DANS LES MALAËTES DU FOIE
Depuis trente ans, le chapitre de la pathologie du Foie s'est enrichi de connaissances et de techniques qui permettent de pénétrer plus avant dans la physio-pathologie de la cellule hépatique et des voies biliaires. Telles sont le tubage duodénal, la cholecysto-
graphie, les examens biochimiques, la ponction-biopsie.
Nous étudierons d'abord les examens chimiques, qui apportent dans le diagnostio.et de pronostic desvaffections:hépatiques des.
moyens d'investigation d'une valeur indiscutée,
L'ir portance de la glande hépatique dans tous les métabolismes de l'organisme humain, et son retentissement dans la composition et l'équilibre des humeurs, sont bien établis. Il est évident que les
maladies du foie ont sur le chimisme sanguin une répercussion irévi-
table.
C'est ce que montre l'étude des tests, dont le nombre augmente sans cesse et montre l'importance qu'attachent aussi bien les
cliniciens que les biologistes à cette méthode d'examen.
L'Ecole française, avec CHAUFFARD, CHABROL, LOEPER, N,. FIESSINGER, JOLTRAIN, a été à la tête de ce mouvement.
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Il est aujourd'hui acquis qu'il ne faut pas se contenter d'un seul test. Certes, l'idéal serait de pouvoir étudier simultanément toutes les fonctions hépatiques, ce qui donnerait cet "instantané hépatique!" complet, d'où l'on retirerait une opinion d'ensemble et d'emblée. Cette réalisation est encore actuellement impossible pour des raisons matérielles, et parce que les tests portant sur certaines fonctions n'ont pas
encore une valeur solidement établie.
C'est pourquoi chaque Ecole adopte un nombre restreint de tests qui leurs sont familiers et dont l'interprétation cadre avec ses concep-
tions.
Nous prendrons comme exemple le syndrôme biochimique adopté par les Professeurs BERNARD et PAGET, de LILLE, qui naturellement peut être dans l'avenir complété ou modifié. L'ensemble des techniques nécessaires
pour l'établir ne demande pas plus de trois heures. Ce tableau comporte :
- la bilirubinémie, dont le taux maxima s'observe dans les ictères par obstacle mécanique, tels que l'hypertrophie de la tête du
Pancréas - le métabolisme des lipides par le cholestérol
- celui des protéides, de façon plus indirecte, par le taux de l'index thymolé (dont la normale est de O à 10), qui augnente dans les
lésions de la cellule hépatique.
- le test de GROSS et le test au Cadmium, qui étudie le potentiel enzymatique du sérum.
Ces derniers tests comportent :
a) le dosage de l'activité phosphatasique, dont la valeur nor-
male oscille habituellement entre deux et quatre unités BODANSKI.
b) l'étude de l'activité pseudo-cholinesthérasique, qui donne
les mêmes renseignements que l'activité procainestérasique.
L'un et l'autre semblent, en effet, imputables à la même estérase.
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TA Le dosage de la bilirubine s'obtient par diazoréaction, selon la technique de l'anneau limite de Chabrol, CHARONNAY et BUSSON. Il est possible de dissocier bilirubine pré et post-hépatique, par ses modalités directes
et indirectes.
Le taux normal, par cette méthode, s'établit au-dessous de 20
milligramnes par litre.
Il est nécessaire d'effectuer le dosage au plus tard dans la } heure qui suit le prélèvement du sang. En effet, l'oxydabilité de la bilirubine est très grande. Les petites bilirubinémies risquent de passer inaperçues ou leur dosage inexact si le dosage n'est pas effectué d2ns ce
délai.
BIT Re cholestérol total est dosé par la méthode de GRIGANT, son taux basal, chez un individu normal soumis à une alimentation normale et équilibrée,
oscille entre 1 gr,50 et 1 gr,80.
3/ L'index thymolé de MAC LAGAN est déterminé selon la technique photométrique de JUSTIN-BESANCON, FAUVERT et BARBIER. Le résultat s'exprime en densité optique, correspondant à la différence entre la lecture pnotométrique du tube à réaction et celle du tube témoin. La technique s'effectue avec l'appareil de VERNES, ou avec tout appareil du groupe des électrophoto-
mètres.
La difficulté surgit lorsqu'il s'agit d'interpréter les chiffres obtenus et de comparer entre elles les diverses unités actuellement proposées. Celle que l'on tend à adopter $emble être la densité optique, qui, pour la commodité de la lecture, sera conventionnellement multipliée par
cent.
Le problème de "l'interconvention des unités! se pose et il faut souhaiter une entente, comme on l'a fait pour les principales hormones, car, dans l'état actuel des choses, l'index thymolé peut, selon l'appareil utilisé, varier de 2,55 à 2,8. À plus forte raison s'il faut comparer ces chiffres avec des unités de "densité optique". Un sérum normal à, dans cette dernière notation un index thymolé inférieur à 10 unités. On doit considérer comme anormaux les indices de densité optique supérieurs à 12
et comme pathologiques ceux qui dépassent 20 unités.
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HANGER et GROSS estiment que ces réactions traduisent une perturbation qualitative et quantitative des protéines du sérum. Le rôle du foie est aujourd'hui incontesté dans la sérum-albuminogénèse tout comme
celui du système réticulo-endothélial dans la formation des globulines.
Une atteinte du parenchyme hépatique entraîne une hypoalbuminurie plasmatique par déficience de production, dont l'importance est fonc-
tion de la diffusion et de la durée de l'insuffisance cellulaire du foie.
L'hyperglobulinémie, globale ou partielle, et ses variations simultanées ou dissociées, traduisent un processus réactionnel expliqué par des mécanismes divers dont l'interprétation appartient au biologiste spécialisé.
L'augmentation des globulines peut porter sur une ou plusieurs des sous-fractions globuliniques. C'est cette augmentation qualitativement et quantitativement variable, qui explique les résultats discordants par-
fois publiés.
C'est en tenant compte des renseignements fournis par ces divers tests, et leurs modalités, qu'on peut essayer de rattacher chacun d'eux à
son facteur de posivité principale.
D'une façon générale on peut considérer qu'à l'origine d'un test de MAC LAGAN positif, il existe, non seulement une production anormale de gamma globulines, mais aussi et surtout, de bêta globulines,
qui entraînent avec elles les lipides nécessaires à la réaction.
De même, un test au Cadmium positif, selon PAGET et WITTER, est la signature d'une production exagérée, soit de fractions alpha
globulines, soit de gamma globulines, soit des deux à la fois.
La posivité du test de HANGER est attribuable à une augmentation des gamma-globulines et à une variation quantitative et qualita-
tive de certaines albumines incapables de jouer leur rôle protecteur.
La réaction de GROSS traduirait le même syndrôme, mais sa sen-
sibilité est moindre.
En résumé, ces quatre tests peuvent, par leur posivité simultanée, ou par leur discordance, nous renseigner utilement sur la nature
du déséquilibre qualitatif et quantitatif des protéines sériques,