THE LONDON HIPPODROME. — DALY'S THEATRE L'OLYMPIA. - LES MUSIC-HALLS
ÏHE LONDON HIPPODROME
L'Hippodrome, construit par l'architecte Frank Matcham, et dirigé par M. H. E. Moss, a été inauguré en 1900. C'est un édifice magnifique, et son aménagement est incomparable. Il réalise à merveille la combinaison du cirque et du théâtre, vainement cherchée àTHippodrome de Paris.
Il est édifié à l'angle formé par Granbourn street et Charing Cross. Triais larges baies, fermées par de massives portes d'acajou, et séparées par des colonnes de granit, y donnent accès. Des pilastres et des colonnes de marbre et de granit ornent la façade. Au sommet de ces colonnes, de puissants fanaux électriques pendent à l'extrémité de lances tenues en main par des personnages vêtus à la romaine. Couronnant l'édifice, au-dessus d'un dôme de fer, un quadrige de bronze est conduit par un
Romain casqué. Et Tensemble sedistingue par une grandeur assez simple.
Dès le vestibule, le luxe éclate. Il se manifeste dans les promenoirs, au foyer, au bar, au salon des dames. Voici des parquets de mosaïque, des murs vêtus de marbres d'Italie, des plafonds sculptés, un large escalier de marbre blanc, des panneaux de peintures choisies dans des cadres sculptés, des tapis épais, et encore et partout des colonnes et des revêtements de marbre poli.
Un large. couloir circulaire enveloppe la salle, et ici s'étale tout ce que l'imagination anglaise peut inventerde luxueux, de confortable et de pratique.
Un rectangle allongé, voilà la salle de l'Hippodrome. Au milieu, s'inscrit une piste circulaire, autour de laquelle montent, sur trois côtés, en épousant sa forme, des rangées de fauteuils, dominées par une succession de loges qui s'ouvrent de plaia-pied sur le couloir extérieur. Au-dessus des loges, deux balcons rectangulaires. Sur l'un des plus petits côtés du rectangle, et l'occupant tout entier, la scène se dresse, fermée par un rideau de velours rouge partagé par le milieu. En face de la scène, et s'enfonçant jusqu'à l'extrémité du rectangle, deux étages de profonds amphithéâtres supportent d'innombrables fauteuils. Le théâtre entier peut recevoir deux mille cinq cents spectateurs.
LES THÉÂTRES ANGLAIS 2tl
La salle est décorée dans le style de la Renaissance flamande. Les balustrades ajourées, les balcons ouvragés, les sculptures, les statues, les panneaux de peinture, les lustres de fer forgé s'y harmonisent dans une débauche d'or éclatant, de colonnes de marbre, de chapiteaux de bronze. Le plafond est ouvert au centre, sur sept mètres carrés environ, et, au-dessus de cette ouverture, on aperçoit une colonnade qui supporte une toiture mobile à coulisses. Les fauteuils de velours sont spacieux. Des tentures drapent toutes les loges et toutes les portes.
Au sommet de Tédifice est établie une chambre de ventilation, de vingt mètres carrés, qui, selon un système entièrement nouveau, attire incessamment l'air extérieur et le projette dans le théâtre, après qu'il a passé, l'hiver, sur des calottes d'eau chaude, Tété sur des conduites d'eau glacée.
Comme celle du Nouveau-Cirque, à Paris, la piste, recouverte d'un tapis-brosse, est constituée par une plate-forme d'acier, portée sur un piston hydraulique, et qui, en s'abaissant, forme le fond d'un bassin qu'une minute suffit à remplir d'eau. Deux couloirs, ménagés en pans coupés, adroite et à gauche de la scène, donnent accès dans la piste : ces couloirs peuvent être aussi immergés, de telle sorte qu'il est possible de
faire entrer, évoluer et défiler des gondoles sous les yeux des spectateurs.
Mais la principale originalité de la construction est dans raménagement de la scène.
La scène a dix mètres d'ouverture et seize mètres de profondeur, et son plancher, qui est d'un seul tenant, est supporté par des solives d'acier qui peuvent à volonté en abaisser le niveau jusqu'^ celui de la piste, de manière à ne" former avec celle-ci qu'un immense plateau, où se déploient à Taise les chasses, les poursuites et les cavalcades. A sa hauteur extrême, qui est de deux mètres, la scène est pareille aux scènes de tous les théâtres, avec l'inclinaison habituelle. Abaissée h des niveaux intermédiaires, elle permet, par sa combinaison avec la piste, transformée ou non en bassin, toiite§ les réalisations possibles de mises en scène, pour les spectacles les plus divers.
Telle est, brièvement résumée, la disposition de l'Hippodrome. Elle réalise le type du théâtrecirque. La réunion, dans un même édifice, d'une piste et d'une scène constitue un problème qui, à notre connaissance, n'avait pas encore été résolu : dans un cirque, les places sont disposées circulairement autour de l'arène ; dans un théâtre, elles sont tournées face à la scène. Ce problème l'est aujourd'hui. Par rhabileté de ses plans, l'architecte de l'Hippodrome de Londres a construit un théâtre-
cirque où tous les spectateurs sont également bien placés pour apercevoir le spectacle de la scène et celui de la piste. Un directeur intelligent, M. Moss, sait y organiser des divertissements infiniment variés. Etonnez-vous, après cela, qu'avec ses deux représentations quotidiennes THippodrome soit devenu, dès son ouverture, l'un des théâtres les plus prospères de Londres !