‹ Les théatres anglaisChapitre 26 sur 44 · LES MUSIC-HALLS · texte numérisé non relu

LES MUSIC-HALLS

Il y en a plusieurs : l'Alhambra, l'Empire, le Palace, le London Pavilion, pour ne citer que les principaux, presque tous d'une superbe magnificence et d'un goût parfait. Les nôtres les ont copiés, mais sans faire oublier les originaux.

Nous n'avons pas à parler des spectacles qui y sont offerts au public : des chansons, des scènes d'imitation, de ventriloquie, d'équilibrisme ou d'escamotage, des exercices de force ou de voltige, des ballels, etc.. La mise en scène de ces ballets est toujours somptueuse et, jusqu'à ce jour, inégalée h Paris. De la machinerie, rien à dire. Mais la décoration de leurs édifices est grandiose.

L'Alhambra, l'Empire, le Palace sont comme des palais de féerie, où la salle elle-même ne serait qu'un resplendissant décor, disposé pour le plaisir et l'agrément des yeux.

L'Alhambra est tout vêtu de vieil or, le Palace est barde de marbre veiné, l'Empire chatoie dans les

étoffes légères. Tout y est élégant, joli, solide, puissant. Les splendeurs des ballets qui se développent sur la scène y semblent des choses attendues et escomptées, elles s'identifient avec les merveilles de la salle, elles en émanent, elles les prolongent, elles leur deviennent pareilles. Le spectacle est complet, le plaisir parfait. Le rideau de velours qui tombe sur l'apothéose finale ne marque nul arrêt, ne crée nulle dissonance; les mains retrouvent près d'elles ce que les yeux viennent de quitter: le spectacle est ici des deux côtés de la rampe, car les acteurs, tandis que nos regards les accompagnent dans leurs palais de toile peinte, voient devant eux un parterre de gorges nues dans un palais d'or vrai.

Cherchez à Paris, dans nos salles de concerts : les gorges n'y manquent pas, même trop nues:

mais oii sont les palais d'or vrai?

Bornons ici cette revue des théâtres de Londres.

A quoi bon aller à TAdelphi, ou à l'Apollo, ou au Saint-James's, où joue ce parfait comédien qu'est M. George Alexander, ou au Criterion.

théâtre tout en cave, comme jadis l'Athénée du « père » Montrouge, ou encore au Shaftesbury, ou au Savoy, ou au Terry's, ou au Comedy, théâtres du second ordre?...

Dès à présent, les faits probants ou simplement caractéristiques sont notés. Nous ne pensons pas en avoir omis qui soient de quelque importance.

Voilà donc ce que sont les théâtres de Londres. Ils constituent, dans leur ensemble, une contribution précieuse. Mais aucun d'eux n'est parfait, et pourtant il en est qui sont construits d'hier. C'est l'occasion de nous demander ce que pourrait ôtre ce théâtre idéal que nous n'y avons point rencontré.

Page 1