, dans la coupe A AE

Sommes-nous en présence d’une série sédimentaire tournaisienne continue avec, dans son épaisseur, trois niveaux schisteux interstratifiés au milieu de tufs et de poudingues ? ou d’un même horizon schisteux qu'un jeu de plissements ferait réapparaître trois fois ?

Cette dernière hypothèse est la plus plausible ; en effet :

1° La constance des faunes serait difficilement admissible dans une série sédimentaire dont l’épaisseur atteindrait environ mille mètres ;

20 Le relevé de nombreux pendages met en évidence une zone passant au Sud de Pomeray et à l'Est de Savigny-Poil-Fol, dans laquelle les pendages se font vers l'Est, à l'inverse de ceux relevés dans la bande de Pomeray, Siguret et dans celle de Boucharin, Chanaud, Recoulon, qui se font vers l'Ouest; cette zone correspond à la retombée d’une voûte anticlinale dont l'axe est fort bien jalonné, vers l'Ouest, par des tufs orthophyriques ; nous verrons ces tufs passer latéra-

Fig. 12. — Coupe schématique entre la Sarrée, Savigny-Poil-Fol et Boucharin, montrant les trois récurrences de Tournaisien fossilifère.

m. tufs microgranulitiques (viséens), e. Tournaisien (1. poudingues de base, 2. schistes et grés fossilifères, 3. poudingues supérieurs, 0. orthophyres, tufs et brèches orthophyriques). Echelle 25.000° (hauteurs amplifiées 2 fois).

lement à la série des poudingues violets à petits galets qui, un peu plus au Nord, forme la base du Tournaisien (Haut-d’Avrée). Le flanc occidental de cet anticlinal de Savigny est représenté par les schistes de Pomeray, Siguret ; son flanc oriental est très laminé et correspond aux schistes et poudingues de Savigny- Poil-Fol ; l'axe synclinal qui le borde vers l'Est est jalonné par les épanchements d'orthophyres obsidienniques de la ferme de Boucharin qui sont, ainsi, supérieurs aux schistes fossilifères et aux poudingues de la Croix de Boucharin et des bois de Ponay, comme les orthophyres de la Forge de Ja RES plus au Sud, élaient supérieurs aux grès fossilifères de Saint-Seine.

Au-dessous des schistes fossilifères de la Croix de Boucharin, s'étagent les grands bancs de poudingues, correspondant à ceux de la carrière de Conneuf. Leur pendage se fait franchement vers l'Ouest.

Puis vient le passage, ici fort rétréci, des schistes famenniens, immédiatement suivi par une large bande de quartzites métamorphisés qui débute par des poudingues ; les pendages relevés dans cette dernière formation, sont à l inverse de ceux constatés à l'Ouest : ils se font vers l'Est; ainsi se dessine la deuxième voûte anticlinale rencontrée dans cette coupe ; son axe est jalonné par les schistes famenniens; son flanc oriental vient s'implanter dans le granite à l'Ouest de Chauvetière. Quant aux formations très métamorphisées du flottement des bois Luzy, elles appartiennent aux quartzites et aux poudingues tournaisiens et paraissent jalonner un ancien anticlinal que la montée du granite au Sud et au Nord a fait disparaître.

Cette coupe n° VI présente donc deux anticlinaux et les vestiges d’un troisième ; elle traverse vers le Ponay l'anticlinal n° IF; un anticlinal nouveau, le n° HI, apparaît à l'Ouest de celui-ci, à Savigny ; nous le suivrons longtemps vers le N.N.E. Enfin, vers l'Est, c’est un lambeau du n°1 que le granite et l'érosion ont respecté.

Résumé des connaissances anciennes et nouvelles sur la région traversée par les coupes I à VI. — Maintenant que nous avons recoupé successivement presque toutes les formations paléozoïques qui se rencontrent sur la feuille d’Autun et sur celle de Château-Chinon, il est intéressant de rappeler de quelle façon mes devanciers les ont figurés et ont compris leurs agencements réciproques. Tous ont admis l'existence de strates précambriennes suivant l'opinion émise par Grüner, Fournet, etc..., qui considéraient le granite comme antérieur au Dévonien et au Carbonifère. Cette roche éruptive est donc bordée sur les cartes précédentes par un liseré plus ou moins continu de schistes précambriens (x de l’ancienne carte géologique au 80.000).

M. Michel-Lévy. sur la première édition des feuilles de Charolles et d’Autun, a prolongé le Dévonien de Diou et de Gilly vers le Nord. tout en le creusant d'un synclinal carbonifère aux abords de la Loire; ce Dévonien devait théoriquement faire place au Carbonifère le long de la ligne de poudingues de l'Ouest; mais cette ligne. avait été reportée au delà de Recoulon et du Domaine des Roches. Ce n’est qu'à la suite de l’établissement de la seconde voie du chemin de fer de Luzy, que M. Michel-Lévy a rapporté au Tournaisien le plus inférieur ces deux points fossilifères.

Il n’est fait mention sur cette première édition ni des tufs albitophyriques famenniens, ni des tufs orthophyriques tournaisiens. Les quartzites qui jouent avec les poudingues de la base sont le plus souvent attribués au Dévonien, ainsi qu'une partie des tufs orthophyriqnes, flammés de vert (Vieille-Montagne), qui

s’y associent.

Néanmoins et abstraction faite de la retombée vers l'Est des strates tournai-

siennes, attribuées au Précambrien (x). la compréhension de la région nous a été singulièrement facilitée par ces feurlles au 80.000e qui datent déjà de plus de 20 ans ; en particulier la limite de nos tufs microgranulitiques (anciens tufs orthophyriques de la Carte) est généralement exacte et dessine déjà très nettement les principaux synclinaux de la région.

Julien a abusé du Précambrien [79. p. 186 189] ; il y rangeait la plupart de nos schistes famenniens et ne classait dans le Dévonien que les récifs coralliens de Diou et de Gilly; pour lui, le marbre de Champrobert et les schistes qui Paccompagnent représentent probablement aussi un faciès du Précambrien qui touchait directement les formations carbonifères, avec lacune de toutes les autres formations paléozoïques. A son avis, le granite et la granulite sont antérieurs au Carbonifère et au Dévonien et c’est par erreur que M. Michel-Lévy a cité des pointements granulitiques dans des schistes dévoniens.

La science doit à Julien la détermination précise du niveau de Diou et une détermination détaillée de la faune tournaisienne des schistes et grès de la Varville, de Siguret et du domaine des Roches. Il a accompagné ses descriptions de fossiles d'une seule coupe schématique de la région entre Chauvetière et les tufs microgranulitiques d’Avrée, en passant par Savigny Poil-Fol. Dans cette coupe, il attribue à un niveau supérieur, immédiatement sous les tufs en question, les poudingues carbonifères; les grès et schistes fossilifères sont sous ces poudingues; les orthophyres et les tufs orthophyriques du Tournaisien, si abondants justement au droit de cette coupe sont totalement ignorés, et pour expliquer la réapparition, maintes fois constatée, des poudingues et des niveaux fossilifères, il recourt à l'opinion simpliste d'une série de failles en escalier, rabaïssant les voussoirs de l'Est de la même façon que sont rabaissés les voussoirs jJurassiques de Ternant.

J'ai traité plus haut cette question, je n’y reviendrai pas.

On voit que ma contribution personnelle est facile à résumer en quelques mots : j'ai mis en évidence l'existence du Famennien sur de vastes surfaces et donné ainsi raison à l'hypothèse de M. Michel-Lévy; j'ai montré que les quartzites, rapportés par mon devancier au Dévonien, sont de la base du Tournaisien et doivent être associés aux poudingues qui apparaissent à divers niveaux dans toute la hauteur de cet étage A ce faciès de rivage s’ajoute l'intercalation de tufs, de brèches et de coulées éruptives dès le sommet du Famennien et dans le Tournaisien. J'ai prolongé notablement vers le Sud la connaissance de points fossilifères tournaisiens et donné dans des coupes précises les principaux niveaux des poudingues de la base, les grès et schistes fossilifères, et des orthophyres. En outre, j'ai pu ajouter quelques données nouvelles à la physionomie de la faune tournaisienne morvandelle, données qui me paraissent la rajeunir sensiblement.

Enfin, j'ai fourni des preuves, que je crois convaincantes, pour attribuer au Tournaisien, et en partie, au Famennien, les grès et schistes modifiés par le granite et précédemment attribués au Précambrien.

Le granite passait pour occuper la place d’un anticlinal ; non seulement cette

donnée tectonique m'a paru inexacte, mais j'ai prouvé qu’en maints endroits les schistes paléozoïques sont pris en sifflet par cette roche éruptive de profondeur.

Région tournaisienne comprise entre Siquret el Chanaud. Porphyrite amphibolique du point 328.— Les schistes que nous avons vus être fossilifères sur la route de descente de la Sarrée à Pomeray, se prolongent d'une manière continue vers le N.N. E. ; on les retrouve également fossilifères, dans les champs, à 130 mètres à l'Ouest des premières maisons de Siguret ; de même à 200 m. à l'Ouest de « chez le Beau », sur le chemin de Savigny à Charnay.

Julien a recueilli les espèces suivantes dans le gisement de Siguret (n° 6 6.)

Griffithides seminiferus Phil. Bairdia sp.

Loxonema viltatum Kon.

Loxonema Lefebvrei Lév.

Séalites humilis Kon.

Straparollus convolutus Kon.

Schizostoma crateriforme Kon.

Phanerotinus serpula Kon.

Porcellia Puzo Lév.

Bellerophon sublævis Pot. et Mich.

Parallelodon bistriatus Port].

Parallelodon meridionale Kon.

Entolium Witryi Kon.

Productus scabriculus Mart.

Chonetes variolata d’Orb.

Chonetes crassistria M'Coy.

Orthotetes crenistria Phill.

Spiriferina partita Port].

Spiriferina peracuta Kon.

Martinia lineata Mart.

Retz'a serpentina Kon.

Rhynchonella acutirugata Kon.

Archæocidaris Nerei Münst.

Palæchinus Robinet: Jul, Cladochonus Michelini M. Edw. et J. Haime.

J'y ai retouvé moi-même des débris de Gastéropodes et de Lamellibranches, quelques Productus, d'abondants Martinia lineata Mart. Vers l'Ouest, les schistes de Siguret sont immédiatement recouverts par les tufs viséens microgranulitiques ; des filons de microgranulite les traversent tout près du contact. Vers l'Est, ils reposent sur les formations arkosiennes et tuffacées, déjà rencontrées sous la maison d'école de Savigny (type Vieille-Montagne) et qui se prolongent vers le N N. E., se faisant recouper en tranchées par la nouvelle route de Chanaud au Haut-d'Avrée (point 349 et 343 E.-M.).

La région basse qui s'étend à l'E. S. E. des Brouillats, entre Siguret et la Grande-Brosse, est mi-partie boisée, mi-partie en prairies et en étangs : aussi est-il difficile d'y suivre la limite exacte des schistes fossilifères et des tufs viséens d’une part, de ces schistes et des tufs tournaisiens de l'autre La présence en profondeur des tufs microgranulitiques est pourtant signalée par l’existence de leurs terrains de décomposition, caractéristiques; ce sont des arènes micacées, brunes et argileuses, meubles sur une forte épaisseur et exploitées dans les bois, à l'Est des Brouillats, pour tuileries, en carrières profondes de 3 à 4 m.

Gisement fossilifère de Chanaud (n° 4). — Au N. 0. et au $. E. de Chanaud se retrouvent les deux bandes schisteuses, recoupées vers le Sud à Savigny et à Boucharin. Au N. O., ce sont des bancs fossilifères très laminés et entremêlés de tufs tournaisiens et de poudingues, comme à Savigny (le gisement est entre Chanaud et le point 349, sur la route du Haut-d’Avrée). Au $S.E., ce sont des bancs schisteux et gréseux, fossilifères, qui s’étagent dans la montée du vallon de Chanaud (direction N. N.E., pendage O. 30°).

Outre des tiges d'Encrines, des Lamellibranches et des Gastéropodes abondants, j'y ai trouvé un banc gréseux très riche en Rhynchonelles, semblables à celles déjà signalées à Pomeray.

Au sommet 328 (au S. O. de Chanaud) affleure une roche verte, très foncée, qui n’est autre qu’une porphyrite amphibolique; la direction de la salbande, visible au Nord, est E.-0. et le contact avec les schistes fossilifères paraît se faire par faille; les schistes recueillis au contact même sont, en elfet, froissés, sans trace de recuit ; ils montrent des tiges d'encrines déformées. La composition minéralogique et chimique de cette porphyrite la rapproche des roches vertes de Cressy ; son apparition au milieu de formations tournaisiennes est difficile à expliquer. Nous ferons remarquer cependant que l'axe anticlinal no III passe à l'Ouest, fort près de cette porphyrite et va rejoindre, au château de Veau, des affleurements famenniens percés par le granite et présentant, en outre, en leur milieu, quelques affleurements de porphyrite amphibolique. Cet anticlinal, ainsi jalonné par des roches à faciès ancien (frasnien), laisse, à l'Est, les schistes micacés et les poudingues de Recoulon et à l'Ouest, les poudingues et les tufs orthophyriques du château de Veau.

Coupe n° VII. — Le long de la route départementale de Decize à Autun par Luzy, entre Le Bas-Charnay et Luzy sur 13 km de lonqueur) (PI. VID. — J'ai été conduit dans le choix du tracé de cette coupe, par le désir de montrer. dès son origine, un nouvel anticlinal prenant naissance à l'Ouest de ceux déjà étudiés nous le suivrons fort loin vers le N. N. E.) et aussi par celui d'établir les successions exactes aux environs de la Varville, du château de Veau et du domaine des Bois. On sera peut-être surpris de trouver les deux coupes VIII et IX, à très petiles distances au Nord de la coupe n° VIT; ces trois coupes se succèdent, en effet, sur une distance de 3 km., du Sud au Nord; la complication des contours, aux abords de la vallée de l’Alène, due à la multiplication des antieli-

LES TERRAINS PRIMAIRES DU MORVAN ET DE LA LOIRE il

naux et aux abaissements rapides vers le Nord des axes des plis, a rendu nécessaire un tel rapprochement.

Transportons-nous, afin de prendre la coupe n° VII à son origine occidentale, à environ 2 km. au Sud du village de Remilly, sur la route qui vient de Fours, traversant des terrains argilo-sableux qui s'arrêtent sur le flanc occidental des collines de Lanty, le long d'une courbe de niveau voisine de 260 m. Tout près de sa bordure limitrophe, le revêtement tertiaire affecte des caractères un peu spéciaux ; après Champ-Denot, il contient des amas de sables surmicacés ; à Clenecy, des débris de grès triasiques qui indiquent l'emplacement d'anciens lambeaux secondaires démantelés.

Quartsites et brèches orthophyriques à Charnay et à Lanty. — A 100 m. à l'Est de l’embranchement de la route de Ternant (par la Sarrée), apparaissent des tufs microgranulitiques, dont les surfaces décomposées affleurent dans les fossés de la route de Luzy. Ces aifleurements, percés de filons de microgranulite, cessent rapidement pour faire place à des quartzites parfois arkosiens, très décomposés, le long de la route, au-dessous du signal 372 de Lanty, sur deux km. de longueur. Sur le chemin de Charnay à Remilly, les quartziles sont blancs et micacés (à mica blanc), ayant subi un métarmorphisme de granulite, analogue à celui des quartzites de Chiseuil (entrée du bois, au $S. 0. de 304, E.-M.); ils se chargent en face de Mont-Chevet d'amphibole et passent à des cornes amphiboliques.

Dans la descente du chemin des Brouillats, les quartzites deviennent bréchiformes et contiennent des fragments d’orthophyres et des débris de feldspaths ; ils passent à la formation des brèches éruptives tournaisiennes, déjà vue à l'Ouest de Savigny-Poil-Fol et que nous retrouverons très développée dans l’allongement vers le Nord de cette bande quartziteuse tournaisienne, à l'extrémité méridionale de laquelle nous nous trouvons actuellement. Les tufs microgranulitiques affleurent, en elfet, à Mignon, à la Baraque (au Sud de Charnay), aux Brouillats, à Montantaume, à la Grande-Brosse, et forment ainsi une ceinture complète, vers le Sud, à ces quartzites et brèches tournaisiens qui apparaissent autour de Lanty, pour s étendre en une large bande allongée au N. N.E. vers Semelay et la Vieille-Montagne. Le contour des tufs microgranulitiques est capricieux, formant deux éperons vers le Nord, à la baraque et aux Brouillats, séparés par trois rentrants ; les deux éperons paraissent dus à deux petits plis anticlinaux secondaires, et les trois rentrants à trois petits synclinaux également secondaires.

Fulons de microgranulites, de lamprophyres et filons de quartz au Sud de Lanty. — De nombreux tilons de roches éruptives percent les brèches et les quartzites entre le Bas-Charnay et Lanty. Ce sont d’abord des microgranulites blanches et roses, à grands cristaux de feldspaths, qui forment un faisceau N. 80° E., en affleurements visibles dans les fossés de la route et exploitées en carrières au S. O. de Lanty. La route du Bas-Charnay à Remilly recoupe également un de ces filons. Sur le chemin de Lanty à Chancelin, un filon de porphyre à quartz globulaire affleure vers le point 347.

Deux minces filons de lamprophyre (porphyrite micacée), dirigés N. N. O., traversent la route de Luzy, l’un à l’auberge de la Chaume (embranchement du chemin de La Baraque), l’autre 100 m plus à l'Est; ces porphyrites sont verdâtres et contiennent des vacuoles, remplies de produits chloriteux qui forment, dans les endroits décomposés, de petites sphères résistantes.

Des filons de quartz, correspondant à une fracture E. N.E., constituent plusieurs pointements alignés suivant une même direction, l’un à l'entrée Sud du premier bois, sur la route de Charnay à Remilly, un autre sur le chemin, au Nord de la Chaume (sous 304), un troisième sur le chemin de Ia Grande Bosse aux Gris.

Tufs microgranulitiques. Brèches orthophyriques au Haut-d'Avrée. Schistes fossilifères de la Varville (n° 7). — Les tufs microgranulitiques, de nouveau recoupés par la grande route à la maison de la Grande-Brosse (304), forment une bande, large d’un km. environ, qui se dirige vers le N. N. E., se rétrécissant d’abord (au droit de la maison de la Varville) pour prendre une extension bien plus considérable sur les bords de l’Alène et dans le pays qui s’étend entre Semelay et Chiddes.

Deux routes, qui vont de la Grande-Brosse vers l'Est, sont intéressantes à parcourir pour l’étude du contact inférieur de ces tufs, au Sud d’Avrée.

La route directe de Luzy, qui est située le plus au Sud, montre le passage presque insensible (à 30 m. à l'Est de l’embranchement de Chanaud) des tufs microgranulitiques à des niveaux gréseux et schisteux, où se trouvent interstratifiées quelques couches à très petits galets (en particulier avant la route de Chanaud et avant les premières maisons du Haut-d’Avrée) ; leur remaniement par les eaux est donc incontestable ; mais ils passent latéralement aux tufs et brèches orthophyriques compactes, reconnus à l'Ouest de Savigny et qui se protongent jusque tout près du «€ Haut d’Avrée », vers le Nord (point 343). Ces. niveaux d'arkoses, de poudingues et de schistes entremêlés, inférieurs aux tufs microgranulitiques, sont ici d’une couleur violette foncée ; ils affleurent sur environ 4 km. 1/2 de largeur et passent à leur base aux poudingues francs, à galets de quartzite et à pâte arkosienne, du Tournaisien inférieur.

Si nous suivons maintenant la route de la Grande-Brosse à Avrée, qui monte vers le N. E., puis celle d’Avrée à Luzy qui rejoint la route directe après le point ou nous l’avons abandonnée, nous trouvons immédiatement sous les tufs microgranulitiques, à la sortie Est du bois de la Brosse, une série de grès schisteux, jaunes, ocreux par endroits, contenant des moules déformés de fossiles brisés Ces schistes ont été l’objet de recherches importantes exécutées par Julien dans les champs attenant à la maison de la Varville (gisement n° 7). Cet auteur y a découvert de nombreux fossiles [79, p. 107].

Griffithides seminiferus Phil].

Phillipsia Rarrandei Jul.

Brachymetopus Duponti Jul.

Entomis concentrica Kon.

Bairdia sp.

Orthoceras Martinianum Kon.

Naticopsis propinqua Kon.

Loxonema acutum Kon.

Loxonema Lefebvrei Kon.

Portlockia pygmæa Kon.

Straparollus lævigatus Lév.

Schizostoma crateriforme Kon.

Phanerotinus serpula Kon.

Bellerophon sublævis Pot. et Mich.

Capulus uncus Kon.

Lepetopsis Leforti Jul.

Sanquinolites inconspicuus Kon.

Parallelodon bistriatus Portl.

Leiopteria Van den Broecki Jui.

Productus semireticulatus Mart.

Productus scabriculus Mart.

Chonetes variolata d’Orb.

Chonetes Giraudi Jul.

Strophomena analoga Phil].

Orthothetes crenistria Phil. Rhipidomella Michelini Lév.

Schizophoria resupinala Mart.

Spirifer tornacensis Kon.

Spirifer Roemerianus Kon.

Spirifer distans Sow.

Spirifer Uri Flem.

Spiriferina peracuta Kon.

Martinia lineata Mart.

Retzia ulothrix Kon.

Athyris Roissyi Lév.

Athyris lamellosa Lév.

Rhynchonella acutirugata Kon.

Dielasma insigne Kon.

Discina nitida Phil].

Henestella plebeia M'Coy.

Fenestella Morrisii MCoy.

Glauconome pulcherrima MCoy.

Monticulipora tumida Phill.

Archæocidaris Nerei Münst.

Palæchinus Robineti Jul.

Actinocrinus icosidactylus Portl.

Actinocrinus triacontadactylus Miller, Poteriocrinus spissus Kon. et le Hon.

Poteriocrinus radiatus Austin.

Poteriocrinus plicatus Austin.

Amplexus coralloides Sow.

Zuphrentis sp.

Cyalhaxonia sp.

Cette liste considérable de 53 fossiles est le résultat de fouilles prolongées ; de ces fouilles, actuellement comblées, il ne reste aucune trace; aussi n’ai-Je récolté dans mes courses à la Varville que quelques empreintes trouvées sur les talus de la roule, au-dessous des lufs ; empreintes de tiges d’encrines, de Xhipidomella Michelini Lév., d'Ortholeles crenistria Phill. et de quelques autres espèces. J'ai pu, grâce à l'obligeance de la famille Julien, retrouver dans la collection particulière de l’ancien professeur de la Faculté de Clermont, quelques fossiles provenant de la Varville.

Les débris de Trilobites que Julien a rapprochés de Griffithides seminiferus Phill. et ceux pour lesquels il a créé une espèce nouvelle Phillipsia Barrandei Jul. doivent être considérés, à mon avis, comme appartenant au Phillipsia cf. sublruncatula D. P. Oehl. man.; Brachymetopus Duponti Jul. est représenté par une seule tête et un pygidium ; c’est une espèce évidemment très rare et d'autant plus intéressante ; Spirifer tornacensis, Kon., trouvé par Julien, est assez écrasé, mais rappelle cependant beaucoup mieux l’espèce du Tournaisien de Belgique, dont la Faculté de Clermont possède de nombreux spécimens, que Spirifer ail. tornacensis Kon. trouvé par moi dans les gisements de Boucharin et d Apussy.

Les schistes, à la Varville, sont très froissés et leur direction paraît quelque peu capricieuse ; pourtant, ils ont, dans l'ensemble, un pendage net vers l'O. N. O.; un filon d’orthophyre les recoupe à l’étang d’Avrée ; dans la descente d'Avrée au cimetière, ils disparaissent sous des poudingues à galets de quartz, de quartzites, d'orthophyres et de porphyrites qui leur sont supérieurs ; quelques galets de microgranulite indiquent leur postériorité probable au Tournaisien et leur âge vraisemblablement viséen. Ces poudingues font très rapidement place aux tufs microgranulitiques qui existent dans le cimetière même.

A 200 m. d’Avrée, sur la route de Luzy par le domaine des Caqueriaux, le fossé permet de reconnaître un passage de schistes gris, à liges d’encrines, qui se rattachent à ceux de la Varville. Ces schistes deviennent maclifères dans le chemin qui monte vers le « Haut-d’Avrée » ; cela ne doit pas nous surprendre, puisque nous avons déjà rencontré des poudingues tournaisiens très métamorphisés ; nous verrons d'ailleurs des exemples encore plus probants de pointements tournaisiens métamorphisés.

Sous ces schistes et à 100 m. environ du domaine des Caqueriaux, s'intercalent des bancs arkosiens violets, entremèêlés de bancs schisteux et de tufs orthophyriques.

Puis, à la première crête, à l'Est du domaine des Caqueriaux, passe un banc

de poudingues à grands éléments et de quartzites, dont la base est métamorphisée.

Poudingues du château de Veau. — Ce sont les mêmes poudingues que l'on trouve vers le Sud aux abords immédiats du domaine et du château de Veau : ils prennent ici un développement considérable ; leur direction est N.-S., leur pendage de 30° environ vers l'Ouest ; à l’étang du château et sur sa rive méridionale, une carrière est creusée, dans laquelle j'ai recueilli de ces poudingues très granitisés; vers l'Est et vers l Ouest, affleurent, d’ailleurs, des lits de schistes maclifères ; les échantillons recueillis m'ont fourni :

1° Des poudingues à galets de quartzites nourris de quartz secondaire, à galets de porphyrites et d’orthophyres ; leur pâte est arkosienne ; elle contient des feldspaths brisés ; le métamorphisme s’y manifeste par la naissance de grands feldspaths automorphes, de formation posthume, et de paillettes de mica noir de granite ;

2° Ils contiennent, d'autre part, des arkoses feldspathisées, passant, par endroits, à des sortes de brèches tuffacées, très riches en éclats d'orthophyres,: qui apparaissent comme un faciès latéral des éruptions orthophyriques observées aux environs de Savigny.

Le métamorphisme s’accentue beaucoup en certains points jusqu’à former une roche grenue très voisine du granite.

Dans la montée du petit chemin du château de Veau à Chanaud, il y a abondance de schistes maclifères et passage insensible à des arkoses violettes non métamorphisées, en tout semblables à celles du Haut-d’Avrée.

Ainsi, depuis les tufs microgranulitiques du bois de la Grande-Brosse, nous avons traversé une épaisse formation d'arkoses mêlées de brèches orthophyriques et de poudingues, montrant localement à leur partie supérieure un niveau de schistes fossilifères (La Varville) et à leur partie inférieure d'importants poudingues (château de Veau).

Lambeau dévonien à l'Est de Veau. — Au-dessous de ces poudingues, nous allons rencontrer, en avançant vers l'Est, un lambeau très étroit de schistes maclifères, percés par des porphyrites amphiboliques vraisemblablement dévoniennes ; ce lambeau affleure sur la route de Lanty à Luzy, à l'embranchement de la route d’Avrée, devant le petit chemin du domaine de Veau ; les schistes maclifères existent sur 100 m. dans les fossés de la route d’Avrée; une porphyrite amphibolique, dirigée N. 25° E., les perce sur le chemin de Veau, tout près de son origine ; elle jalonne le passage de l’anticlinal n° IT.

Schistes tournaisiens de Recoulon — Dès que la route a traversé le vallon du ruisseau de Veau, elle monte, sur 100 m., vers un col très voisin de la ferme de Recoulon, et se trouve dès le bas de la côte sur un terrain de schistes gris, froissés, dont le pendage probable se fait vers l'Ouest ; ces schistes sont pétris de tiges d’encrines de grande taille, dont les ornements sont fort bien conservés ; le talus Nord de la route en est particulièrement rempli à 20 m. à l'Est du ruisseau de Veau ; au col mème de Recoulon, le talus Sud m'a fourni des débris de Lamellibranches et de Brachiopodes peu déterminables. Ces schistes se relient

vers le Sud-Ouest avec la deuxième bande fossilifère, celle de Boucharin et Chanaud ; ils sont tournaisiens. >

Ils ne cessent qu'après l’'embranchement de la route de Savigny. En suivant cette route vers le S. O., j'ai pu constater que ces schistes y affleurent sur 1 kim. jusqu’au chemin de PArgolet ; des débris de Brachiopodes se montrent dans le fossé S. E. de la route, à 100 m. au N. E. du premier chemin de l’Argolet; des tiges d'encrines, froissées, apparaissent dans les schistes sur le chemin transversal qui relie le bois de Veau au château de Veau.

Schistes famenniens maclifères du Grand-Moulin et de Champ-Besain. — Audessous de ces schistes tournaisiens affleurent, sur la route de Luzy, quelques bancs arkosiens violets, entremêlés de schistes gris maclifères; ces schistes maclifères subsistent bientôt seuls et couvrent une grande étendue (800 m. de largeur), jusqu'au ruisseau de Fletty. Un filon de porphyrite les perce au Grand- Moulin. Sur le premier sentier qui descend de la route au passage à niveau d'Arcy, les bancs arkosiens métamorphisés, qui sont à leur partie supérieure, passent à une roche grenue, voisine du granite.

Vers le Sud, ils se relient à la bande famennienne que nous avons vue subir un premier étranglement au Ponay dans la coupe n° VI. La route de Bois de Veau à Fletty par Champ-Besain les traverse également, montrant quelques banes arkosiens et gréseux métamorphisés, à leur partie supérieure.

Quartzites el poudinques tournaisiens de l'Est. Flottement des bois de Luzy. — Vers l'Est, nous retrouvons une série carbonifère, ici très métamorphisée, qui va nous montrer des poudingues, des quartzites métamorphiques, des schistes maclifères. Les directions de couches, toujours N. N. E., vont avec des pendages à l'Est plus ou moins accusés. C’est la retombée vers le granite du flanc oriental du grand anticlinal n° II, dont I axe passe dans les schistes famenniens.

Alors qu'entre Champ-Besain et Fletty les schistes dévoniens viennent au contact de grès tachetés (vers le point 325, à 500 m. à l'Est de Fletty), sur la grande route de Lanty à Luzy ils supportent des bancs quartziteux, avec intercalations de poudingues métamorphisés à galets de quartz et de quartzites ; ces poudingues affleurent sur la route même, sur la rive droite du ruisseau qui descend de Chauvetière (sur 30 à 40 m.); ils plongent de 10 à 20° vers l'Est et disparaissent sous des schistes maclifères que l’on recoupe sur plus d’un km. ; une grande carrière, ouverte en leur milieu, à l'Est du point 288 sous Coutillat, montre les schistes presque horizontaux.

Sur le bord du ruisseau de Vernière, à 200 m. à l'Est de cette carrière et en contre-bas, j'ai trouvé de beaux poudingues à pâte de schistes micacés et tachetés et à galets de quartzites ; ils s'enfoncent au-dessous des schistes, au contact même du granite ; ce dernier forme, en eflet, un éperon vers le Sud occupant toute la partie basse du flanc N. 0. des sommets 380, 338 des bois de Luzy, alors que leur partie haute est constituée par des quartzites métamorphisés, à cassure brillante, saccharoïde et par des schistes maclifèreset des grès tachetés ; à cet éperon granitique venant du Nord, il en correspond un autre qui vient du Sud par Lauverger et se termine dans la partie basse de la Forêt-Chenil, de telle

sorte que les terrains paléozoïques des bois de Luzy forment un flottement sur le granite, allongé dans le sens général des plis paléozoïques (S. O.-N. E.) et relié à ces derniers par une étroite langue de terrains non entièrement digérés (entre la Forèt-Chenil et la Thomade).

La route de Luzy suit cette langue et reste dans des quartzites et des schistes métamorphisés jusqu’au col des bois de Luzy (au Sud de 353), puis entre brusquement dans le granite à la descente sur le fauboug du Carrage et sur Luzy.

Je signalerai encore un point où apparaissent des poudingues métamorphisés intéressants : la butte 341, à l'Est des Pessinières, au voisinage de carrières ouvertes dans une microgranulite à grains fins, dirigée N. 1200E. La salbande S. O. de cette microgranulite est constituée par un poudingue à pâte de schistes micacés et tachetés et à galets de quartz, de quartzites et de lydiennes, dans lesquels le métamorphisme paraît s'être manifesté de façon plus ou moins intense ; tantôt les galets sont presque inlacts, à peine silicifiés ; tantôt ils contiennent du mica de granite en plus ou moins grande abondance. Les quartzites métamorphisés que l’on trouve en bancs sur la route de Luzyÿ, ou en galets, comme aux Pessinières, présentent un caractère commun : lear cassure est brillante et à aspect gras.

En quelques points ces quartzites se sont montrés, au microscope, chargés d’amphibole : tels sont ceux de Fletty en bordure du granite et ceux des bois de Luzy sur le chemin des Pessinières.

Résumé de la coupe n° VII. — Cette coupe nous a montré la succession suivante :

; Tufs microgranulitiques.

VISÉEN | & ; ’ Poudingues à galets de microgranulite.

TOURNAISIEN Schistes fossilifères et arkoses. souvent Arkoses, tufs et brèches orthophyriques. métamorphisé Poudingues de base.

Pen Schistes avec affleurements de porphyrites amphiboliques. métamorphisé

Le Tournaisien y est caractérisé par les variations brusques dans les faciès lithologiques ; les mouvements du sol ont produit des exondations et des submersions successives et répétées, accompagnées par des éruptions orthophyriques qui ont déposé des coulées, des tufs et des brèches.

Trois axes tectoniques principaux expliquent les réapparitions des mêmes niveaux de l'Ouest à l'Est :

4° L'anticlinal no IV, jalonné par des quartzites tournaisiens et des tufs orthophyriques, bordé par des tufs microgranulitiques à l’Est et à l'Ouest ;

2 L’anticlinal n° III, jalonné par des schistes famenniens, accompagnés de pointements de porphyriles amphiboliques ; son flanc occidental est formé par les poudingues de la base du Tournaisien, et son flanc oriental par la bande

tournaisienne n° I.

30 L’anticlinal n° If, jalonné par les schistes famenniens, bordé à l'Est et à

l'Ouest par les formations d’arkoses, de poudingues et de quartzites tournaisiens également développées, les pendageS se faisant régulièrement vers l'Ouest à l'Ouest et vers l'Est à l'Est.

Enfin, le flottement de Luzy paraît correspondre à un quatrième anticlinal, réapparition probable de l'anticlinal n° F.

Ainsi, l’anticlinal le plus oriental, celui qui intéresse les schistes, quartzites et poudingues flottant sur le granite de Luzy, doit être la suite de celui de Perrigny, Chalmoux qui s’est enfoncé dans le granite près de Bryon et que j'ai numéroté 1; puis vient l’anticlinal Il, de Diou à la Roche-Millay, qui traverse toute la région et auquel succède vers l'Ouest, l'anticlinal I que nous avons vu naître au Sud de Pomeray ; ce dernier passe à Savigny-Poil-Fol; nous le verrons se prolonger jusqu'à Champrobert. Enfin, nous venons de voir apparaître l’anticlinal IV aux environs de Charnay, qui rejoindra le Vernay et la Vieille-Montagne

L'action métamorphisante du granite atteint sur la bordure Est, aux environs de Luzy, un maximum de largeur, dû au floltage des schistes maclifères, grès tachetés et poudingues métamorphisés du Tournaisien. Mais là ne s'arrête pas l'action métamorphisante du granite. Il doit prendre naissance, à faible profondeur, jusqu'aux environs immédiats d'Avrée. Les poudingues tournaisiens du château de Veau et les schistes famenniens du chemin d'Arcy sont non seulement métamorphisés. mais largement feldspathisés par le granite. Ainsi se confirme que le Tournaisien n'est pas seulement métamorphisé le long de ses traînées orientales, mais que l’action modificatrice atteint une partie de ses bandes occidentales.

Coupe n° VIII. — Ze long de la voic ferrée, de la station de Remilly à Luzy (PI. VIL). — Cette coupe, par le grand nombre des affleurements (tranchées ballastières) et par son itinéraire suivant le fond de la vallée de l’Alène, ne pou vait manquer d’être intéressante. Sa direction moyenne est E.S.E , donc franchement perpendiculaire à la direction moyenne des couches. Elle se maintient à une altitude comprise entre 230 et 260 m.

Malgré que vers le passage à niveau d’Arcy elle se rapproche fort de la coupe précédente (à moins de 1 km.), elle ne cesse de nous montrer des faits nouveaux et intéressants.

La station de Remilly est sur les alluvions ; une terrasse d’alluvions anciennes apparait bien nette sous les maisons de Remilly à 10 m. environ au-dessus du niveau actuel de l’Alène. La vallée se rétrécit rapidement vers l'Est pour traverser, pendant 11 km. environ, la bande paléozoïque élargie, dont les terrains résistants forment des sommets (350 à 380 m.) qui dominent assez brusquement le thalweg de 100 à 130 m. ; vers Luzy, dans le granite, la vallée s’élargit à nouveau et le pays prend des formes plus rondes, plus doucement modelées.

Quartzites, tufs et brèches orthophyriques au Sud de Semelay. — A 700 m. à | Est de la station de Remilly, la voie ferrée entre dans des quartzites arkosiens

silicifiés, percés de filons de microgranulite et entremélés de tufs et de brèches orthophyriques quartzifiés qu'il est impossible de distinguer à l'œil nu. Le chemin de Le Mont, Saint-Laurent et Vignonerie traverse vers le Sud-Ouest des formations semblables. Au Moulin de Montécot, les quarizites, ici métamorphisés, sont entaillés par d'anciennes carrières, ouvertes autrefois comme ballastières. Sur le chemin qui monte au Haut-Marcot, on rencontre à 200 m. de la voie ferrée et à 20 m. au-dessus du fond de la vallée, une poche (de plus de 6 m. d'épaisseur) de kaolin très pur et blanc, qui a fait l'objet d’une exploitation, aujourd'hui abandonnée.

Deux nouveaux filons de microgranulite, l’un N.E., l’autre N.N.E., traversent la voie ferrée avant le pont du chemin de Biez; les quartzites sont clairs et se chargent ici de mouches de pyrites ; ils rappellent beaucoup ceux de Chiseuil.

Tufs microgranulitiques au Nord d'Avrée. — 150 mètres avant le passage à niveau de la route d’Avrée à Semelay, on entre dans des tufs micacés microgranulitiques, compacts et de couleur rouge ou verte foncée ; ils forment de grands rochers dénudés au milieu de l’îlot que dessine le méandre de l’Alène, au S. 0. du passage à niveau.

Deux étroits filons de microgranulite N. N. E. les recoupent le long de la voie ferrée, avant le deuxième pont sur l'Alène. Puis pendant 3 km., on traverse les tufs microgranulitiques : trois tranchées que séparent deux vallons venant du $. O0. permettent de les échantillonner. Ils sont généralement compacts et riches en quartz hipyramidé. Sur le parallèle d’Avrée, ils subissent un fort étranglement ; ils n'y ont plus en effet qui km. de largeur. Leur élargissement vers le Nord et leur empiétement vers l'Est sont très rapides ; ils contournent en effet le village d’Avrée, au Nord ; leur limite suit une direction Ouest-Est jusqu’à l’éperon rocheux sur lequel se trouve construit le hameau des « Berthelots » et que contourne l’Alène par un brusque crochet vers le Sud.

Brèche orthophyrique et porphyrite amphibolique aux Berthelots. — Dans la tranchée du chemin de fer qui traverse l’éperon rocheux des Berthelots, exactement sous le pont donnant accès aux champs compris entre l’Alène et la voie ferrée, les tufs paraissent cesser brusquement et faire place à une roche noire, remplie de débris bréchiformes d’orthophyres et de porphyrites et dont la pâte contient d'abondants feldspaths brisés. Je rattache cette roche aux formations bréchiformes et tuffacées du Tournaisien,

On remarquera que la traînée de schistes fossilifères de la Varville a disparu et un peu plus au Nord nous constaterons que les tufs microgranulitiques touchent directement des roches famenniennes, sans interposition de Tournaisien. La brèche orthophyrique disparaît en effet vers les Berthelots, et les tufs microgranulitiques, dans une première tranchée de la route d’Avrée à Antrezit, reposent immédiatement sur un albitophyre compact que l'étude pétrographique et chimique conduit à classer dans la série des roches famenniennes.

Vers l'Est, en continuant notre marche le long du chemin de fer, nous entrons, après le pont sur l’Alène, dans une tranchée nouvelle qui débute par une fort belle porphyrite amphibolique, affleurant sur 200 m. Cette porphyrite

dévonienne disparaît au Sud sous l’épais manteau des terres superficielles ; mais au Nord, elle reparaît et forme de très beaux affleurements sur la rive droite de l’Alène que l'affouillement des eaux a rendue abrupte et dénudée ; elle contient de grands cristaux d'amphibole, visibles à l’œil nu. Elle n’occupe que le fond de la vallée et cesse à une altitude supérieure de 10 m. à celle de la rivière. Ainsi, le bombement d’albitophyres famenniens est accompagné, en profondeur, par quelques roches d’apparence encore plus ancienne (frasnienne) et il fait saillie, vers le Nord, au milieu des tufs microgranulitiques. Cette forme de contour indique bien le passage d’un anticlinal qui se trouve être l'anticlinal no [IL.

Poudingues tournaisiens aux Berthelots. — Sur le flanc Est de cet anticlinal affleurent des formations plus récentes ; une tranchée, fraîchement creusée sur le chemin d’Avrée à Antrezit, nous a montré, en effet, à l’Est du hameau des Berthelots, des couches de poudingues tournaisiens formant voûte au-dessus de schistes micacés métamorphiques, supérieurs eux-mêmes à la porphyrite amphibolique. Ces poudingues contiennent des galets de quartzites, de quartz, de lydiennes noires (avec traces de tiges d’encrines, visibles au microscope) et de porphyrites ; leur pâte est noire et légèrement micacée ; un filon d’aplite granulitique y est interstratifié ; ils rappellent les poudingues de Ternant et de Savigny ; mais ils sont presque horizontaux, en plaquage sur des prophyrites dévoniennes qu’ils contiennent en galets. La ligne de faîte, suivie par l’ancienne voie romaine, à environ 20 m. au-dessus d'eux, est bordée par des affleurements d’albitophyre L'étude pétrographique qui classe ces albitophyres dans la série dévonienne, confirme l'exactitude de la succession ainsi établie, malgré l’étrangeté apparente de la position des poudingues, presque horizontaux à mi-côte de la butte de porphyrites plus anciennes.

Orthophyres, poudinques et schistes tournaisiens. Recoulon, Arcy. — Au fond de la vallée, la bordure des porphyrites amphiboliques, vers l'Est, se trouve composée par un orthophyre tournaisien. La voûte anticlinale, à la faveur de laquelle apparaissent ici les roches dévoniennes, est donc de faible amplitude. Elle se rattache au $S. E., selon toute vraisemblance, à celle que nous avons relevée près de Veau, à la bifurcation des routes de Luzy à Lanty et de Luzy à Avrée.

Le chemin de fer traverse ensuite vers l'Est des schistes gréseux micacés et tachetés, assez décomposés ; les éperons rocheux de la rive droite sont également en schistes gréseux micacés, mais très frais et noirs; par endroits, des noyaux chiastolitiques y apparaissent; à 10 m. au-dessus de la rivière, ces schistes micacés passent dans la butte 293 à des poudingues tournaisiens, peu métamorphisés.

Après la traversée du vallon latéral qui descend du château de Veau, on entre dans une tranchée de 800 m. de longueur, qui apporte de précieux éléments à l'étude des terrains dans le flanc N. E. de la butte de Recoulon. Dès l'entrée occidentale de la tranchée qui entaille la colline vers le S. O. entre les hectomètres 75.600 et 75,700, à 800 m. à l'Ouest du passage à niveau d’Arcy,

affleurent des banes de schistes micacés très durs, très fins et noirs, dans lesquels le microscope décèle à côté du mica clastique des psammites, de fines paillettes orientées de mica noir, de métamorphisme du granite. Le métamorphisme à atteint certains lits. plus que d’autres, dans lesquels apparaissent, encore conservées, de nombreuses empreintes fossilifères intéressantes, remplies de calcite blanche cristallisée et de mouches de pyrite ; M. Bonneau du Martray, lors du doublement des voies ferrées sur la ligne de Nevers à Chagny, en 1881, signala ce gisement ; M. Michel-Lévy y a indiqué [34, p. 938] la présence de Bellerophon bicarenus Lév. Les recherches sont aujourd'hui rendues difficiles par la végétation. Toutefois j'ai pu réunir et déterminer les quelques espèces suivantes : (gisement n° 5 b).

Ostracodes.

Orthotetes crenistria Phil.

Spiriferina sp.

Fenestella plebeia MCoy.

Glauconome pulcherrima M Coy.

Aclinocrinus Sp.

Poteriocrinus sp.

Spirorbis sp. (visible seulement en plaque mince).

Des tiges et des racines de plantes se trouvent fréquemment mélangées à ces fossiles. Les espèces qui se montrent les plus abondantes sont Or/hoteles crenistria Phill. et Glauconome pulcherrima M'Coy., qui recouvrent littéralement certains lits.

Ces schistes tournaisiens forment la suite de la première bande fossilifère qui vient d’Apussy et de Boucharin, au Sud. Le fait nouveau, sur lequel on ne saurait trop insister, est leur métamorphisme certain. IT était resté inaperçu de mes devanciers. Gest à ce métamorphisme qui va s’accentuant vers le Nord, qu’il faut attribuer l’effacement définitif de toutes traces fossilifères de l’autre côté de la vallée de l’Alène sur la prolongation immédiate des mêmes schistes.

Ferme de Recoulon

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Fig. 13. — Tranchée du chemin de fer de Nevers à Chagny, au nord de la butte de Recoulon.

c. Tournaisien, schistes fossilifères micacés, f. Famennien, schistes maclifères et feldspathisés, a. tufs albitophyriques. Echelle 1.200e.

Leur direction est N. 609 E. et leur pendage d'environ 30° vers l’O. N. O. Ils sont en bancs épais de 0 m. 50 à 1 m. et reposent sur des bancs de tufs albi-

tophyriques plus ou moins remaniés, contenant, par endroits, des galets d'albitophyre impressionnés. De petites failles de 2 à 3 m. d'amplitude rabaissent les couches vers l'Est; on peut en relever trois sur environ 100 m. de longueur (fig. 13).

La montée vers la ferme de Recoulon, au 5. O., au-dessus de la tranchée, est tout entière dans des schistes micacés qui se chargent même de noyaux chiastolitiques.

Schistes famenniens à Arcy. — Sous les poudingues et les tufs albitophyriques, on trouve dans la tranchée, en se rapprochant du passage à niveau d Arcy, des alternances de schistes maclifères et de quartzites foncés, métamorphisés, interrompus par des brouillages de faille. J'attribue au Famennien ces niveaux inférieurs ; ils forment la suite naturelle vers le Nord de la bande famennienne qui vient du Sud (anticlinal n° II).

Sur la rive droite de l’Alène, sous les quartzites métamorphisés, affleurent les schistes micacés et maclifères tournaisiens dans lesquels toute trace de fossile a disparu ; ils reposent, comme sur la rive gauche, sur des poudingues bien visibles dans un vallon remontant vers le N. E., au-dessus de l’étang d’Arcy.

Des schistes cornés, micacés et maclifères. percés par un filon de porphyrite amphibolique, constituent, sur cette rivière, le soubassement famennien des schistes et poudingues tournaisiens ; ces formations s'étendent sur: 400 m. environ de l'Ouest à l’Est en face du passage à niveau d’Arcy, en formant des escarpements rocheux. Elles disparaissent rapidement versle N. E. sous les quartzites et poudingues tournaisiens qui les recouvrent entièrement.

C’est donc la région où la bande tournaisienne fossilifère no 2 se réunit en forme de voûte surbaissée avec les poudingues et les quartzites tournaisiens de l'Est.

Nous verrons plus au Nord que le tracé de l’anticlinal n° II ne peut s’y poursuivre que grâce à l’apparition sporadique de quelques porphyrites amphiboliques de faciès très ancien. Mais il m'a paru impossible de délimiter une bande, si étroite qu’elle soit, de schistes famenniens, continue au milieu de ce manteau tournaisien de plus en plus métamorphisé.

Retombée des quartzites métamorphisés et des poudingques au contact du granile, au Moulin-Neuf. — Après le passage à niveau d’Arcy, la voie ferrée traverse l’Alène et reste pendant 1.800 m. sur sa rive droite, entamant la colline qui domine, vers le Nord, le Moulin-Neuf. Des ballastières, largement exploitées, permettent de suivre, en détail, les changements du sous-sol rocheux et les mouvements des plis. À 250 m. à l'Est du pont sur l’Alène est ouverte une première carrière, dans des quartzites feldspathisés foncés (cornes noires, rougeâtres et verdâtres), contenant des débris bréchiformes d'orthophyres et des traces de galets de quartzites, non encore entièrement effacés par le métamorphisme ; dans un petit vallon non indiqué par la topographie de la carte de l'Etat-Major, situé exactement au Nord du Moulin-Neuf, subsistent encore de grands rochers de poudingues, à peine métamorphisés, formant des escarpements cachés par

les buissons. La direction des couches, assez difficile À saisir dans ces cornes feldspathisées, paraît être voisine de 70° et le pendage est faible vers le S. E.

Une deuxième carrière est ouverte 400 m. plus loin, appelée carrière du Bois- Plot. Des schistes noirs maclifères, dirigés N. 5° E. avec pendage vers l'Est, affleurent dans toute la partie Ouest de la carrière et buttent à l'Est contre un filon d’aplite ; après ce filon. ce ne sont plus des schistes mais des bancs alternants de grès et de poudingues à galets de quartzites lustrés, légèrement métamorphisés, qui affleurent.

Dans une amorce de carrière, ouverte dans le bois, 50 m. plus à l'Est, j'ai trouvé le contact de ces poudingues et quartzites avec le granite ; ce dernier occupe la partie basse de la carrière ; il est à grains fins et aplitique, et passe insensiblement aux quartzites feldspathisés qui plongent toujours vers l'Est, obliquement à la surface de contact (localement dirigée N. 1650 E.) L'étude de la butte 340 et du chemin de « Roche » à « Chez Gonneau », sur le prolongement N.N.E. des couches, confirme les constatations faites dans la tranchée du Moulin-Neuf. La butte 340 est en grande partie formée par des cornes feldspathisées, foncées, rouges et vertes, analogues à celles de la ballastière ; toutefois des couches de poudingues, presque intactes, affleurent au sommet même et sur le chemin, au Sui de « Roche ». Sur le flanc oriental de cette butte, les cornes feldspathisées passent à des quartzites clairs, remplis de pyrite, avec mica blanc, qui sont identiques aux quartzites, exploités à Chiseuil. Sur le chemin de « Roche » à « Chez Gonneau », après le passage du vallon de Tourny, on rencontre une succession de quartzites et de poudingues métamorphisés, percés par plusieurs filons d’aplite ; leur pendage se fait vers l'Est ; ils ne sont séparés du granite, qui apparaît à 100 m. à l'Est du vallon, que par un filon de microgranulite. La pâte quartziteuse de ces poudingues s’est montrée, au microscope, chargée, par endroits, d’amphibole.

Pendant que vers Recoulon les schistes et les poudingues carbonifères avaient leur pendage dirigé vers l'Ouest, au Moulin-Neuf et au Bois-Plot les mêmes formations se retrouvent avec un pendage à l'inverse, vers l'Est; ces réapparitions d’une même formation, séparées par un passage de terrain plus ancien (Famennien), dessinent une voûte anticlinale régulière qui correspond à l'axe anticlinal no II. La clef de cette voûte est ici très affaissée ; les pieds droits sont faillés en sens inverse.

Les couches du flanc oriental de l’anticlinal sont digérées par le granite. En effet, à partir du Bois-Plot, vers l’Est, la voie ferrée reste, pendant 2 km... sur le granite, interrompu seulement par deux filons de microgranulite : l’un N. N.E., au pied S. O. de la butte 340 ; l’autre N. 1600 E. à l’Est du passage à niveau de « la Commanderie ».

Dans la tranchée qui suit le passage à niveau, le granite contient des enclaves surmicacées probablement de schistes en voie de digestion.

Prolongation du flottement des bois de Luzy — A 300 m. à l'Est du pont, jeté sur la rivière de « La Roche », la voie recoupe, en tranchée, une butte rocheuse qui est la prolongation vers le Nord de la ligne de faîte (380-338) des

bois de Luzy. On se souvient que ces hauteurs portent un flottement de quartzites et de schistes tournaisiens très métamorphisés. Vers le Sud et vers l'Est, leur soubassement est partout en granite ; mais au Nord, les terrains paléozoïques affleurent au fond de la vallée de l’Alène. traversent cette dernière et vont se perdre à 700 m. de là dans une butte de 20 à 30 m de hauteur, à l'Est de Champ-Revau. L’axe de l'anticlinal n° TI, que jalonne ce flottement, s’abaisse done vers le Nord, comme celui du n° IH. A l’origine de la tranchée, ce sont des schistes maclifères qui affleurent ; des quartzites, contenant encore des galets, leur succèdent ; on retrouve le granite après 400 m. Une carrière, ouverte sur le chemin de Tourny à Champ-Revau, à l'Ouest de la butte quartziteuse, montre le contact d’une bosse granitique avec des schistes maclifères d’une part, avec des quartzites feldspathisés d’autre part (point 258 E.-M.).

Après Champ-Revau, la voie ne quitte plus le granite jusqu'à Luzy et au delà.

Résumé de la Coupe n° VIII. — La succession stratigraphique à laquelle conduit l'étude de cette coupe est bien la même que celle qui résulte de la coupe n° VIT ; mais ici, le Tournaisien est surtout représenté par des quartzites ; il y a moins de schistes ; une seule bande schisteuse fossilifère subsiste, la première, celle de Boucharin, Chanaud, Recoulon. Le métamorphisme intéresse tout le Tournaisien jusqu'au passage à niveau d’Avrée, à 3 km. 1/2 de la bordure granitique : mais il laisse subsister des empreintes fossilifères dans la tranchée sous Recoulon. Le Dévonien supérieur est représenté par des porphyrites amphiboliques, analogues à celles de Cressy, accompagnées de schistes maclifères.

Les trois anticlinaux relevés dans la coupe précédente se retrouvent dans celle-ci, mais avec un abaissement marqué des axes tectoniques ; le synelinal, représenté par les tufs viséens, qui sépare les deux anticlinaux de l’Ouest. est très élargi ; par contre, l’anticlinal n° IT est beaucoup plus étroit; les arkoses carbonifères du Haut-d'Avrée et les schistes de la Varville se réduisent latéralement sur son flanc occidental à un mince passage de brèche orthophyrique; de même l'anticlinal n, IE qui passe à Arcy, est très surbaissé et se rétrécit, au profit du synclinal des schistes et quartzites tournaisiens, assez large entre les Berthelots et Recoulon. L’anticlinal du flottement de Luzy (n° I) est lui aussi très surbaissé et voisin de sa disparition dans le granite.

En un mot, nous assistons à un abaissement des axes des plis, en avançant vers le Nord. D'où la diminution, en surface, des terrains plus anciens, au profit des terrains plus récents. Le Famennien se réduit, le Tournaisien augmente ; nous verrons qu'il diminuera à son tour, vers le Nord, pour laisser la place au Viséen.

Les étirements des couches sont fréquents ; j'en signalerai un au contact des tufs microgranulitiques et des albitophyres famenniens au pont des Berthelots ; nous en avons relevé de très nets sur les deux flancs de l’anticlinal n° Il,avant et après Arcy.

L'existence d'accidents transversaux Est-Ouest (décrochements) est rendu vraisemblable par l'apparition d'un filon de quartz de même direction (à 409 m.

à l'Ouest du village de Roche) et par la torsion vers l'Est des tufs microgranulitiques, au Nord d'Avrée.

En même temps que les axes des synelinaux et anticlinaux s’abaissent, l’action

métamorphisante du granite s'étend fort loin à l’Ouest, puisqu’elle atteint la prolongation de la bande tournaisienne d’Avrée. Le granite, dans sa montée, semble s'être très peu préoccupé des plis anticlinaux et synclinaux; il y a pourtant quelques indices qui paraissent prouver une plus grande montée du mttamorphisme dans les anticlinaux la courbe limite du métamorphisme forme, au S. O. du château de Veau, un éperon qui coïncide, en effet, avec l’axe anticlina! n° II.

Coupe n°1IX. — Le Vernay, Semelay, château de la Garde, Le Grand Marié (PI. VID). — l'itinéraire, choisi pour celte coupe, jalonne des points intéressants à une distance variant de 1 à 2 km. au Nord de la précédente. Aux deux extrémités Ouest et Est, il passe à des altitudes maxima de 331 m. et 358 m., séparées et suivies par des régions plus basses. Nous verrons que les points hauts coïncident avec la traversée des quartzites tournaisiens, les points bas avec les tufs microgranulitiques et le granite.

Au château du Plessis, à l'Ouest de Semelay. la couverture argilo-sableuse des bois de la Verrerie, de Saint-Michel et de Vauvray cesse, pour laisser apparaître les quartzites et les brèches orthophyriques du Tournaisien qui durent jusqu’à l'Est de Semelay, percés seulement par des filons de microgranulite. A 2 km. plus au Nord, vers «les Durands » et « le Vernay », affleurent des poudingues à galets de quartzites conservés et un granite à grains fins, formant trois lentilles sur la route de Semelay à Saint-Honoré (aux Durands, à l'Est du Vernay et dans le bois au Sud des Vouèvres); ce granite est entouré par de grands épanchements d'une microgranulite spéciale, dans laquelle les deux temps sont parfois peu distincts (butte 322 E.-M.).

Sur le chemin qui conduit de Semelay au Renaud et.à la Seigne, les tufs microgranulitiques succèdent après 500 m. aux quartzites tournaisiens, Ces tufs durent jusqu’à l'Est de la Seigne, au fond du vallon où coule le ruisseau de Mont-Charlon, sur une largeur de 1.500 m.; trois filons de quartz N.E. sont à signaler dans cette partie du chemin, l’un au Nord de Cremat, un autre au S. O de la butte 302, le troisième à 300 m.. à l'Est de la Seigne.

Porphyrite amphibolique et albitophyre famenniens à l'Ouest d'Antrezit. — Aussitôt après la traversée du ruisseau de Mont-Charlon, le chemin entre dans une porphyrite amphibolique compacte, avec cristaux d'amphibole visibles à l'œil nu ; il la traverse pendant 200 m., puis il monte, jusqu’à l’ancienne voieromaine, dans un albitophyre qui se relie avec celui que nous avons déjà touché au-dessus des Berthelots, ne formant avec ce dernier qu’une seule masse, prolongée au Nord vers le point 316 et s’arrêtant au confluent des deux ruisseaux de Las et de Mont-Charlon. Vers l'Ouest, le Nord et l'Est, ces porphyrites sont immédiatement recouvertes par les tufs microgranulitiques; mais au $. S. E., le revête-

ment de poudingues tournaisiens, dont nous avons relevé une première coupe au-dessus des Berthelots, se continue sur la route nouvelle d'Avrée à Chiddes jusqu’à l'étang du hameau d'Antrezit, sur 1.500 m. de longueur, interrompu toutefois par deux éperons que l’albitophyre dessine vers le Sud. Ces caprices de contour qui surprennent dans des roches éruptives interstratifiées et plissées avec les couches sédimentaires, s'expliquent ici par le faible pendage des strates des poudingues qui les recouvrent. Nous avons déjà constaté ce fait au dessus des Berthelots ; nous pourrons le constater, à nouveau, à l'étang d’Antrezit, sur la rive occidentale duquel les poudingues ont un pendage faible vers le S. E., au-dessus des albitophyres qui affleurent au niveau même de l’eau ; les poudingues contiennent ici d'abondants galets de cette roche éruptive, fournissant une fois de plus la preuve de son antériorité au Tournaisien. L’avancée des albitophyres famenniens en éperon vers le Nord, au milieu des tufs viséens qui les encadrent à l'Ouest, au Nord et à l'Est, sans interposition de Tournaisien, s’explique par l’abaissement de l’anticlinal n° III, dans lequel ils apparaissent. Cet anticlinal disparaît momentanément sous les tufs microgranulitiques (au Sud de Villette-les-Forges) pour redevenir apparent au Sud des bois de Buzon, à 4.500 m. de distance dans une direction E. N. E qui coïncide bien avec la direction générale des plis.

Tufs microgranulitiques à l'Est d'Antrezit. — Les tufs microgranulitiques qui touchent les porphyrites mêmes au sommet 316 sur la voie romaine, puis à mi-côte les poudingues à galets d’albitophyre (à l'étang d’Antrezit) s'avancent vers le Sud jusqu'au fond du vallon de « Champ-de-la-Vigne », formant un éperon mince, pincé au milieu des schistes micacés et des quartzites métamorphisés du Tournaisien, éperon qui vient se terminer au Sud, en remontant jusqu'à mi-bauteur le flanc S.Q de la butte 306. Aux maisons mêmes de Champ-de-la-

Fig. 14. — Route des Berthelots à Chiddes ; tranchée au hameau de Coulaise.

m. tufs microgranulitiques, viséens, V. schistes, quartzites et poudingues interstratifiés, 7. microgranulite. Echelle 500e.

Vigne, les terres des jardins et des champs sont remplies de galets de quartzites et de débris de poudingues métamorphisés; sur le chemin de 306 au château de la Garde, avant la bifurcation du chemin de Roche (par 358), les poudingues affleurent, de plus en plus métamorphisés, de moins en moins reconnaissables, passant aux quarlzites feldspathisés et cornés. En même temps, la limite des tufs, dirigée de nouveau N. N. E., suit ces formations quartziteuses, remontant le fond du vallon, et va passer à la voie romaine à 400 m. à l'Ouest du sentier.

d’'Erprille Ainsi les tufs microgranuliliques, au Sud de la voie romaine. forment un éperon pincé entre des formations plus anciennes; cet éperon dessine un passage de synclinal resserré, entre les anticlinaux n° IL et ne III.

Un peu plus au Nord, sur la route de Chiddes au hameau de Couloise, apparaissent dans une tranchée, au milieu des tufs microgranulitiques, quelques couches de poudingues et de schistes viséens, plongeant vers le N.0 ; les tufs sont ici plus lités, moins compacts; leur origine sédimentaire apparaît certaine (fig. 14.

Des filons de microgranulite à grands cristaux d’orthose percent fréquemment les tufs. J'en signalerai deux : l’un à 100 m. au Sud du lambeau schisteux de Couloise ; l’autre, N. 500 E., sur l’ancienne voie romaine, au détour de la route de Chiddes.

Un filon de quartz, qui a fait l’objet d’une recherche de fluorine, traverse la voie romaine à 800 m. à l’Est de la route de Chiddes; il est sur la prolongation d’un important filon de quartz et de fluorine N.-$., connu au hameau de Las, au Nord.

Quartziles tournaisiens el porphyrile amphibolique frasnienne au château de la Garde. — Le long de la voie romaine, vers l'Est, aux tufs microgranulitiques succèdent des quartzites métamorphisés (cornes micacées et feldspathisées, très riches en quartz) qui sont la suite des formations de poudingues, reconnues plus au S. O. vers Champ-de-la-Vigne.

A la sortie du bois, au détour de la voie romaine vers le Sud, affleurent des roches très noires, siliceuses et dures, dans lesquelles le microscope a décelé l'existence, au milieu d’une gangue quartzeuse, d’une abondante poussière charbonneuse groupée en noyaux, dans lesquels sont nés des cristaux d’Andalousite ; puis de nouveaux quartzites clairs, métamorphisés, avec mouches de pyrite, viennent au contact même du granite, à 250 m. à l'Ouest de Rechigi. Un filon de microgranulite traverse les quartzites parallèlement à la bordure granitique; le granite, au contact, est aplitique et ne devient à grands cristaux que dans le fond de la vallée, avant la traversée de la rivière de « la Roche ».

Sur la ligne de faite, à 500 m. au Sud de la voie romaine, au S. O. du château de la Garde, on trouve une masse importante de porphyrite amphibolique, vert foncé, passant à des cornes avec grands cristaux palmés d’amphibole; cette roche forme une lentille allongée du $S. S. O. au N. N. E. sur le versant oriental des sommets qui dominent le château de la Garde, vers l'Ouest. Ces sommets mêmes sont constitués par des quartziteés métamorphisés et des cornes feldspathisées, plus ou moins foncées, dans lesquelles les pendages se font vers le Sud- Est. Sous les bâtiments de la ferme, adjointe au château de la Garde, se trouvent des schistes maclifères à grands noyaux chiastolitiques. Toujours par analogie avec les roches amphiboliques trouvées plus au Sud dans le Dévonien supérieur, on peut considérer ces porphyrites du château de la Garde comme frasniennes ; elles jalonnent l’axe du grand anticlinal n° Il, qui après l'affaissement d’Arcy, se relève quelque peu au château de la Garde pour s'abaisser à nouveau vers « Fougère ». Les pendages, à l'Est et à l'Ouest des porphyrites, paraissent

se faire vers le Sud Est, de telle manière que l’on est conduit à figurer, en coupe, l’anticlinal comme versé, en cette région, vers le Nord Ouest.

Résumé de la coupe n° IX. — On voit que l'extension des tufs microgranulitiques est devenue rapidement considérable au détriment des niveaux inférieurs dont l'étendue est fort réduite.

Le Tournaisien est représenté par des quartzites et des poudingues, entièrement métamorphiques dans la bande orientale, partiellement dans la bande occidentale, où apparaissent pour la première fois des poudingues bien conservés (Le Vernay).

Le Famennien est réduit à d’étroits affleurements d’albitophyre. Celui qui longe, en bosse, la voie romaine, au Sud-Ouest du château de la Garde, touche directement sur ses flancs N. 0. etS. E. les tufs microgranulitiques, bien qu’au Sud nous voyions un manteau presque horizontal de poudingues tournaisiens le recouvrir. Cette anomalie est d'autant plus frappante que, vers l'Est, le synclinal de tufs microgranutitiques est adossé au Tournaisien bien développé, les roches famenniennes et frasniennes n’apparaissant qu'en lambeaux discontinus et plus à l'Est encore. Il est vraisemblable que ces anomalies doivent s expliquer par des étirements ; elles peuvent cependant provenir aussi d’une discordance de transgressivité des tufs, qui ne sont pas‘partout à assimiler à des formations régulièrement stratifiées et dont le caractère de projections éruptives peut s'affirmer par des contacts apparemment anormaux. À ce point de vue, il est intéressant de rappeler que j'ai constaté des indices de tufs sédimentaires vers Couloise tandis qu’à l’entour de la bosse éruptive du chemin romain, les tufs affectent un caractère franchement éruptif.

Les anticlinaux reconnus dans les coupes précédentes se retrouvent dans celle-ci; celui de l'Ouest n° IV encore largement développé; celui du centre n° JIl, s'affaissant et ne se dessinant plus sous la masse de tufs microgranulitiques de Chiddes ; celui de l'Est n° IT, étranglé et versé vers le Nord-Ouest par des poussées provenant du Sud-Est, sans doute contemporaines de la mise en place du granite.

Coupe n° X.— passant par les bains de Saint Honoré, le signal de la Vieille- Montagne, les bois de Buson, La Roche-Millay (PL VI). — Cette coupe parallèle à la précédente, à une distance de 6 km. plus au Nord, court de l'O. N. O. à l'E. S. E. sur une longueur de 12 km. à vol d'oiseau; elle traverse une région fort accidentée ; partant d’une altitude de 240 m., elle passe successivement trois lignes de faîtes à des altiludes respectives de 557, 500 et 600 m., séparées par deux vallées à 385 et 335 m., pour aboutir dans le massif granitique, à la Roche-Millay (450 m.), après la traversée d’une troisième vallée. celle de la Roche (324 m.).

On remarquera la convergence vers le sommet du Mont-Préneley de ces trois lignes de faîtes : celle de l'Ouest, allant du signal de la Vieille-Montagne (557 Im.) au Mont-Genièvre 638 m.), dirigée N. 40° E.; celle du centre, du bois de Buson (531 m.) au sommet de Champrobert (574 m.', dirigée N. 150 E. ; celle de P'Est,

du sommet de Thouleur (600 m.) au sommet du Creux (685 m.), dirigée N. 8 à 10° E.

Le système hercynien a laissé peu de traces dans l’orographie actuelle de la région, el les contours géologiques des terrains paléozoïques ne suivent, en général, ni les lignes de faîtes, ni les thalwegs.

En tout cas, nous avons quitté, avec la précédente coupe, le pays bas et relativement peu accidenté qui s'étend à l'Ouest de Luzy et jusque vers Saint- Honoré ; nous entrons dans cette région pittoresque et montagneuse qui s'élève progressivement de Saint-Honoré et Luzy jusqu'aux points culminants du Morvan (le Mont-Préneley (850 m.), le Beuvray (810 m.), la Brûlée (902 m.) dans la forêt de Saint-Prix), et que l'on à appelé le Morvan chevelu à cause de la grande étendue de ses régions boisées.

J'ai été guidé dans le choix de la coupe no X par le désir de suivre les réappa ritions des niveaux inférieurs, au Nord des grandes étendues de tufs microgranulitiques viséens de la Bussière, Chiddes et Fougères.

La faille limite à Saint-Honoré, — Un terrain argilo-sableux, avec galets de chailles jurassiques. forme le sol des bois de Chevannes, de Vauvray, de La Montagne et de Morillon, à l'Ouest des formations anciennes qui débutent suivant une ligne dirigée à peu près du Sud au Nord, vers les Durands, Saint- Honoré et Préporché.

Au Sud de Saint-Honoré, celte couverture argilo-sableuse se termine sur les terrains anciens suivant une ligne sinueuse et ne laisse pas entrevoir la faille limite occidentale du Morvan.

Il n'en est pas de même à Saint-Honoré, où la faille apparaït, et vers le Nord, où j'ai pu la suivre jusqu'à Moulins-Engilbert. Sur la rive droite du vallon de Saint-Honoré, les fondations des villas, situées en face du parc de l'établissement thermal, sont assises sur le calcaire à entroques ; le Bajocien forme ici un lambeau très restreint d'environ 500 m. de longueur; il réapparaît à quelques kilomètres vers l'Ouest, garnissant avec le Bathonien les coteaux qui bordent la vallée de l’Aron. D’anciennes carrières, aujourd'hui remblayées, ont permis autrefois à M. Delafond de constater l'existence, contre la faille, d'un placage de lambeaux de Lias et d’un conglomérat bréchiforme, constitue par des débris calcaires, des silex pyromaques, des grains de minerai de fer, agglomérés par un ciment calcaire [15, p. 929]. J'ai retrouvé ce conglomérat sur le chemin de Préporché à la butte 308. à l’Est des Places et à Lavau.

La faille qui fait ainsi butter le Bajocien contre les formations anciennes, donnant passage aux eaux minérales sulfureuses de Saint Honoré, peut être exactement jalonnée sur la carte ; la route, qui descend directement du bourg de Saint-Honoré à l'établissement, traverse un vallon (vallon de l'Hâte), au bas duquel est ouverte une carrière dans un filon de porphyre à quartz globulaire ; 20 m. plus à l'Ouest sur la route qui conduit à la Brûle, on trouve la brèche quartzeuse dont je viens de parler ; d'autre part, l'Etablissement est adossé à un coteau de tufs microgranulitiques compacts, traversés par le même filon de porphyre à quartz globulaire ; c'est au pied de l’escarpement, limitant le coteau

au S. O , que jaillissent les eaux thermales (à une température de 27 à 34°); l'escarpement lui-même montre.de nombreuses veiaules pyriteuses, avec quartz corné noirâtre et fluorine, paraissant orientées vers le S. E., dans la direction des filons barytiques et fluorés du Vernay. Ainsi jalonnée, la faille a une direction N. 18 à 19° E. qu’elle semble conserver sur plus de 2 km. 1/2 vers le Nord ; le conglomérat de faille se retrouve, en effet, aux maisons de la Brûle et, plus au Nord, sur le chemin de Préporché, à la butte 308, dans un bois où il forme des blocs de grande dimension; un filon de quartz peu démantelé apparaît en muraille dans la butte boisée située à 500 m. à l'Est du hameau des Places, au Nord de Préporché, sur la même direction prolongée: ce filon fait un brusque crochet vers l'Ouest, puis se retrouve sous la ferme de Lavau, à 1 km. plus au Nord, barrant le vallon des Garriaux ; la faille, dans ce dernier parcours, est devenue N. 10° E. ; elle se dirige ensuite vers la butte 314, puis. devenant N. O., passe à l’Ouest de Montjoux, contre un lambeau liasique qui vient, dans la vallée de la Dragne, au contact des terrains anciens (direction moyenne N. 1480 E.). Sur le plateau 313, à l’Est des Houillères, elle redevient N.20°E., puis entre sur la feuille de Château Chinon où nous la retrouverons à Moulins-Engilbert.

M. Delafond assimile le conglomérat en placage contre la faille terminale au terrain sidérolithique ; il croit donc que cette faille est au moins postérieure au calcaire de Brie; il semble, d’après l'étude des lambeaux de calcaire à Phryganes, à l'Ouest de Bourbon-Lancy, qu’elle à joué encore postérieurement à l’Aquita..ien.

T'ufs micragranulitiques à l'Est de Saint-Honoré. — La montée de l'Etablissement au village de Saint-Honoré par l’une quelconque des trois routes qui les relient, se fait à travers des tufs noirs à micas hexagonaux, à quartz bipyramidés et à pâte pétrosiliceuse que nous savons être les tufs viséens ; leur aspect est quelque peu variable, suivant leur plus ou moins grande richesse en mica et eur degre de silicification ; ils affectent, par endroits, des caractères de véritables porphyrites ; mais une étude microscopique attentive décèle toujours l’état brisé des feldspaths, la pâte pétrosiliceuse et les grains de quartz bipyramidés, corrodés et brises, qui rapprochent leurs éléments tuffacés des phénocristaux des microgranulites. Les filons de microgranulite y sont particulièrement nombreux, ceux de porphyre pétrosiliceux assez fréquents.

Telles sont les formations que l'on suit sur les différentes routes qui divergent de Saint-Honoré vers l'Est. Sur la route de Luzy, elles durent jusqu'après les Seux, à 4 km. de Saint-Honoré, et, plus au N.-E., jusqu'à Cluze-Bardenne et le Mont ; dans ces derniers hameaux les tufs sont particulièrement noirs et compacts. Sur la route de Tussy, la Queudre, le Niré, Sanglier, on reste indéfiniment dans les tufs, au voisinage de leur limite orientale dont la direction moyenne est N. 60° E., traversant après la Queudre une région riche en filons de microgranulite, Avant Four-Monté, à 2 km. de Saint-Honoré, la route laisse sur sa droite une carrière ouverte dans des tufs a<sez peu compacts, à stratitication encore visible, dont la direction est N.-$S. avec pendage U. de 450,

A la base des tufs, avant les formations quartziteuses et orthophyriques que

nous allons rencontrer en montant au sommet de la Vieille-Montagne, s'intercalent quelques lambeaux schisteux, dont il existe un témoin intéressant à la sortie vers l'Est du hameau de Le Mont; les schistes y sont psammitiques, froissés, malheureusement sans fossiles ; ils précèdent immédiatement des quartzites blancs inférieurs ; ils ne forment qu’une assise peu épaisse, de quelques mètres.

Filons de microgranulites el de porphyres à quartz globulaire. — L'abondance des filons de microgranulites, au milieu des tufs viséens, ne me permet pas d'aborder ici la description détaillée de chacun d'eux, en particulier. J'en choisirai seulement quelques-uns dont l'allongement et l'allure générale m'ont paru caractéristiques ; pour les autres, la carte au 80.000€, insérée à la fin de cet ouvrage, suppléera, au moins en partie.

On a vu plus haut qu'un filon de porphyre à quartz globulaire qui passe aux Bains de Saint-Honoré, tout près de la faille terminale, est dirigé N. 25°E.

Un filon de microgranulite qui lui est parallèle, passe sous l’église de Saint- Honoré, affleure vers le Sud, à la bifurcation des routes de Vandenesse et de Remilly et forme vers le Nord des arènes, exploitées en carrière dans le vallon remontant à l’Est de l'HAte. Il est ainsi reconnu sur plus de 1 km.

Sur le bord de l'étang au Sud de Tirgage, on exploite un filon de microgranulite rose à grands orthoses, avec salbandes souvent finement grenues et sans phénocristaux, qui se suit aisément dans une direction N. 35° E. ; 1l est recoupé par la route de La Queudre et s'allonge sur le chemin de Mongaudon et d’Aché en contournant le sommet 345 au Sud de Préporché. Il paraît assez mince (variant de 20 à 100 m. de large), mais il est très long, atteignant au moins > km. Il offre deux particularités intéressantes :

19 Il subit des décrochements multiples au $S. E. dela butte 345 ; un filon de quartz le recoupe d’ailleurs dans une direction N. 70° E.

2° I n'est pas rectiligne mais légèrement sinueux ; d'abord dirigé N. 35° E., il devient N. 10° E.. puis N. 20° E. vers Aché.

Les deux rives de l'étang de « Seux » sont également formées par deux filons de microgranulite rose et rouge ; celui de l'Est est le plus important. D'abord N. 60° E., puis 40° E., il recoupe la grande route de Luzy aux Andanges, passe à l'Ouest de Cluze-Bardenne et vient mourir, après quelques sinuosités et un parcours de 2km., dans le vallon qui descend de la Queudre à l'Est de Four- Monté.

Je signalerai encore un filon de microgranulite N° 200 E., facile à suivre sur la nouvelle route de Le Mont à la Queudre.

Dans l’ensemble et malgré leurs sinuosités, ces filons de microgranulites ont

.une direction N. 20 à 30° E.

Filons de porphyrite micacée. - Deux filons de porphyrite micacée méritent d'appeler l’attention ; l'un sur le chemin de Tirgage à Aché, à 400 m. au N. de Tirgage, est dirigé N. 15° E.; l’autre au $. O. de la Queudre, est N, 20 à 300 E. Ces deux filons apparaissent dans des masses de microgranulite qu'ils traversent ; ils ont résisté à la décomposition au sein de cette roche alors que dans

les tufs voisins ils sont transformés en terres brunes qu'il est impossible de suivre. à

Filons de quartz. — Des filons de quartz traversent les tufs et les microgranulites ; l’un, sur le chemin de Tirgage à Mongaudon (N. 75° E.), affleure au col à L'Est de 345 (E.-M.), il y recoupe le grand filon de microgranulite de Tirgage. Une muraille quartzeuse traverse, d'autre part, le vallon qui remonte au $. E. de la Queudre ; elle fait partie d’un long filon, N. 55° E., qui passe à l’Ouest de « Le Mont » et du Niré. Un filon parallèle à ce dernier longe la bordure inférieure des tufs à l'Est de « Cluze-Bardenne » et de «Le Mont» et permet de supposer qu'en cet endroit, le contact des tufs avec les quartzites se fait par faille. Enfin, un puissant filon, N. 280 E.. traverse la route du Niré à la Queudre et le chemin du Niré à Franvache, à 200 m. à l'Est du point 405 (E.-M.).

Tufs et brèches orthophyriques, quartziles tournaisiens de la Vieille-Montagne. — Au-dessous des tufs viséens et des quelques rares lambeaux schisteux, interstratifiés à leur base, s’étagent des couches quartziteuses, orthophyriques, ponceuses, tuffacées et bréchiformes qui constituent les hauteurs de la Vieille- Montagne ; la ligne de faîte vient de Semelay (331 m.), par le col de Montaron (431 m.), puis passe par un premier sommet de 491 m., pour aboutir au Signal de la Vieille-Montagne (557 m.) et continuer jusqu'au col du Niré (499 m.), au pied du Mont-Genièvre. Les formations y sont analogues à celles que nous avons étudiées dans la région de Lanty et vers Savigny-Poil-Fol où les tufs et les brèches orthophyriques se trouvent interstratifiés dans les schistes fossilifères tournaisiens.

Sur la route de St-Honoré à Luzy, aux tufs viséens succèdent, sans intercalation schisteuse, des roches claires, remplies de débris verdâtres ou noirâtres anguleux, quelquefois roulés, qui donnent à la roche un aspect flammé ; on en trouve des échantillons particulièrement nets à { km. avant le col de Montaron et dans la descente vers Bois-Chevalier. Le chemin montant de Cluze-Bardenne à la ligne de faîte et celui de « Le Mont » au Signal de la Vieille-Montagne, traversent d’abord de vrais quartziles clairs, puis entrent dans ces roches chloriteuses flammées, plus où moins chargées de débris verts et noirs

Le pays très accidenté des Bois de Mary, des bois de la Roche, de Neuilly, de Maltaverne et du Moulin de Malvaud, est constitué par ces mêmes roches qui, au premier abord, apparaissent comme des quartzites plus ou moins stratifiés.

L'observation microscopique nous montre leur constitution, le plus souvent d’origine ignée. Chargées de débris de feldspaths, de micas chloritisés, de débris d'orthophyres dont les microlithes sont silicifiés et visibles seulement en lumière naturelle, avec des parties vitreuses à cassures perlitiques, elles apparaissent comme des brèches ou tufs d’orthophyres passant, par endroits, à de véritables ponces ; l’épigénie des anciens éléments (quartz pœcilitique, en boutonnières) y est la règle ; l'influence posthume des eaux siliceuses a du être considérable ; le dynamométamorphisme y est partout très marqué.

L'on serait porté à comprendre l’infinie variété de ces roches sous le terme de porphyroïde, en voulant exprimer par là une origine éruptive, suivie d’une trans-

formation par dynamométamorphisme et silicification. Mais l’étude attentive au microscope, surtout en lumière naturelle, permet d'en déceler la véritable nature ; ce sont des brèches d’orthophyre, contenant parfois des galets roulés, comme à l'Ouest du col de Montaron. Des parties d'orthophyre, franchement éruptifs s’y rencontrent (remontée de 321 à la Bussière sur la route de Luzy, sommets 475 et 503 entre le Mont et Saint-Jean).

Ces pseudoporphyroïdes n’ont donc rien de granitique et il ne faut parler, à leur sujet, ni de métamorphisme, ni même de dynamométamorphisme bien important.

Leur masse, allongée vers le N. E., se termine en une pointe effilée, qui passe au sommet 560, à l'Est de Sanglier, et disparaît au milieu des tufs microgranulitiques dans le sommet 527 à l'Ouest d'Avau. Vers l'Est, ils sont bordés par de nouveaux tufs microgranulitiques ; ils constituent done un anticlinal, qui est la suite de celui de Lanty, Semelay et qui va disparaître sous les tufs viséens vers Avau (anticlinal n° IV).

L'on ne saurait trop insister sur ce que toute cette protubérance de la Vieille- Montagne représente, en grand, une réapparition des orthophyres tournaisiens de Saint-Seine, Ternant et Savigny Poil-Fol.

Tufs microgranulitiques de Mary et Mont-Charlon. — Les tufs viséens affleurent sur la route de Luzy, 100 m. avant la bifurcation de Mont-Charlon ; ils débutent par des variétés de couleur claire, dans lesquelles les micas hexagonaux sont blondis par décomposition. Ils dessinent au fond du vallon de Mont-Charlon un éperon vers le Nord, pincé entre les quartzites et les brèches de la Vieille- Montagne, à l'Ouest. et les schistes, quartzites et poudingues que nous rencontrerons dans les hauteurs de Buson à l'Est. Cet éperon correspond à un synclinal dont l'axe se relève à Maltaverne, où les tufs disparaissent pour s’abaisser À nouveau au $. E. des Rompas ; une étroite bande de tufs viséens, allant vers le N. E., apparaît en effet en cet endroit, en face de l’éperon de Mont-Charlon.

Formations tournaisiennes du Bois de Buson et de C'hamp-Robert. Calcaire de Champ-Robert. — A ce synclinal, fortement pincé et faillé, comme en témoignent les filons de quartz de Mont-Charlon, succède un anticlinal qui n’est que la réapparition de l’anticlinal n° [il, apres son abaissement sous les tufs des Forges et de Chiddes. 11 est constitué par des lambeaux de schistes psammitiques, par d'abondants poudingues, à galets de quartzite et à ciment noir, et par des quartzites. Vers le Sud, ces poudingues tournaisiens apparaissent près de la Corvée, au milieu des tufs microgranulitiques, et se dirigent N. 45° E. vers le hameau de la Verchère, reposant sur des schistes froissés (N. 459 E., pendage S. E. ; puis N. 170° E., pend. O.); des quartzites métamorphisés leur succèdent vers le Nord.

Sur le chemin de Mont-Charlon à Goutte-Noire et Buson, on trouve d’abord des schistes N. 170°E , pendage $S. O., des quartzites, puis de nouveau des schistes psammitiques froissés (N 20° E. pendage E.) auxquels succède une large bande de poudingues à galets de quartzites, contenant une interealation de schistes N. E., pendage O , avant. Buson. Les deux premières apparitions

schisteuses paraissent former un anticlinal secondaire que longerait vers l'Est un synclinal secondaire, jalonné par la bande de poudingues.

Le ravin de Champ-Robert, au Nord du sommet 531 de Goutte-Noire, entaille transversalement les formations de quartzites et de poudingues tournaisiens et met au jour un calcaire marmoréen, blanc, cristallin, ne contenant aucun fossile, qui apparaît sur la rive droite du ruisseau ; ce calcaire est vraisemblablement dévonien, étant donnés son état cristallin, sa blancheur, sa situation stratigraphique et la rareté des calcaires carbonifères, dans cette région ; ces derniers sont, en général, gris ou noirs et à odeur fétide. Stratigraphiquement, le marbre de Champ-Robert est sous les schistes, quartzites et poudingues du Tournaisien.

Ces schistes et poudingues réapparaissent au hameau des Rompas, puis au moulin de la Ruchette dans une profonde vallée qui coupe transversalement les bandes de terrains paléozoïques ; les poudingues forment, à l'Est du moulin, des escarpements de 15 m. de hauteur (N. 80° E., pendage N. 20°) et s'élèvent sur la rive droite, à 50 m. au-dessus de la rivière (butte 532).

L’axe anticlinal n° HIT, venant du sommet 531 sur Goutte-Noire, est jalonné par le pointement des calcaires dévoniens de Champ-Robert ; il laisse sur sa gauche les poudingues des Rompas et du moulin de la Ruchette pour s’incliner franchement vers l'Est et passer au Creux.

Microgranuliles au N. 0. de Bosel el dans le ravin de la Ruchette. — Si j'ai omis d’altirer l'attention sur les nombreux filons de microgranulite du type ordinaire qui transpercent les formations de la Vieille-Montagne et du bois de Buson, par contre je crois intéressant de signaler l'existence de deux puissantes masses de microgranulite dont l'une se trouve au sommet compris entre Boset et le moulin de la Ruchette, et dont l’autre descend de la forêt de Châtillon dans le fond du vallon, sous le sommet 527 de Chatrefieu. Ces déux masses sont constituées par une microgranulile rose ou rouge, à deux temps bien distincts, contenant, par endroits, de la pinite ; toutes deux passent à des variétés granitoïdes dans lesquelles les deux temps paraissent se confondre en un seul.

Filons de quartz de Mont-Charlon, Champ-Robert et la Ruchetle. — Un très important faisceau de filons de quartz, N.450E., passe à Mont-Charlon, à Champ- Robert et à l'Est de la Ruchette et réapparaît plus au N. E., jalonnant une importante direction de fractures, de l’âge des arkoses triasiques ; aux environs de Champ-Robert, ces filons ont été autrefois exploités à leurs atfleurements comme minières de fer ; ils contenaient de l’hématite et de la barytine ; en profondeur, ils se chargent de pyrite en poches et en imprégnations assez irrégulières ; les schistes décalcifiés des salbandes contiennent du manganèse oxydé, particulièrement recherché. Un filon à l'Est de la Ruchette, exploité en galerie dans le ravin, s’est montré très riche en minerai, mais l'absence de tout chemin de fer rend impossible une exploitation avantageuse.

Les lufs microgranulitiques à Chiddes, Assiard. Buson, Mesles, Le Foudon. — A l'Est de l’anticlinal de Champ-Robert, nous retombons dans une bande de tufs viséens compacts et à contours assez sinueux, dirigée vers le N. E. et percée par

d'assez nombreux filons de microgranulite ; cette bande correspond à un synclinal ; elle est en effet bordée vers l'Est par de nouveaux quartzites tournaisiens. Occupant, au droit de Mirlou, le fond de la vallée sur 1500 m. de largeur, elle monte à 600 m. d'altitude, au sommet de Thouleur, formant une avancée vers l'Est au milieu des quartzites ; elle est encore assez large (2 km.) sur la route de Champ Robert à la Roche-Millay, dans sa traversée de la vallée de Buson; mais elle diminue progressivement de largeur jusqu’à « le Foudon » où elle se réduit à un mince passage qui affleure sur la route de la Roche-Millay au Puits et disparaît dans la butte schisteuse 537 au N. O. des Petitons ; on en trouve un lambeau isolé sur sa direction prolongée vers l'Est, dans le ravin au Nord des Petitons, au pied d’une masse considérable de microgranulite formant le flanc N. O. du Mont-Beuvray.

Quartzites mélamorphisés tournaisiens de Thouleur. Quartziles amphiboliques de La Roche-Millay. — Vers l'Est, À cette bande de tufs viséens succède une bande de quartzites métamorphisés qui constitue la troisième ligne de faîte, rencontrée depuis l'origine de la coupe (486 m., 600 m. Thouleur, 665 m. sur Sorrey). Au N. de Tillot et au S.E. d’Assiard, contre les tufs microgranulitiques, de grands épanchements d’orthophyres vitreux, passant à la microgranulite, par endroits rubanés, percent les quartzites métamorphisés. Au sommet 600 de Thouleur, les quartzites sont blancs, surtout quartzeux, avec peu de feldspaths de métamorphisme. À 300 m. à l’Est de St-Gengoult, ils sont noirs, très feldspathisés et micacés ; leur direction y est N. 10° E. ( pendage E.). Sur le chemin de Millay au château de Rivière, à 50 m. du pont de la Roche (rive gauche, un trou de carrière moutre le contact des quartzites blancs et du granite ; le granite est ici rubéfié; il est très micacé et contient peu de grands cristaux de feldspaths; les quartzites, au contact, présentent des types de métamorphisme par juxtaposition et par superposition. La limite du granite ne suit pas le fond de la vallée de la Roche, mais s’écarte vers l'Est, évitant le sommet 502 sur la Roche-Millay. Vers le Nord, la bande quartziteuse est traversée par de nombreux filons de microgranulite et d'orthophyre passant à la microgranulite, dont les directions sont généralement parallèles à celles de la bande quartziteuse elle-même.

Sur la rive droite de la Roche. en face du pont de la route qui monte à la Roche-Millay, les quartzites sont blancs ou foncés suivant qu’ils ne contiennent que du quartz et des feldspaths ou qu'ils se chargent de mica noir ; leur direction et leur pendage sont rarementapparents; ils semblent être dirigés N. 20°E,., (pend. Est). Le village de la Roche-Millay est pittoresquement assis derrière son château, au sommet d’une terrasse escarpée. bordée de précipices, sur la rive gauche de la vallée de la Roche, au confluent du vallon de Mâchefer ; deux routes y conduisent, venant de la vallée ; celle du Nord passe au hameau d’Autreux, puis longe un escarpement rocheux sous le château, pour aboutir au village par son entrée orientale. Cet escarpement rocheux montre de fort belles variétés de quartzites micacés, tachetés et feldspathisés, avec des alternances de schistes maclifères et micacés ; certains bancs laissent encore entrevoir des traces de

galets quartziteux fondus. La direction et le pendage deviennent très visibles à la bifurcation de la route de Mâchefer (N. 30° E., pendage Est 30 à 400).

A l'Ouest de la butte d’Autreux qui s'élève sur la rive droite du vallon de Mâchefer et qui se compose des mêmes roches métamorphisées, la nouvelle route des Petitons recoupe, en tranchée. une bosse de granite, isolée au milieu des quartzites métamorphisés ; cette apparition du granite au fond de la vallée donne la mesure de la faible épaisseur des terrains métamorphisés qui le recouvrent vers l'Est.

A 300 m. environ de la Roche-Millay, sur le chemin de Millay qui contourne la butte 502, on rencontre bien visible dans le talus de gauche, sous les jardins, un banc, d'environ { m. d'épaisseur, d'un quartzite compacte à grains très fins, presque insaisissables, de couleur claire, gris verdâtre ; le microscope permet d’y déceler de fins cristaux d’amphibole hornblende ; des mouches de pyrite de fer y sont nombreuses. Ces cornes amphiboliques ont une direction N. 55° E. avec pendageS. E. de 300. Leur passage se retrouve aisément sur le chemin de Mâchefer, au-dessous du moulin de ce nom; de l’autre côté du ravin, le granite forme une légère avancée vers l’Ouest dans laquelle les cornes vertes viennent s’enfoncer.

Ce n’est pas la première fois que nous rencontrons des quartzites amphiboliques dans la région; j'en ai déjà signalé près de Luzy; il en existe un petit lambeau dans les quartzites de la Vieille-Montagne, sur la route de Remilly à Charnay. Je n'ai pas besoin de dire qu'il ne faut nullement confondre ces quartzites avec les diorites, diabases et porphyrites amphiboliques, représentatives du Frasnien. Ils peuvent provenir de débris de calcaires plus anciens, englobés dans les quartzites et dans les poudingues tournaisiens et transformés en amphibole par l’action métamorphisante du granite.

Au-dessus de la Roche Millay, vers le Sud, le sommet 502 présente, au milieu de débris de quartzites feldspathisés, des morceaux de véritables porphyrites amphiboliques ; un affleurement de ces porphyrites, en place, existe à la sortie Sud du village vers Vannoise ; d'importants filons de microgranulite traversent cet ensemble : l’un d'eux forme une muraille prolongée au Nord du sommet 502 ; il est dirigé N. 500 E. Un autre plus au Sud, à 500 m. avant Bois-de-Velle, présente une texture grenue qui en fait un terme de passage au granite. La route de Millay, qui contourne à l'Est la butte 502, entre d’ailleurs dans le granite à 500 m. de la Roche-Millay.

En attribuant un âge dévonien aux porphyrites de la Roche-Millay, on est amené à les considérer comme formant l’axe d’un anticlinal versé vers l'Ouest ; ces roches apparaissent, en effet, au milieu de formations quartziteuses qui restent très semblables à elles-mèmes et dans lesquelles les pendages se font uniformément vers l'Est.

L’anticlinal qui passe à la Roche-Millay est la prolongation de l’anticlinal n° IT. Nous avons déjà constaté dans la précédente coupe, au château de la Garde, que des poussées, venant de l'Est, avaient eu pour effet de le coucher vers l'Ouest; le phénomène est encore plus accentué dans la coupe n° X.

Résumé de la coupe n À. — Cette coupe nous a montré :

10 Une grande extension, à l'Ouest, des tufs microgranulitiques viséens, percés par de nombreux filons de microgranulite, parallèles, dans leur ensemble, à la bordure du massif granitique de Luzy, et une subdivision de ces mêmes tufs, vers l'Est, en deux bandes distinctes.

20 Un Tournaisien très dynamométamorphisé et métamorphisé, dans lequel d’abondantes roches d’origine éruptive, orthophyres, brèches, tufs, ponces, ont subi de remarquables épigénies siliceuses, voisinant avec des formations de poudingues et de quartzites, peu schisteuses.

3° Le Famennien et peut être le Frasnien apparaissent hypothétiquement et sous forme de très minces lambeaux de calcaire ou de roches amphiboliques, au cœur des anticlinaux.

Tectoniquement, la coupe se décompose en trois anticlinaux, formant la conünuation de ceux reconnus précédemment (anticl. I, HE, IV); celui de l'Est est versé franchement vers l'Ouest. A l'Ouest de l’anticlinal de l'Ouest (n° IV) apparaît un grand synclinal de tufs viséens, nouveau et qui prend une extension considérable vers le Nord.

Région comprise entre les coupes IX et X. — On se fera rapidement une idée très exacte de la région comprise entre les coupes IX et X en suivant la grande route de Saint-Honoré à Luzy. La seule partie montagneuse et élevée que l’on ait à traverser, se trouve, à l'Ouest, constituée par l’anticlinal de brèches orthophyriques et de quartzites tournaisiens de la Vieille- Montagne.

De suite après le château de la Bussière, à la limite orientale de ces formations, la route entre dans une grande étendue de tufs viséens, peu accidentée et formant région basse, sur lesquels elle reste pendant 6 km. Les carrières pour l’'empierrement y sont nombreuses ; je signalerai celles de Fourchure où la roche est compacte, très pétrosiliceuse, celles à 500 m. au Nord de Villeneuve, à l'Ouest de Chiddes ; en certains points les tufs sont schisteux et leur stratification est conservée (sur la route de Chiddes à Champ-Regnault) Les filons de microgranulite y sont fréquents, mais cependant moins nombreux et moins allongés que dans le synclinal de Saint-Honoré ; un filon de microgranulite, au sommet 362, au S. O. du château de la Bussière, dirigé N° 350 E., est traversé par un filon de lamprophyre N. 170° E.; près de Tillot, à l'Est de Chiddes, la même disposition se retrouve avec des orientations analogues.

Deux directions de filons de quartz sont à noter dans cette région ; au Sud du château de la Bussière, un faisceau, N. 30° Est, forme le prolongement méridional des fractures de Champ-Robert. À l'Ouest de Las. un filon, riche en fluorine verte et violette, est dirigé N.-S. La recherche de fluorine que j'ai signalée sur l'ancienne voie romaine, au Nord du château de la Garde, est exactement sur la prolongation de ce filon.

Après ce long recoupement dans les tufs viséens, la route de Luzy arrive, à Fougères, sur une bande très rétrécie de quartzites métamorphisés, surtout feldspathisés, prenant vers Noiselée l'apparence de gneiss œillé, aussitôt suivis par le granite de Luzy. Cette bande correspond à l’anticlinal n° IT; elle montre

au N. E. de Bousset et au S. E. du Château de-Rivière, des pointements de porphyrites amphiboliques dévoniennes.

Les terrains compris entre Bousset, Champs-Regnault, le Château de-Rivière et la Mare, méritent une attention particulière. En venant de Chiddes, après la traversée du ruisseau de Buson, on trouve, sous des tufs viséens encore stratifiés, une série schisteuse psammitique (N. 70 E , pendage N. O. 30°), puis des schistes arkosiens violets qui ne cessent qu’à l'entrée du hameau de Bousset et sur la route de Millay (au deuxième chemin montant au Château-de-Rivière). A leur base, ces schistes, vraisemblablement tournaisiens, sont maclifères. Au-dessous d'eux apparaissent des porphyrites amphiboliques en escarpements sur les deux rives du ruisseau d’'Emmolot, près de son confluent avec la Roche. J'ai trouvé deux autres pointements de ces porphyrites sur le chemin du Château-de-Rivière à Saint-Gengoult.

Vers l'Est, toutes ces formations sont séparées du granite voisin par des quartzites très métamorphisés.

Cette région, intermédiaire entre les coupes IX et X, apparaît bien comme une région affaissée ; l’anticlinal n°IIT est masqué momentanément ; le n° IL est fort réduit.

Coupe n° XI passant par Montjoux, Dennecy, le moulin de Fragny, le Puits, le Mont-Beuvray, pl. VII. — Partant de l'altitude 250 m. au-dessus du niveau de la mer, sur le ruisseau de Dragne, à FOuest de Montjoux, cette coupe, se dirigeant de l'O. N. O. à l'E. S. E., s’élève progressivement vers les hauts sommets du Morvan, va passer au Mont-Beuvray (810 m.) et aboutir après un parcours d'environ 18 km. dans le massif granitique de Luzy vers le hameau de Montmoret. Elle traverse la vallée de la Dragne dans la partie haute de son cours, au moulin de Fragny.

Deux raisons engageaient a priori au choix de ce tracé, situé à environ 6 km. au Nord du précédent. D'abord, l'apparition au N. 0., vers Montjoux et Corcellé, d’une nouvelle région de granite et de terrains métamorphisés ; ensuite, les profondes entailles qui, dans le massif du Beuvray, ne pouvaient manquer d’apporter des données intéressantes pour la connaissance des anticlinaux de bordure du granite de Luzy.

Faille limite occidentale. Trias-Lias dans les bois de Villaine. — La position de la faille limite occidentale des terrains anciens, à l’origine de la coupe, se trouve nettement indiquée par la présence d'un lambeaw triasique et liasique, affleurant sur les deux rives de la vallée de la Dragne, à l'Ouest des bois de Villaine ; le calcaire à gryphées, qui plonge vers l'Est, occupe le fond de la vallée, buttant contre les formations granitiques qui le dominent brusquement de plus de 50 m. Une deuxième faille existe à l'Ouest du lambeau triasique et liasique, car le calcaire à entroques apparaît au bord de la Dragne à 4 km. au S. O., à une aititude sensiblement inférieure; le revêtement de terrains argilo-sableux rend hypothétique la position de cette deuxième faille ; il s'avance d'ailleurs sur les formations anciennes elles-mêmes, en certains endroits jusqu’à plus de 400 m. à PEst de la position probable de la faille limite ; sur la route de Moulins-Engil-

bert à Montjoux, affleure un filon de microgranulite, au N. E. du sommet 313 des bois de Villaine, au milieu de ce revêtement et à 300 m. des formations anciennes.

Région granitique de Montjoux, Grand-Ry. — Depuis Lavau (à l'Est des Garriaux), les terrains anciens sont constitués par du granite et des roches granitisées. Sur la première édition de la feuille d’Autun et sur la feuille de Château- Chinon, ces terrains portent une notation spéciale 7*, sous laquelle M. Michel- Lévy a compris des granulites à mica noir et des tufs granulitiques, rappelant dans leur ensemble les porphyres granitoïdes de Grüner et qui seraient d’un âge plus récent que le granite; M. Michel-Lévy avait d’ailleurs eu soin de signaler que leurs affinités pétrographiques étaient assez variables. J'ai été conduit à supprimer cette notation spéciale et à rattacher ces roches à des formations connues et différentes suivant leurs affinités dans les différentes régions, Aux environs de Montjoux, elles constituent un véritable granite à grains fins, dans lequel les grands cristaux sont rares et où le quartz a tendance à se rétracter. Il n’y a pas lieu de le distinguer, comme âge, du granite à grands cristaux des environs de Luzy ; nous trouverons alentour la même série de roches métamorphisées que sur les bords du massif de Luzy.

À l’embranchement de la route de Corcelles, sur le chemin de Préporché à Montjoux, un lambeau de schistes micacés et maclifères subsiste encore, mais très réduit ; un autre lambeau lui fait suite vers le N. E., à la sortie de Corcelles vers le point 298.

Fig. 15.— Coupe schématique du moulin des Verdelles à celui des Gouttes (Nord de Montjoux).

c. Tournaisien, quartzites et poudingues métamorphisés, f. d. Famennien ou Frasnien. cornes feldspathisées, amphiboliques et grenatifères, à. porphyrite micacée, n. porphyrite amphibolique, +. granite. Echelle 22.000e.

Mais c’est surtout sur les hauteurs boisées qui dominent Montjoux au N. E. et dans la vallée de la Dragne, avant son coude brusque vers le S. O., que j'ai trouvé les terrains mélamorphisés les plus intéressants. Sur le chemin de Montjoux au Moulin-des-Gouttes, on entre, après la dernière ferme du hameau, dans des cornes vertes amphiboliques qui alternent avec des cornes noires et rosées. les premières simplement feldspathisées et micacées, les secondes grenatifères. Des blocs de porphyrite amphibolique parsèment les champs Poe nants ; leurs grands cristaux d’amphibole sont en relief sur les surfaces LL | Dans la montée sous bois, on croise, un peu avant le col, des quartzites lustrés

jaunes, à cassure brillante, caractéristiques du Tournaisien inférieur, qui paraissent surmonter les formations amphibôliques dévoniennes Un banc à petits galets de quartz s’y intercale. Dans la descente vers le moulin des Gouttes, les roches amphiboliques réapparaissent au-dessous des quartzites du sommet et jusqu’au granite qui occupe le fond de la vallée.

Ch de S'Quentin

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Dens —

DEC NREES

Moulins-Engilbert ve

Fig. 16. — Carrière au S. 0. de Saint-Quentin (rive droite de la Dragne), en plan.

f. d. Famennien ou Frasnien, 1 Cornes feldspathisées, micacées, noires, 2. Cornes très granitisées, à grands cristaux de feldspaths abondants. 3. Cornes amphiboliques, 4 granite, 7, Microgranite, aplite, Kchelle 1.200°.

Un peu plus vers l'Ouest, sur la rive droite de la Dragne, au droit du vallon de Saint Quentin, est ouverteune carrière que l’on voit mal de la route de Moulins- Engilbert à Onlay, car son entrée regarde la rivière ; on y remarque le contact intéressant d’une bosse de granite avec les cornes noires et vertes qui traversent ici la vallée, se dirigeant vers le N. N. E. Au fond de la carrière affleure ce granite à grains fins, peu micacé, entouré par une couche de ! à 2 m. d'une corne très granitisée; au-delà de celte couche, les cornes feldspathisées, micacées et tachetées, laissent encore voir leur stratification ; leur direction est N.-S., avec un pendage très accentué vers l'Est ; elles contiennent quelques intercalations de bancs verts amphiboliques ; mais ce sont ici les cornes noires, feldspathisées et micacées, qui dominent.

De même, sur la descente au moulin des Verdelles qui se trouve dans le granite, les cornes noires apparaissent plus fréquentes, quoique encore entremêlées de cornes vertes.

Plus au Nord, sur la feuille de Château-Chinon, le lambeau métamorphisé se prolonge et prend une plus large ampleur, atteignant 3 à 4 km. de largeur ; au centre se dessine une grande bande N. N.E. de cornes vertes amphiboliques,

avec porphyrites amph'boliques, qui forment le sommet 440 et cessent vers Margodet, à l'Est de Grand-Ry ; deux petites bandes de cornes également amphiboliques lui sont parallèles vers l'Ouest (à l'Est de Saint Quentin et au château de Mourceau) ; les cornes y sont, en outre, très grenatifères. Tout le reste du lambeau, limité par le granite au Nord, vers Grand-Ry et Poiseux, est constitué par des cornes noires, micacées et feldspathisées.

Dans le pare du château de Levault, au milieu du granite à grain fin, réapparaît un lambeau de corne et de porphyrite amphibolique.

Au-dessus de Montjoux, il est aisé de concevoir avec précision la succession stratigraphique des différents niveaux, les quartzites avec galets du Tournaisien étant nettement supérieurs aux cornes vertes dévoniennes et occupant l'axe d’un petit synclinal secondaire, situé au milieu de l’anticlinal que constitue l’ensemble du lambeau. Vers le Nord. entre la Dragne et Grand-Ry, il est plus difficile d'établir les limites exactes entre le Dévonien et le Carbonifère; les cornes amphiboliques, accompagnées de porphyrites, sont vraisemblablement ante-carbonifères; mais les cornes noires, micacées ou feldspathisées, peuvent être famenniennes ou tournaisiennes.

Filons de granulite, microgranulite lamprophyre. — De nombreuses roches éruptives percent les terrains granitiques de Montjoux; la granulite forme d’importantes masses entre le point 298 et Montjoux et sur la rive droite de la Dragne; elle est traversée par un filon N. E. de microgranulite, dans la montée même de Montjoux ; un long filon de celte même roche, provenant du point 387 (le Gauthé) et passant par Lavau, se suit aisément jusqu'à Corcelles: il est un peu sinueux, mais reste dans l’ensemble N. 15° E,.

Enfin, de nombreux filons de porphyrites micacées affleurent au milieu des roches précédentes, les recoupant dans une direction opposée, N. 140 à 150° E. ; ils sont généralement très minces (0 m. 50 à 1 m. de large) et se décomposent en une terre fine, brune, caractéristique. Je signalerai le filon qui perce la microgranulite des Garriaux. le filon de l'entrée $S. O. de Corcelle, celui qui perce la butte 307 à la limite des tufs, au S. E. de Corcelle ; trois filons parallèles et voisins, qui recoupent la microgranulite dans la montée de Montjoux ; une structure grossièrement perlitique provoque, chez ces dernières la décomposition en boules, très caractéristique; ces boules, coupées suivant un plan diamétral, montrent jusqu'au cœur les zones circulaires et concentriques de moindre résistance à la décomposition ; elles ont de 40 à 50 cm. de diamètre et sont tangentes entre elles. Je signalerai encore deux petits filons de lamprophyre qui affleurent au milieu du granite et des cornes amphiboliques, sur le chemin de montée de Montjoux à la ligne de faite, au Nord de 411; enfin celui qui recoupe le filon de microgranulite de Saint-Quentin, sur la route de Moulins Engilbert à Onlay.

Tufs microgranulitiques entre Montjoux et le Mont Préneley. — A ces formations granitisées des environs de Montjoux, qui marquent la naissance d'un anticlinal nouveau, dont nous verrons bientôt l'importance sur la feuille de Château- Chinon (antiel. N° V), succèdent vers l'Est, sur la coupe actuelle, les tufs microgranulitiques viséens. Stratigraphiquement, ils reposent sur les cornes

granitisées, comme en témoigne le pendage de ces dernières vers l'Est (route de Moulins-Engilbert à Onlay). è

AU 3077 SE vers eo vo C où mm vers Véritieons Corcelle Fig. 17. — Les tufs microgranulitiques viséens, au-dessus du granite,

dans la tranchée de la route de Corcelle à Vénitiens (307 m.).

m. tufs microgranulitiques, c. cornes micacées et feldspathisées, }. porphyrite micacée y. granite, Echelle 1.200.

Comment expliquer le contact anormal de ces tufs sur le granite de Monjoux ? Faut-il faire appel à l'hypothèse de failles ou d'étirements ou bien à celle d’un dépôt des produits de projection sur le granite après érosion du Dévonien et du Tournaisien métamorphisés. Cette deuxième hypothèse peut paraître plausible. Le contact, bien visible à 500 m. au S. E. de Corcelle, sur la route de Villars (point 307). montre, en effet, un passage presque insensible des granites arénacés aux tufs décomposés et sableux ; il n’y a là aucune brèche de friction, aucun filon de quartz pouvant faire penser à un charriage ou à une faille ; des bosses de granite apparaissent sous les tufs, au pied du talus, à l’Est du contact, et si une hypothèse différente pouvait être émise avec quelque raison, ce serait plutôt celle d’un contact par montée du granite jusqu'aux tufs et par digestion des terrains sous-jacents; mais nous verrons que rien n'autorise à supposer que la base des tufs a été touchée par le métamorphisme du granite et que, bien au contraire, leur formation semble avoir été postérieure à sa mise en place.

Les tufs microgranulitiques occupent au milieu de cette coupe une surface très considérable: on les traverse, en effet, pendant 11 km.; ils sont percés par de nombreux filons de microgranulite dont la direction moyenne est N. 40° E. Sur la route de Corcelle à Franvache et au Mont Genièvre, on ne rencontre pas moins de 12 filons de microgranulite dont certains sont fort importants el prolongés ; tel, celui des Genêls qui passe à Aché et va jusqu’à Saint-Honoré: tel encore, celui de Villars qui forme le sommet #11 et va disparaître au Sud dé Dennecy. Le Mont Genièvre (638 m.) est constitué lui-même par les tufs microgranulitiques ; un important filon de microgranulite le contourne à l'Ouest, traverse sa ligne de faîte et recoupe la nouvelle route de Mont à Mousseau. Ce filon affecte une direction N. E. plus sensiblement infléchie vers l'Est que les filons des envirous de Saint-Honoré.

En réalité, les filons de microgranulite, apparaissant dans les tufs, suivent, à l'Ouest, une direction voisine de la limite du granite de Montjoux, et à l'Est, voisine de la limite des quartzites tournaisiens.

On jouit, du Mont Genièvre, d’une vue particulièrement belle sur les sommets du Morvan, notamment sur le cirque que constituent, vers le Sud-Ouest, les -

monts Beuvray, Glandure et Préneley, et sur l'ensemble des arêtes montagneuses régulièrement abaissées vers le S.-S. O. que forment les terrains paléozoïques métamorphisés, de bordure du massif granitique de Luzy.

La route de Moulins-Engilbert au Puits, par Villapourçon, qui suit longtemps la rive droite de la Dragne, reste constamment dans les tufs microgranulitiques, recoupés seulement par des filons de microgranulite. À 1 km. à l'Ouest d' Onlay, un puissant filon, qui traverse la vallée vers « le Brion », est constitué par une microgranulite foncée qui diffère, en apparence, des microgranulites claires (jaunes ou rosées) rencontrées Jusqu'ici ; elle contient de très grands phénocristaux d'orthose et du quartz bipyramidé, au milieu d’une pâte noire très fine, composée de feldspaths, de quartz et de mica noir très abondant; le filon au pied de la butte d'Onlay (au moulin d’Onlay) appartient à cette même variété. Immédiatement après lemoulin de Fragny, la route passe à travers un filon de porphyre à quartz globulaire ; un grand filon de microgranulite rose se trouve dans le prolongement de celui du Mont Genièvre, affleure au Bourgbas, à Villapourçon et dans le ravin sous Marceaux ; il est sinueux et contourne le village des Mouilles qui est sur les tufs ; sa direction moyenne est N. 450 E.

Dans la montée du chemin de Villapourçon à Marceaux, après le cimetière, les tufs traversés sont schisteux, violacés, et différents des tufs noirs compacts, pétrosiliceux, de toute la région. Ces tufs schisteux ont peu d’extension ; la butte 560 que l'on aperçoit vers l'Ouest de Marceaux est enaffleurements rocheux de tufs compacts.

Sur la route de Bourgbas au Puits. entre Dragne et Bclle-Fontaine, avant le moulin de Rangère, un filon de microgranulite forme une paroi N.300E., aux extrémités de laquelle il est difficile de distinguer la limite des tufs microgranulitiques ; ces tufs sont très riches en quartz bipyramidé et ont l'air de passer à la microgranulite ; il en est de même sur le chemin de Belle-Fontaine à Château- Chinon qui contourne le flanc N. 0. du Préneley ; la distinction, à l'œil nu, entre tufs et microgranulites y est parfois impossible.

Quelques filons de quartz sont à signaler au milieu des tufs que nous venons de parcourir. Au deuxième chemin d'Onlay, une muraille quartzeuse, N. 600 E., barre obliquement la vallée de la Dragne ; dans la montée de Villapourçon. à 400 m. à l'Ouest de Bourgbas, passe un filon de quartz N. 700 E. qui se retrouve dans les bois, sous le château des Moines.

Poudingues, schistes et grès tournaisiens. Calcaire dévonien du Puits. — Après la traversée de cette grande région, uniformément recouverte de microgranulites et de tufs microgranulitiques, dont l'extension prouve l'ampleur considérable des phénomènes éruptifs à l’époque du Viséen, nous entrons dès le hameau du Puits (point 620 m., au col des routes de Moulins-Engilbert à Autun et à Luzy), dans des formations inférieures. Tandis que les hauteurs boisées qui descendent du Mont Préneley sont encore en tufs (point 732), la tranchée de la route d’Autun, entaillée au pied de ces hauteurs, montre un affleurement de schistes psammitiques, gris, contenant de minces bancs arkosiens, à cassures parallélipipédiques, qui rappellent complètement ceux de la base du Tournaisien,

rencontrés au-dessus des schistes famenniens fossilifères du Moulin-du-Roi, près de Bourbon-Lancy. Les directions et les pendages relevés sont d’abord N. 1350 E., pendage 0.400 ; puis 30 m. plus loin vers l'Est, N. 55° E., pendage S.-E. 30° ; les schistes supportent. au tournant de la route (100 m. plus à l'Est), des poudingues à galets de quartz et de quartzites, caractéristiques du Tournaisien

La route de Luzy, à sa sortie du hameau du Puits, en haut du ravin qui descend au S. E. vers 404 (les Vieilles Maisons), quitte brusquement les schistes et traverse une lentille de calcaire marmoréen, blanc, très cristallin, dirigée N. E., dans laquelle est ouverte une carrière abandonnée. Le marbre est identique à celui de Champ-Robert et apparaît à la base des mêmes terrains; il est vraisemblablement dévonien: il butte au S. 0. contre un filon de microgranulite N. 110° E., au S. E. contre un filon de quartz N. E.

Dans la descente du ravin des Vieilles Maisons, on trouve, de suite derrière ce filon de quartz, des alternances de schistes et de bancs de poudingues tournaisiens à galets de quartz et de quartzites J'ai relevé trois allernances schisteuses avant la vallée principale ; celle du milieu est entremèêlée de bancs gréseux ; les directions sont N. 10 à 20'E. et les pendages presque verticaux vers l'Est pour les deux premières intercalations, vers l'Ouest pour la troisième. Au confluent avec la grande vallée, les poudingues forment des escarpements dans lesquels on relève des parties métamorphisées passant à des cornes feldspathisées. Le fond de la vallée de la Roche, aux Vieilles Maisons, se compose de grandes masses de microgranulite passant à des variétés grenues microgranitiques ; sur la rive gauche apparaît, en leur milieu, un lambeau de véritables tufs viséens. Ainsi se trouve limité vers l'Est l’anticlinal qui apparaît sous forme de schistes et de poudingues tournaisiens et dont l'axe laisse arriver au jour un calcaire dévonien. Cet anticlinal est la prolongation de l’anticlinal n° II, vers le N. E; Les couches, ici très relevées, y ont été soumises à des plissements intenses, et les récurrences schisteuses, au milieu des poudingues, paraissent appartenir à un même niveau, plusieurs fois plissé.

Au Sud du Puits, sur la route de descente vers Luzy, on rencontre, sous le sommet 685, d'abord des poudingues, puis des schistes (N. 500 E., pendage S. E. 45°) et de nouveau des poudingues en grands arrachements de 15 à 20 m. de puissance ; ces derniers supportent les tufs microgranulitiques du Foudon. Aux maisons du Creux, affleurent des schistes psammitiques verdâtres avec quelques bancs gréseux ; leur direction est N. 150 à 200 E , pendage 0.109; ils forment vers le Sud une bande régulière et continue qui traverse le ravin du Creux et remonte à « l’Haut de l'Arche » (618 m.); les directions et les pendages y sont capricieux; dans le ravin, les couches sont dirigées N. 800 E., pendage S 300.

La descente de la nouvelle route des Petitons (route de la Roche-Millay par la rive gauche de la Roche) recoupe des schistes d’abord luffacés, puis psammitiques et très froissés jusqu'au fond de la vallée. Les tufs microgranulitiques du Foudon ne passent pas vers les Petitons ; l'axe synclinal qu'ils représentent se

Mutée or le me # ‘C4 ca :

LES TERRAINS PRIMAIRES DU MORVAN ET DE LA LOIRE sui

relève pour s'abaisser à nouveau aux Vieilles-Maisons (point 404) où nous avons vu qu'il en subsiste un lambeau.

Au N. E. du Puits. on retrouve sur la route d’Autun, avant la bifurcation du chemin de Glux, deux affleurements schisteux (N. 200 E., pendage 0.400). En bas du vallon, sous les maisons du bois de Marry, et sur la remontée du moulin de la Chautte vers 612 et le Puits, les schistes affleurent également ; au moulin de la Chautte il existe un passage de poudingues quartziteux métamorphisés.

Brèches orthophyriques, microgranulites vers l'Echenault et Glux. — Jusqu'alors les terrains qui apparaissent dans cet anticlinal sont restés les mêmes : schistes, poudingues, grès et quartzites tournaisiens ; mais vers l’Echenault, Argentolle et Glux, les formations éruptives prennent une grande extension ; ce sont des microgranulites en grandes masses, percées de filons aplitiques, et des tufs blancs ou flammés, analogues à ceux de la Vieille Montagne. Toutefois, vers les Cléments, entre Anverse et Glux, apparaît encore un lambeau de quartzites et de schistes.

Au col (720 m.) à l'Ouest de Glux, existe une fort belle microgranulite rose, à grands orthoses et à cristaux de pinite abondants. Elle fait partie d’une grande masse de microgranulite, recoupée par le chemin de Glux à l'Echenault et par la route d’Autun; sous le château de Glux, des filons d’aplite granulitique la traversent.

Filons de quartz d'Argentolle. — La ligne de fractures, qui a donné naissance aux filons de quartz de Champ-Robert, passe également au Puits et à Argentolle ; un filon affleure dans le grand ravin à 300 m. en amont du moulin de la Chautte ; vers Argentolle, la vallée et le bourg lui-même sont envahis par des blocs de filons de quartz; on y distingue au moins trois filons (N. 50° E.).

Quartzites el poudinques, cornes el porphyrites amphiboliques du Mont Beuvray. — Nous avons vu apparaître, dans la haute vallée de la Roche, près des Vieilles-Maisons, un lambeau pincé de tuis microgranulitiques viséens, accompagné de grands épanchements de microgranulite, Sur la prolongation vers le N. E. du synclinal de Buson ; l’axe de ce synclinal se relève ; il entre, en effet, dans des formations plus anciennes (tufs orthophyriques tournaisiens) et son tracé hypothétique doit passer quelque part vers Saint-Prix, en longeant à l'Ouest le pied des monts Beuvray et Glandure.

Le chemin de montée des Vieilles-Maisons au premier sommet au N. N. O. du Beuvray traverse une masse considérable de microgranulite (sur ! km. de large); on y rencontre plusieurs variétés de cette roche; à côté de microgranulites roses, riches en quartz bipyramidé, franchement filoniennes, se trouvent des microgranulites à structure granitoïde, se rapprochant des microgranites; près du sommet, affleure un type remarquable, à deux temps extrèmement distincts : le premier, composé de très grands phénocristaux d’orthose et anorthose, légèrement rosés (atteignant 4 cm. de longueur); le second, de microlithes feldspathiques, de mica et de quartz formant une pâte très noire et très fine.

Au premier sommet, à l'Ouest de 754, apparaissent au milieu de cornes

feldspathisées, des poudingues métamorphisés dont les galets de quartzite sont encore distincts (direction N. N. E. et'pendage E.).

C’est là le premier indice de formations tournaisiennes à l'Est du synclinal de Buson, Saint-Prix, et le commencement d’un anticlinal, nouveau sur cette coupe, qui n’est autre que le n° Il prolongé. L'emplacement de l’ancienne cité romaine, dont les ruines sont enterrées au sommet du Beuvray, paraît situé sur des quartzites métamorphisés, entremèêlés de filons de microgranulite ; les roches y sont en débris dans les bruyères et sous les bois ; les affleurements de roches en place sont rares. Au sommet même du Beuvray (810 m.), passe un filon de microgranulite très euritique dont M. de Chaignon m'a signalé le gisement sous la désignation locale de « Pierre de Vivre ». Dans la descente vers les Jours, sur le flanc oriental de la montagne, les bois ne cessent qu’au-dessous de Paltitude de 550 m.; on traverse alors un large filon de microgranulite, puis on entre dans des quartzites métamorphisés, contenant, par endroits, des traces de galets conservés. À 300 m. à l'Ouest du hameau des Jours commence le granite lui-même.

Si du sommet du Beuvray, l’on suit la ligne de faîte vers le Sud, on arrive à environ 500 m. de distance, à un petit sommet, inférieur d'environ 50 m., dont le flanc occidental est en microgranulite, mais dont le flanc oriental montre un affleurement de porphyrite amphibolique à grands eristaux palmés de hornblende. La descente de ce sommet dans le ravin des Jours se fait d’abord sur un enchevétrement de filons de microgranulites et de porphyrites amphiboliques, puis sur des cornes amphiboliques et feldspathisées ; de puissants bancs de poudingues métamorphisés, à galets de quartzites et à pâte quartziteuse, verdâtre, amphibolique, affleurent dans les derniers 300 m. de la descente (direction probable N. 500 E., pendage $. E. 30°). Le granite lui-même est à la base de la forêt, au niveau du hameau des Jours.

En bas du ravin, au Nord du point 498, le ruisseau est rempli de débris, aux surfaces usées et polies par les eaux, de toutes les roches intéressantes qui affleurent dans les pentes orientales et boisées du Beuvray : porphyrites et cornes amphiboliques, quartzites feldspathisés, fort beaux poudingues métamorphisés (micacés et quartzifiés) à galets de quartzites laissés en relief au milieu d’une pâte compacte, usée par les eaux.

Ainsi complétée par l'étude des terrains du petit sommet, la coupe du Beuvray nous apparaît formée par un antichinal, montrant au cœur les porphyrites amphiboliques du Dévonien supérieur, sur les flancs, à l'Ouest et à l'Est, les formations de quartzites et de poudingues dans lesquelles on reconnaîtra le faciès habituel du Tournaisien ; les quelques directions et pendages relevés, laissent supposer que cet anticlinal est légèrement versé vers l'Ouest, toutes ses couches venant s’enfoncer dans le granite.

Vers le S. S. E. cet anticlinal rejoint la coupe précédente, en restant très dissymétrique ; sa retombée vers l'Ouest étant bien plus développée que celle vers JEst, qui est en grande partie digérée par le granite. Il est principalement composé par des quartzites métamorphisés, percés par de nombreux filons de micro-

granulite et de porphyre pétrosiliceux. La route du Foudon à la Roche-Millay et celle des Petitons au même village, sur les deux côtés de la vallée de la Roche, ne montrent pas d’autres formations. Toutefois sur ce dernier chemin, à l'Est des Petitons et à 1 km. au Sud du Moulin-Neuf, les quartzites contiennent encore des traces de galets.

Un filon de quartz, en muraille N. 60° E., mérite d’être signalé à 500 m. en amont du Moulin-Neuf sur la rive droite.

Vers le N. N. E., l’anticlinal suit la ligne de faîte Beuvray-Glandure, en restant fort intéressant. La route d’Autun pénètre après l’Echenault dans des microgranulites qui se prolongent sur 1 km. ; puis, quittant les tufs orthophyriques tournaisiens, elle traverse quelques schistes micacés et arrive au col (622 m.) dans des quartzites métamorphisés, percés par un filon de quartz N. 500 E. Après un petit valonnement que laisse la route sur sa droite, à 100 m. au S. E. du col, j'ai trouvé sous bois un arrachement dans un remarquable poudingue métamorphisé, entremêlé de quelques bancs de schistes cornés et micacés, dirigés N. 550 E., avec pendage E. de 20 à 30°; ce poudingue dont la pâte est quartzeuse et qui contient des galets de quartzites, très métamorphisés, n’apparaissant plus qu’à l'état de taches arrondies plus claires, est de couleur verdâtre dans son ensemble ; il s'est montré, au microscope, très riche en cristaux d'actinote, qui proviennent vraisemblablement du remaniement des éléments calcaires du Dévonien supérieur ; je le rattache lui-même au Tournaisien inférieur : vers le Sud-Est, la route reste dans les formations quartziteuses pendant 1 km., puis arrive au granite.

A l'Ouest du hameau du Reboul, la ligne de faîte du mont Glandure se montre formée par des cornes amphiboliques, probablement dévoniennes, qui constituent encore un point de repère pour le tracé de l’axe anticlinal versle N. E.

Résumé de la coupe no XJ. — Nous n'avons, dans cette coupe, rencontré aucune formation nouvelle et les successions sont restées les mêmes que dans la coupe n° X.

Le Viséen, représenté par des formations éruptives (microgranulites et tufs), recouvre une surface considérable, et ses dépôts tuffacés sont fort épais; ils affleurent en effet, dans des régions où ils sont horizontaux dans l’ensemble, au fond de profondes vallées et sur les sommets qui les dominent (200 à 250 m. de dénivellation).

Le Tournaisien est composé de schistes, arkoses et poudingues, non métamorphisés au Puits, métamorphisés et quartzifiés au Beuvray, avec naissance d’actinote, due au remaniement de calcaires sous-jacents.

Enfin le Famennien et le Frasnien paraissent représentés par des porphyrites amphiboliques et par un calcaire blanc marmoréen. |

Au point de vue tectonique, cette coupe conduit à plusieurs constatations nouvelles et intéressantes. Elle met en évidence la formation au Nord-Ouest (Montjoux) d’un nouvel anticlinal (Ant. n° V), dans lequel réapparaissent les formations amphiboliques qui représentent le Frasnien et peut-être le Famennien dans l’anticlinal no II, à l'Est. Elle montre l’enfoncement de l’anticlinal n° IV sous les

tufs viséens et la continuation des deux anticlinaux n°8 II et III, avec les mêmes particularités que dans la coupe précédente : apparition de calcaire blanc marmoréen dans l’axe du n° IT; de porphyrites amphiboliques dans celui du n° I.

La ligne de fractures, représentée par les faisceaux de filons de quartz de Champ-Robert et Argentolle, passe sur la bordure occidentale de l’anticlinal n° III et y forme des failles avec lèvres occidentales abaissées ; le n° IT est légerement déversé vers l'Ouest, comme il l'était d’ailleurs dans les coupes précédentes.

La limite de l’action métamorphisante du granite coïncide avec la bordure Ouest de l’anticlinal ne II. Une bosse métamorphisée apparaît toutefois dans l’anticlinal no III, à l'Est du Puits.

Région de Saint-Prix et de la Grande-Verrière

Brusque disparition de l’anticlinal Diou, la Roche-Millay, Mont-Beuvray, (n° 17) sous les formations stéphaniennes et permiennes du bassin d’Autun. — En suivant la route de Saint-Prix à Saint-Léger-sous-Beuvray, on trouve, au N. E. du mont Glandure, la suite des formations tournaisiennes de l’anticlinal n° II. Ce sont d’abord, avant la bifurcation du chemin des Chaises, des cornes feldspathisées avec traces de galets ; puis, sur le chemin qui monte à ce hameau, des poudingues à galets de quartz et de quartzites bien conservés, malgré un métamorphisme intense (avec naissance de feldspath et de mica).

Sur la route du fond de la vallée, après la traversée du ruisseau, sous la Croix-Prézin, affleurent des cornes micacées noires, verdâtres par endroits (riches en épidote), avec quelques traces de galets conservés ; une carrière, ouverte dans ces cornes à 100 m. à l'Ouest du contact du granite, montre la direction N. k. des couches et leur pendage S. E.

pee StPrix 1 où

Fig. 18. — Coupe schématique entre la Reinge, Saint-Prix et les Rouets.

im, tufs microgranulitiques, viséens, c. cornes et peudingues métamorphisés, tournaisiens, 0. tufs et brèches orthophyriques, Q. filons de quartz, avec galène argentifère, x. microgranulite, y. granite. Echelle 70.000e (hauteurs amplifiées 2 fois).

Le chemin qui conduit de la Croix-Prézin aux Rouets vers le N. E., reste dans les quartzites et cornes feldspathisées ; à la croisée du chemin de crête, apparaissent des galets conservés. Dans le hameau même des Rouets, affleure une porphyrite amphibolique. Cette roche marque le passage de l’axe anticlinal

n° IT. La butte 483 sur les Vignes est encore en quartzites ; mais là est la limite des formations de quartzites et de poudingues du Tournaisien ; elles disparaissent momentanément, par étranglement entre le granite et les tufs supérieurs.

La montée du vallon entre Chanson et La Reinge, au N. 0. de Saint-Prix, offre de fréquents arrachements dans des roches vert foncé, tuffacées, qui se distinguent des tufs microgranulitiques francs par la rareté des micas hexagonaux et qui rappellent au microscope les tufs orthophyriques de la Vieille-Montagne. Je les crois tournaisiens comme ces derniers. Ils forment la suite de l’anticlinal n° IIT qui s'enfonce rapidement au N.E. pour disparaître bientôt et définitivement sous les tufs viséens que nous allons voir s’étendre jusqu’en bordure du bassin d’Autun. La route de Montcharmont et la rive droite du ruisseau de Vermenot montrent également des affleurements de ces tufs tournaisiens.

Les filons de microgranulite qui traversent les formations précédentes sont abondants, en particulier aux environs immédiats de Saint-Prix ; sous le moulin de ce village, on trouve des variétés granitoïdes se rapprochant des mierogranites. La pinite est fréquente dans les filons qui affleurent au Sud de la butte de Saint-Prix, sur la rive gauche du ruisseau d’Argentolle. Les microgranulites du vallon de la Reinge sont également riches en parties granitoïdes.

Des filons de quartz, alignés sur le faisceau de Champ-Robert, Argentolle, recoupent les formations des environs de Saint-Prix; l’un au fond du vallon de Chanson, à 400 m. à l'Ouest de la Reinge, dirigé N. 30° E., contient de la galène argentifère qui a fait l’objet d’une recherche, maintenant abandonnée. Un filon de quartz blanc traverse la vallée à 300 m. au S. E. du moulin de la Planche, formant une muraille N. 45° E. sur les deux flancs de la vallée ; un autre affleure en débris sur le chemin de Saint-Prix à Argentolle et se retrouve plus au N. E., dans la butte de la Montagne. Enfin je signalerai le filon qui recoupe la ligne de faîte à 600 m. à l'Ouest des Rouets.

Les tufs noirs microgranulitiques, bien reconnaissables, affleurent le long de la route, entre Vermenot et Saint-Prix ; ils passent vers l’Ouest à des variétés grises, très riches en grands feldspaths brisés, contenant une moindre proportion de ciment pétrosiliceux, qui pourraient être prises pour du granite écrasé; sur la première édition de la feuille d’Autun, ces variétés sont indiquées sous la désignation 7? (tufs granulitiques ou granulites à mica noir); on verra bientôt l'extension qu'elles prennent sur la feuille de Château-Chinon et les raisons qui m'ont conduit à les comprendre dans les formations tuffacées viséennes.

Ce sont elles dont est composé l’éperon qui vient affleurer vers le Sud, sur le chemin de Saiont-Prix à Saint-Léger-sous-Beuvray, à la bifurcation du chemin des Chaises. Cet éperon correspond au passage de l’axe synclinal, intermédiaire entre les anticlinaux n°1T et n° HIT.

Les tufs microgranulitiques s'étendent vers l'Ouest au-dessus des formations tournaisiennes et viennent chevaucher sur le granite et la granulite au Nord de Saint-Léger-sous-Beuvray, recouvrant l’axe anticlinal n° IL, abaissé sur environ 3 km., entre le sommet des Vignes et la butte des Eperiaux, à l'Est de la Grande- Verrière. Ils supportent directement les schistes du Stéphanien qui bordent à

l'Ouest le pourtour du bassin d’Autun et dont il existe un affleurement net, riche : en empreintes de plantes, sur la route de Saint-Léger à Monthelon, 400 m. avant la bifurcation du chemin du Mousseau.

De la Grande-Verrière à Senavelle, on traverse d’abord des tufs, puis on rentre sur une bosse de granite et de terrains granitisés, qui constitue une dernière réapparition de l’anticlinal n° IT; le granite y est à grains fins ; il est percé de filons de microgranulites. Avant les premières maisons de Senavelle, affleure un banc de cornes vertes amphiboliques, N. E., bientôt suivi par de nouveaux pointements granitiques. Au-dessus des maisons de Senavelle, un nouveau banc de corne amphibolique, N. 45° E., pendage Est, précède immédiatement un passage de poudingues à galets de quartz et de quartzites métamorphisés tournaisiens ; la ligne de faîte est garnie de cornes micacées et amphiboliques Jjusqu’au château de Bouton; les couches du Stéphanien apparaissent sur le chemin de descente des Eperiaux. On voit que ce lambeau comporte des terrains qui représentent le Tournaisien inférieur et le Dévonien supérieur ; il se relie avec évidence aux formations de l’anticlinal n° IT dont il forme le prolongement.

Résumé de la région de Saint-Prix, la Grande-Verrière. — Au point de vue stratigraphique, un seul fait saillant doit être retenu dans cette région : la transgression nette des tufs viséens sur les formations antérieures, sous une forme analogue à celle que nous avons déjà étudiée aux environs de Montjoux et de Moulins-Engilbert.

Au point de vue tectonique, nous assistons à la disparition de l’anticlinal n° IT, suivi depuis Diou, sous les terrains permo-houillers du bassin d’Autun ; après s’être caché quelque temps sous les tufs, il réapparaît encore à Senavelle; mais cette réapparition est de courte durée, car son axe, qui est E. N. E. depuis le Mont-Beuvray, va butter contre l'extrémité occidentale du bassin d'Autun. L’anticlinal n° IT disparaît par abaissement ; il s’enfonce sous les tufs viséens qui s’étendent vers l'E. N. E. en une aire synclinale importante.

Ainsi, du groupement formé sur le bord du massif granitique de Luzy par lanticlinal Diou, Gilly, la Roche-Millay (n° ID) et par ses trois anticlinaux voisins et secondaires, anticlinal Perrigny, Chalmoux, Luzy (n° I), anticlinal Savigny, bois de Buson (n° II), anticlinal Lanty, Vieille-Montagne (n° IV), il ne subsiste plus aucune trace à 2 km. au N. E. de la Grande-Verrière, au moins sur une très grande distance.

PROLONGATION VERS LE NORD-EST ET VERS L'EST DU FAISCEAU SYNCLINAL DU MORVAN.

Au premier coup d'œil, jeté sur la carte au 320.000 du Morvan central et septentrional, on remarque aisément que les terrains anciens, dévoniens et car-

1 Consulter la carte au 320.000 de la planche VI, les feuilles géologiques au 80.000° de Beaune, Châlons et Château-Chinon et la carte au 40.000° de MM. Michel-Lévy, Delafond et Renault [63].

bonifères, antérieurs à la mise en place du granite, qui formaient des zones continues et homogènes à l'Ouest du massif granitique de Luzy, perdent ce caractère de continuité et ne se rencontrent plus qu’en lambeaux isolés, à contours irrégulièrement déchiquetés, au milieu du granite qui les a disloqués et partiellement digérés. Nous verrons que la constitution de ces lambeaux, de même que leur alignement le long de lignes directrices communes, crée entre eux des liens d'autant plus intéressants qu'ils sont moins apparents de prime abord.

Mais la méthode descriptive par coupes transversales aux plis, adoptée pour la partie S. O. du Morvan, ne peut plus être employée ici avec profit. Je suivrai donc les anticlinaux et les synclinaux dans leur longueur et je décrirai succinctement les lambeaux intéressants, encore conservés au milieu des anticlinaux envahis par le granite. Avant d’entrer dans le détail des nouveaux plis que nous allons étudier, on remarquera que les anticlinaux déjà suivis, N.-S. puis N. N.E., aux environs de Bourbon-Lancy, deviennent franchement N. E. dans le voisinage des hauts sommets du Morvan (Le Glandure, le Préneley, la Brûlée). Le synclinal de tufs microgranulitiques, qui part de Saint-Honoré pour aboutir au Nord d’Arnay-le-Due, est caractéristique à ce point de vue. Plus au Nord, dans le Morvan septentrional, les plis continuent leur mouvement en éventail et finissent par devenir E. N. E. et presque E -0. dans la région gneissique qui sépare le granite de Lormes, Saulieu, de la granulite d’Avallon, Semur.

Nous verrons successivement :

1° La réapparition de l’anticlinal n° II ou de l’un de ses accompagnateurs, du côté oriental du bassin d’Autun.

2° Le synclinal des tufs microgranulitiques de Saint-Honoré, Mont-Préneley, qui se poursuit sans discontinuité sur la bordure Nord du bassin d'Autun.

30 L’anticlinal n° V de Moulins-Engilbert, Château-Chinon, Cussy-en-Morvan, Manlay.

4° Le synclinal des tufs viséens et des microgranulites du Frétoy, Chaumiens, Ménessaire, Bar-le-Régulier, avec ses apparitions de calcaires viséens à Foraminifères et, au Nord, ses pincements anticlinaux secondäires de Ménessaire, de Villiers et de Vianges (anticlinal n° VI).

Je m'arrêterai là dans l’étude détaillée du Morvan septentrional; plus au Nord, il n'existe plus de lambeaux susceptibles d'apporter des données nouvelles à la connaissance du Dévonien et du Carbonifère inférieur. Le synelinal qui s'étend au N.E. du granite de Planchez, se compose uniquement de roches éruptives, microgranulites et porphyres pétrosiliceux (Montreuillon). Au delà, commence une aire anticlinale, comparable comme importance et étendue à celle du massif granitique de Luzy : c’est le massif granitique de Lormes qui se relie vers PEst à la granulite et au granite de Dhun et de Saulieu. Ce massif forme la limite septentrionale du faisceau synclinal du Morvan. L’aire affaissée qui vient ensuite, est exclusivement composée de gneiss (Chastellux-Rouvray) ; elle contient un synclinal qui à été rempli par le Stéphanien de Sincey, littéralement replié comme une feuille de papier et partiellement comblé par des porphyres pétrosi-

liceux ; mais ni moi, niines devanciers n’y avons trouvé trace de Dinantien, soit que le métamorphisme granitique y passe par un maximum, soit que ces terrains aient réellement été balayés par l'érosion.

4° Réapparition de l’anticlinal n° II ou de l’un de ses accompagnateurs (anticlinaux de I à IV) du côté oriental du bassin d’Autun. Lambeau compris entre Epinac et Molinot.

Existence d'un seuil de granite et de terrains primaires à l'Est du bassin. — Le bassin d’Autun est bordé vers l'Est par une ceinture de hauteurs qui le dominent d'environ 200 m. et qui empêchent ses eaux de descendre vers la Saône, toute proche, les forçant à couler par la Drée et l’Arroux vers la Loire, fort loin, et se trouvant ainsi sur la ligne de partage des eaux de la Loire et du Rhône. Avant d'étudier en détail la géologie de la région, on peut prévoir l'existence sous les terrains secondaires, triasiques, liasiques et jurassiques, qui recouvrent ces hauteurs, d’un seuil de terrains primaires formant la muraille résistante qui a forcé les eaux du bassin d’Autun (altitude comprise entre 300 et 320 m.) à couler pendant 80 km. environ, jusqu’à Digoin (221 m.), suivant une pente moyenne de 0,12 0/0, au lieu de n’avoir à parcourir, en passant par Saizy et Nolay, qu'environ 10 km. pour aboutir à la même altitude (215 m.) dans la vallée de la Dheune, avec une pente de 1 0/0. Mais si l’on descend dans le fond des vallées qui vont d’une part vers le bassin d’Autun, d’autre part vers la vallée de la Saône, entamant profondément le revêtement presque horizontal des terrains secondaires, on voit aussitôt que l'hypothèse d’un seuil surélevé de terrains anciens se trouve confirmée. Dans les parties élevées des vallées de la Drée, de la Miette, du Lacanche et de l’Arroux, dont les eaux se rendent dans le bassin d’Autun, le gneiss et le granite du socle, arrasé par la pénéplaine antetriasique, affleurent au bord des cours d’eau et à flanc de coteau, tout le long de ces vallées, dessinant sur la carte géologique le réseau hydrographique de la région. De même, sur le versant plus abrupte de la Saône, les affluents de gauche de la Dheune entament assez profondément la couverture secondaire pour mettre à nu le socle gneissique, du moins dans la partie haute de leur cours ; car plus à l'Est, les nombreuses failles N.-S., en escalier, qui préludent à l’effondrement de la Saône, abaiïssent les couches géologiques plus rapidement que ne s’abaisse la surface du sol vers l'Est ; les couches secondaires affleurent alors seules dans le profil en travers des vallées. Les compartiments, restés les plus élevés du socle ancien, coïncident avec la ligne de faîte actuelle qui, venant du plateau d’Antully (555 m.), passe entre Saisy et Nolay, à 475 m., pour atteindre 563 m. vers Santosse et 573 m. à Mavilly, entre Arnay-le-Duc et Beaune. Les points les plus hauts qu'atteignent les formations anciennes, affleurant au fond des vallées qui descendent de cette ligne de faîte, sont à l'Ouest, 420 à 430 m. pour le bassin de la Drée, 380 à 430 m. pour celui de la Miette, 410 m. pour celui du Lacanche, 410 à 420 m. pour celui de l’Arroux, à l'Est, 400 m, pour

la rivière de Dracy-les-Couches, 400 m. pour le bassin de la Cusanne (gneiss d’Epertully). Le seuil ancien est donc à environ 430 m. d'altitude: il dépasse d'environ 110 m. l’altitude moyenne du bassin d’Autun et domine de 230 à 260 m. la vallée de la Saône ; il supporte un revêtement de terrains secondaires qui varie de 50 à 150 m. d'épaisseur.

Lambeau d'Epinac, Molinot. — La composition géologique exacte du socle ancien, ainsi mis en évidence, ressort assez exactement de l’étude des fonds de vallées de toute cette région ; au N. E. du plateau d’Antully, il est formé par les gneiss granulitiques, prolongement de ceux qui longent, vers Broye et au Nord du Creusot le massif granitique de Luzy ; dans les hautes vallées du Lacanche et de l’Arroux, il est principalement constitué par du granite et de la granulite, sur lesquels reposent au S. O., en bordure du bassin d’Autun, des tufs microgranulitiques ; les tufs de la Selle correspondent avec évidence au synclinal de Saint-Honoré ; quant à ceux qui s’échelonnent d’Igornay à Morgelle et jusqu’à l'Est d’Epinac, on remarquera qu’ils sont séparés des précédents par une puissante traînée granulitique qui borde sur sa rive droite la vallée de l’Arroux, à son débouché dans le bassin d'Autun. Il y a donc la place d’au moins un anticlinal entre les tufs de Saint-Honoré, prolongés, et les tufs d'Epinac qui doivent correspondre plutôt à ceux de Chiddes.

Tous ces axes, synclinaux comme anticlinaux, se relèvent vers l'E. N. E. et font place, vers Arnay-le-Duc et Molinot, à des roches exclusivement granitiques. Au Sud, commence la région gneissique qui s'enfonce comme un coin au milieu du massif granitique de Luzy, bordant la vallée de la Mesvre entre le granite du Creusot et la granulite d’Antully et d’Autun.

C’est entre ces deux régions, l’une principalement granitique, l’autre partiellement gneissique, que la prolongation d’un des anticlinaux [I à IV laisse apparaître les couches paléozoïques dont il me reste à parler. Aussi bien convient-il de remarquer qu’elles reposent sur la prolongation du massif granitique de la région de Luzy.

En suivant la voie ferrée d’Epinac à Dijon par Thorey-sur-Ouche. on quitte après le domaine de Gurié, à l'Est d'Epinac, le pays des grès et poudingues stéphaniens, percé par de nombreux puits de mines qui s’enfoncent jusqu’au faisceau schisteux et charbonneux d'Epinac, et l’on entre dans la bordure montagneuse orientale du bassin d'Autun et d’Epinac. La route et la voie ferrée suivent le fond de la vallée et c’est entre le Petit-Curié et Molinot, sur 3 km. 1/2 de longueur, qu'elles recoupent de l'Ouest à l'Est un lambeau paléozoïque. La vallée se maintient à une altitude de 350 à 365 m. alors que les argiles et les grès triasiques garnissent presque horizontalement le sommet des coteaux, à 430 m. d’altitude ; les terrains anciens occupent ainsi une assez large surface transversalement à la vallée qui est peu encaissée.

A la route du Bois du Rouan et du Grand-Vau, les tufs microgranulitiques apparaissent ; ils sont, ici, très décomposés ; un filon de quartz N. N. O. les traverse à 300 m. à l'Ouest, parallèlement à la bordure du bassin d’Autun. Après la traversée du ruisseau du Grand-Vau, à l’éperon du bois des Coupées, les tufs

sont noir verdâtre, pétrosiliceux et très riches en micas noirs hexagonaux ; un filon de microgranulite les recoupe.

0.8.0 E.NE Passage à nivean. SE de Le Curiè de Jançgvigné Molinot.

Fig. 19. — Coupe de la station du Curié à Molinot.

h. Houiller, poudingue à éléments granitiques d’Epinac, m. tufs microgranulitiques viséens, c. grès arkosiens et poudingues {(ournaisiens, f. schistes micacés et maclifères, famenniens, g. calcaires (gréseux) frasniens ? Q. filons de quartz, x. microgranulite, y, granite. Echelle 5,000° (hauteurs amplifiées 8 fois).

Dans la tranchée du chemin de fer qui précède le passage à niveau de Sansvigné, ces tufs reposent sur des arkoses silicifiées, entremêlées de tufs blancs orthophyriques, genre Vieille-Montagne ; des bancs de poudingues à galets de quartz et de quartzites, métamorphisés par endroits, dirigés N -$. et plongeant vers l'Ouest puis vers l'Est, jouent avec les arkoses. Dans la tranchée de la route, après le passage à niveau de Sansvigné, apparaît sous les arkoses une alternance de schistes micacés et de petits bancs minces de calcaire blanc à grains

de quartz, corné par place et fossilifère ;

0.5.0 E.NE ils sont dirigés N.-$. et ont un pendage rapide vers l'Ouest ; les tiges d’encrines y sont assez abondantes. Mais aucun fossile ne permet d’en déterminer l’âge exact En plaque mince, ces calcaires se montrent cristallins ; ils contiennent des grains de quartz assez abondants; au-

Fig. 20. — Contact des schistes mi- cune trace d'organisme n'y est décelée cacés et feldspathisés et du gra- ar Je grossissement. Ils reposent sur nite à la gare de Molinot (tran- d > So irons à l'hétd chée Nord). es ne micacées noires, ist des-

, JS etro {. Famennien, schistes gréseux très mi- quel ce se retrouvent GLS bancs cacés et feldspathisés, y. granite. arkosiens à galets, entremêlés dans des Echelle 700e. schistes micacés et tachetés. Jusqu'au

granite qui affleure à Molinot, on ne quitte plus ces schistes gréseux micacés et tachetés qui sont en bancs de 10 à 20 cm., légèrement plissés, mais horizontaux dans l’ensemble.

Ces formations calcaires et schiteuses, paraissant inférieures aux poudingues, tufs et quartzites à faciès tournaisien, doivent représenter le Dévonien ; mais aucun fossile ne nous permet de l’affirmer.

Dans la tranchée du chemin de fer, qui précède la gare de Molinot, les schistes micacés et maclifères deviennent feldspathisés et passent à des schistes gneis-

sifiés. À la gare même, on voit dans le talus, au Nord, les couches schisteuses pendre vers l’Est et venir s’enfoncer dans le granite. Près du contact, où la stratification est encore conservée, les schistes deviennent très riches en mica noir et se chargent de feldspaths. Le contact du granite est ici très net ; le granite est d'abord à éléments fins et d’un type microgranitique (à quartz rétracté) (fig. 20).

A côté de ce lambeau ancien de Molinot, je citerai quelques autres apparitions paléozoïques qui s’y rattachent nettement, dans les vallées voisines. Sur la route d'Epinac à Aubigny-la-Ronce, dans la montée à l'Est de Ressille, la carte géologique au 80.000€ indique du Dévonien sous les argiles et les sables triasiques ; je n’y ai trouvé que des tufs microgranulitiques, schisteux et froissés. Entre « la Forèt » et la Vesvre-de-Saizy affleurent, au milieu des gneiss granulitiques, des schistes micacés et maclifères ; de même vers le Nord près de Coëffant.

2° Synclinal de tufs microgranulitiques viséens, St-Honoré, Mont-Préneley, sur la bordure Nord du bassin d’Autun.

Nous avons déjà parcouru les formations tuffacées de ce synclinal entre St-Honoré, Onlay, St-Prix et La Grande-Verrière, dans sa partie comprise sur la feuille au 80.000e d’Autun. Elles se prolongent vers le N. E. sur la feuille de Château-Chinon et couvrent, ici encore, de grandes surfaces, vers la Forêt de Gravelle, au $S. O. et au S. E. de Fachin, vers la forêt de St-Prix, les bois de Folin, la forêt de Glaine et les bois de la Selle ; puis passant sur la rive gauche de la Selle, elles s'étendent en une large zone (d'environ 6 km.), dirigée vers PE. N. E., dans laquelle se trouvent compris la Petite-Verrière, Sommant, Lucenay l’Evêque, Reclesne, Barnay, Sansange, et Voudenay-le-Château ; plus vers l'Est, l’envahissement par les terrains secondaires ne permet de suivre les formations anciennes que dans le fond des vallées ; de même qu'aux environs d'Epinac, la relevée des axes tectoniques fait disparaître le synclinal de tufs microgranulitiques que nous suivons en ce moment : vers l'E. N. E. et aux environs d'Arnay-le-Duc, on voit leur succéder les granites et les granulites de leur soubassement.

La microgranulite, en masses ou en filons, est toujours abondante au milieu des tufs, aux environs de Fachin, de Roussillon, sur la rive droite du Ternin; au S. O. de Lucenay-l'Evêque, au N. de Barnay.

Dans la vaste zone ainsi parcourue, que j'ai teintée sur la carte au 320 000€ uniformément en tufs viséens, se trouvent englobées certaines régions dans lesquelles M. Michel-Lévy avait distingué, en 1881, sur la feuille de Château- Chinon, des roches différentes. La forêt de Gravelle et les bois du Grand-Montarnu y sont indiqués en orthophyres à mica noir dans lesquels il faut voir des variétés de tufs microgranulitiques très pétrosiliceux. La forêt de St-Prix, les bois de Folin, la forêt de Glaine, les bois de la Selle, y sont teintés en granulite à mica noir (?) ; déjà sur la route de St-Prix à St Léger-sôus-Beuvray, j'ai eu

l’occasion de signaler le passage insensible des tufs viséens, à pâte noire, très riches en mica noir, à des variétés où la prédominance des débris de feldspalhs et du quartz bipyramidé donne à la roche une couleur claire et la fait ressembler à de la granulite dynamométamorphisée ; il n’y à pas de raison suffisante au point de vue pétrographique pour séparer ces variétés des tufs viséens proprement dits. La stratigraphie et la tectonique de la région en sont, au contraire, plus facilement expliquées. J’ajouterai que sous cette même dénomination de ÿ, ont été indiquées des roches franchement granitiques, comportant vers Arleuf des variétés de granite schisteux à grains fins et très riches en mica noir, et vers Anost et Cussy-en Morvan, de véritables granites ; la délimitation entre ces formations granitiques et les tufs viséens est souvent très difficile et nécessitera de nouvelles études détaillées pour une seconde édition de la feuille de Château- Chinon.

M. Michel-Lévy s’exprimait ainsi, en 1879, au sujet des variations et de la difficulté de délimitation de cette puissante formation éruptive, notée par lui 7? : « C’est une série qui contiènt principalement des microgranulites à gros grains, « riches en mica noir et parfois en pyroxène, des minettes et des kersantites. « Son apparition coïncide avec la formation de brèches ou de tufs des roches « préexistantes qu’il est souvent difficile de distinguer de la nouvelle roche « éruptive. Nous citerons les roches de Montseaunin comme un type de micro- « granulite à mica noir, en partie brisée et tuffacée ».

Enfin, je signalerai que les roches indiquées comme étant des porphyres pétrosiliceux au N. 0. de Tavernay et de Reclesne ne sont que des tufs microgranulitiques dans lesquels la pâte pétrosiliceuse est particulièrement abondante. M. Delafond les avait toujours considérées comme telles et M. Michel-Lévy s'est rallié à cette opinion sur la carte au 40.000€ du bassin d'Autun. En fait, ces tufs de la Selle et de la Petite-Verrière se montrent, au microscope, extraordinairement pétrosiliceux, assez pauvres en mica noir, et leur composition pétrographique explique les hésitations de mes devanciers.

Lambeaux au sommet 781 (Les Carnés) et à Barnay-Dessus. — Au milieu de ce vaste synclinal de tufs viséens, apparaissent, probablement à la faveur d’un petit anticlinal secondaire, quelques rares lambeaux de terrains antérieurs. Je veux parler du lambeau indiqué sur le sommet 840 entre les Courreaux et les Carnés, au S. E. de Fachin et de celui de Barnay -Dessus.

Le premier, dont l'étendue a été très exagérée, se réduit à quelques affleurements de quartzites blancs et gris, métamorphisés, rappelant ceux de la bordure du massif granitique de Luzy, et très probablement tournaisiens ; ils sont situés sur la ligne de crête et sur le flanc Ouest du sommet 781 à l'Est du hameau des Carnés ; au sommet 840, et dans le vallon boisé qui en descend vers l'Ouest, je n'ai rencontré que des tufs noirs, riches en mica. Il est vrai que le travail de contours est rendu très difficile, parfois presque impossible par l’étendue et la continuité des forêts qui recouvrent d’humus le sous-sol rocheux de ces points culminants du Morvan (forêt de Saint-Prix, La Brülée (902 m.) et bois de Folin).

Le deuxième lambeau, celui de Baruay-Dessus, se compose de schistes micacés dont le faciès banal ne permet aucune assimilation précise. Un épanchement considérable de microgranulite les recouvre au N. O. Les tufs viséens qui les longent au S. E. sont du type riche en feldspaths- brisés, rappelant le granite froissé.

Lambeau de Maizière. - Dans la partie du synclinal de tufs viséens, prolongée vers l’Est, que recouvre le Lias sur la rive droite de la vallée de l’Arroux, il existe encore un lambeau de terrains primaires appartenant au même pli anticlinal secondaire que les deux lambeaux précédents. Il s'étend au S. O. de Maizière, dans la direction de Sansange. Les terrains qui le constituent sont des schistes micacés et tachetés, accompagnés de quelques bancs de grès arkosiens fins

Au voisinage de ce lambeau, jaillit dans la microgranulite et les tufs, une source froide, réputée contre la gravelle et très chargée d’hélium (d’après M. Moureu), auprès de laquelle a été construit un petit établissement balnéaire.

Eruptions contemporaines du Houiller supérieur sur la bordure Nord du bassin d’Autun. — Au contact des tufs viséens et du Stéphanien ou du Permien inférieur, on rencontre sur la bordure Nord du bassin d’Autun, des dômes et des coulées de roches lamprophyriques, remarquablement conservées, contemporaines du Houiller supérieur et recouvertes par les premières couches du Permien inférieur. Je veux parler des pointements des Pelletiers, du Maugun, près Igornay, d’Essertenne, du Buet et de Morgelle.

On remarquera que cette situation sur le fond houiller supérieur ou permien inférieur, authentiquement conservé après les grands plissements hercyniens et le nouvel affaissement synclinal dans lequel se sont déposées les couches détritiques houillères et permiennes, caractérise nettement l'age et le mécanisme de sortie de ces épanchements volcaniques ; ils sont, en tout, comparables à un grand nombre d’éruptions tertiaires. La pénéplaine antétriasique a arrasé ces roches qui se montrent recouvertes horizontalement par les couches triasiques les plus inférieures de la région, qui sont probablement à rapporter au Trias moyen à Myophoria (Munier-Chalmas).

M. Michel-Lévy a déjà complètement décrit ces lamprophyres au point de vue pétrographique et stratigraphique [30, p. 873]. Il m'a paru intéressant de reprendre leur étude, surtout au point de vue chimique (voir Chap. V).

Je rappellerai l'intérêt que présentent ces épanchements au point de vue de l'histoire des filons de roches lamprophyriques, si abondants dans tout le Morvan et dans le Plateau central. Ces filons minces percent en effet les porphyres pétrosiliceux de Montreuillon que M. Michel-Lévy à démontré appartenir à la période houillière; ils ne traversent jamais le Trias ni le Lias. Ils ont donc fait éruption entre le Houiller et le Trias ; l'observation des coulées si conservées des Pelletiers, du Maugun, du Buet et de Morgelle viennent confirmer et préciser cette hypothèse.

Aux Pelletiers, une coulée, recoupée par la route de Lucenay-l'Evêque à Igornay, repose sur une couche sableuse à mica blanc et à lits schisteux, riches en restes de plantes et d'aspect cinéritique, qui appartient, d’après M. Delafond,

[63, p. 50} à l’étagedes schistes bitumineux d'Igornay-Lally (Permien inférieur) ; la base de la coulée est extrêmement vacuolaire et bréchiforme. La colline sur laquelle monte le sentier de la Chaume comporte des variétés compactes qui forment un dôme massif; à la Chaume et dans le vallon voisin au Nord-Ouest, les tufs viséens sont percés par des filons minces (50 cm. à 1 m.) de porphyrites micacées, dirigés vers le N. et le N. O. et qui se rattachent à l'appareil éruptif externe des Pelletiers.

La coulée du Maugun, près Igornay, se trouve dans la même situation stratigraphique. On y remarque le phénomène de la décomposition en boules, fréquent dans les roches lamprophyriques.

Au Buet, près le Grand Molloy et à Morgelles, les coulées reposent non plus sur le Permien inférieur, mais sur le Houiller supérieur (faisceau houiller du Grand Molloy); la montée de Morgelles vers les bois de Varisey (421 m.) est particulièrement intéressante; une carrière est ouverte au fond du vallon, dans un lamprophyre très compact, avec cassures prismées, rappelant celles des orgues basaltiques ; le chemin s’élève d'environ 70 m. dans la coulée qui devient très vacuolaire et supporte à la partie supérieure des grès arkosiens et des marnes triasiques, parfaitement horizontaux.

Ainsi, l’âge minimum des éruptions lamprophyriques se trouve déterminé par les exemples précédents. Il est immédiatement postérieur aux couches permocarbonifères et probablement antérieur au Permien proprement dit, car on n’a Jamais trouvé de tels filons ou épanchements dans les mines d'Igornay, en plein Permien.

3° Anticlinal de Moulins-Engilbert à Manlay (n° V).

Au synclinal de tufs viséens, dont nous venons d’esquisser les lignes principales, succède au N. N. O. une zone granitique anticlinale qui prend en écharpe le haut Morvan; le traversant dans une direction E. N. E. depuis Moulins-Engilbert jusqu’à Manlay et Marcheseuil, en passant par Saint-Léger-du-Fougeret, Château- Chinon, Arleuf, Anost et Cussy-en-Morvan. Cette zone, dans laquelle apparaissent des lambeaux disloqués des terrains paléozoïques, est limitée sur sa bordure septentrionale, d’abord par un PEAR massif purement granitique (granite porphyroïde de Château Chinon), qui s’étend à Sermages, Dommartin et Corancy, puis par un nouveau syncelinal, envahi par les tufs viséens, les microgranulites et les porphyres pétrosiliceux, celui de Frétoy, Ménessaire, Bar. Dans la zone anticlinale, le granite est rarement à grands cristaux ; il est le plus généralement à éléments fins: le quartz y a une tendance marquée à se rétracter ; le type le plus fréquent est celui que l’on recueille sur la route de Château-Chinon à Arleuf; c’est un granite gris, schisteux, avec des bandes plus ou moins foncées suivant leur richesse en mica noir; il pourrait être pris, par endroits, pour un schiste très granitisé, encore incomplètement digéré. Ailleurs (près de Sermages), il passe à des kersantites, traversées de micropegmatites à pyroxène. Cette

inhomogénéité et ces caractères spéciaux expliquent que M. Michel-Lévy ait recouru sur la feuille de Château-Chinon à une notation spéciale (2, granulite à mica noir, kersantite) pour cette formation granitique.

Ü n’y a aucune raison de noter de manière spéciale le granite de la zone que nous étudions ; nous allons voir qu’il s’est mis en place à la même époque que le granite à grands cristaux du massif de Luzy ou que celui situé à l'Ouest de Chàteau-Chinon. La seule conclusion que nous puissions tirer de sa structure spéciale est que c’est un granite très voisin de l’ancienne voûte de contact des formations sédimentaires, métamorphisées, aujourd’hui en grande partie érodées, mais dont il reste encore de nombreux flottements non entièrement digérés; en un mot que c'est un granite de digestion incomplète.

Les lambeaux de terrains anciens répartis dans cette zone granitique, sont rares et très déchiquetés vers l'O. S$. O. ; ils deviennent plus nombreux et plus grands aux environs de Cussy-en-Morvan et finissent par se toucher et par recouvrir tout le granite entre la vallée du Ternin et Manlay.

Les axes des plis se relèvent avec évidence vers l’O. $S. O., ramenant le granite à grands cristaux, porphyroïde, à la place des synclinaux de tufs microgranulitiques et espaçant les lambeaux de schistes paléozoïques dans le granite, dit de digestion. Vers l'E. N. E., au contraire, les axes des lignes tectoniques s’abaissent ; les synclinaux se remplissent de tufs microgranulitiques ; les anticlinaux de granite se chargent de lambeaux plus nombreux et plus importants de schistes paléozoïques qu'ils ont partiellement digérés.

Les lambeaux, que je me propose de décrire, sont, dans leur ordre d'apparition de l'Ouest à l'Est, les suivants :

1° Flottements de Montjoux, Grand-Ry, Sermages ;

2° Flottement de Clinzeau (près de Saint-Léger du Fougeret) ;

3° Flottement de la Comme (N. O. de Fachin);

4o Pointements dioritiques de Château-Chinon, les Chaintres, les Rolins ; 5° Flottement de Vouchot, les Brenets ;

6o Flottement entre Roche-Maçon et la forêt d’Anost ;

70 Flottement de la forêt de Bussy, Sanceray ;

8° Pointements dioritiques de Bussy et d’Anost ;

9° Flottement de Dront, Villebœuf, La Vallée ;

10° Flottement de Cussy, Vignerux, Allye;

{10 Région de Mortaise, les Petits Jours, Visemoux ;

12° Région de Ruisselle, le Guidon, le Lomont ;

13° Réapparitions sous le Secondaire au Passeux et au S. de Suze.

40 Flottements de Montjoux, Grand-Ry, Sermages. — Dans la description de la coupe No XI, j'ai suffisamment indiqué quelles sont les roches constituantes du lambeau qui s'étend entre Montjoux et Grand-Ry, l’âge frasnien des cornes amphiboliques, l’âge soit famennien, soit tournaisien des cornes noires micacées et feldspathisées qui les accompagnent. Je rappelle ici l'importance des affleu-

rements de cornes amphiboliques. A la sortie de Grand-Ry, sur la route de Sermages, j'ai trouvé, au milieu du granite fin, un étroit passage de schistes psammitiques, gris verdâtre, très froissés (dirigés N.-S.avec pendage O. de 80°) qui ne paraissent nullement métamorphisés. Ils contiennent de petits bancs finement arkosiens.

Le lambeau de Sermages est allongé dans le sens N. E. et recoupé dans sa longueur par le Guignon, qui y creuse une profonde vallée. Il est principalement formé par des quartzites clairs, lustrés, passant à des cornes feldspathisées ; en deux points j'ai trouvé ces quartzites adossés à des cornes amphiboliques, sur la route de Moulins-Engilbert à Saint-Léger du Fougeret (à 500 m. de la bifurcation de la route de Sermages) et sur le chemin de la Grande-Montée à la Vaudelle, au $S. E. de Sermages. Les quartzites ont le faciès, déjà maintes fois rencontré, des quartzites du Tournaisien inférieur. è

20 Flottement de Clinzeau. — La route du château de Saint-Léger à Saint- Léger-du-Fougeret s'élève dans un granite gris à grands cristaux d’orthose, plus ou moins froissé par endroits. Un peu avant la bifurcation du chemin de Clinzeau, apparaît une première intercalation schisteuse avec bancs gréseux; mais c’est sur le chemin même de Clinzeau que se développe le lambeau principal; il est formé par des schistes gris psammitiques fins, presque horizontaux, malheureusement sans fossiles. Ces schistes se prolongent sur la bifurcation vers les Michots jusqu’au premier redan où apparaît leur contact avec le granite gris. La zone de terrains métamorphisés est très étroite ; les schistes intacts deviennent brusquement micacés, puis cornés, par silicification et feldspathisation, de grands micas hexagonaux, rappelant ceux des tufs, apparaissent dans les diaclases (micas de fumerolle). La montée de Saint-Léger au sommet 583, au Nord du lambeau, se fait dans le granite gris, traversé par des filons de microgranulites; la couverture boisée rend difficile la recherche des affleurements; pourtant, il semble certain que le lambeau est plus réduit dans cette direction que ne l'indique la feuille de Château Chinon; je n’ai trouvé les premiers débris de formations sédimentaires qu’au sommet même ; ce sont ici des quartzites micacés.

Rien de très intéressant ne ressort donc de l’étude de ce lambeau ; les schistes psammitiques intacts qui y apparaissent conjointement avec quelques quartzites, doivent être rattachés au Famennien ou à la base du Tournaisien.

3° Flottement de la Comme (N. O. de Fachin). — La route de Fachin à Montseaunin contourne, au Sud de la Comme, un sommet (656) dont le flanc septentrional est en granite gris, mais sur les pentes méridionales duquel affleurent des cornes noires micacées fines, avec bancs verdâtres amphiboliques ; au sommet même, un filon de microgranulite N. 1550 E. forme un escarpement ; au S. O., dans le sentier qui rejoint la route des Buteaux, j'ai trouvé des schistes psammitiques, passant à des bancs arkosiens et contenant des traces de plantes que le métamorphisme commençant n'a pas effacées.

Dans les sablières ouvertes sur le chemin des Buteaux, à 50 m. à l'Est de la bifurcalion du chemin de Fachin, apparaissent quelques grands blocs de cornes vertes amphiboliques, reposant sur de la granulite en arène et recouverts par

des débris éboulés de microgranulite. Ce sont là des témoins de couches amphiboliques, en partie démantelés. Le lambeau est plus limité au S. O. que ne l’indique la feuille de Château-Chinon; il est partout entouré par le granite et la granulite, et non par les tufs viséens qui apparaissent à quelque 100 m. au S. E., sur la route des Buteaux.

La présence des schistes gréseux à plantes permet de conclure à l’existence probable du Tournaisien dans ce lambeau de la Comme.

49 Pointements dioritiques de Chäâteau-Chinon, les Chaintres, les Rolins. — Au milieu du granite gris schisteux, on trouve, à l’Est de Château-Chinon, des pointements isolés de diorite et de diabase à grands cristaux de labrador et de hornblende ou d’augite, terme ultime du métamorphisme de niveaux calcaires qui y existaient avant la mise en place du granite. M. Michel-Lévy en indique un sur la descente de Château-Chinon aux Mouilleferts ; deux sur le chemin des Mouilleferts à Arleuf (au Poisson et aux Rolins), enfin un sur la grande route de Château-Chinon à Arleuf, au N. O0. des Chaintres.

50 Flottement de Vouchot, les-Brenets. — Sur la rive droite du profond ravin creusé par le ruisseau du Tauron, affluent de l’Yonne, à l’Est de Château-Chinon, affleure un lambeau de terrains anciens qui s’étagent entre le Vouchot, les

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