PRÉFACE VII
appris — et avec quelle sûreté! — bien des choses de technique, elles m'ont encore et surtout imprégné de cet enthousiasme de perfection que, seul de tous les architectes que j'aie connus et que je connaisse, il était capable d'inspirer à de jeunes hommes.
Quand l'Angleterre est si longtemps restée en arrière, quand la France en a fait autant, il ne faut pas, je le répète, chercher d'autre artisan, direct ou indirect, du progrès réalisé ou à venir, que ce grand Français qui s'appelait Charles Garnîer, de qui tous les architectes du monde, tous les directeurs de théâtre et tous les ingénieurs de la scène restent si grandement les obligés.
En lisant le livre de M. Georges Bourdon, j'ai trouvé beaucoup de points sur lesquels je suis entièrement d'accord avec lui; mais il va de soi qu'il en est d'autres où nous différons d'avis. Et, tout émerveillé que je sois de la précision avec laquelle il a, le plus souvent, su dégager les grandes lignes de son sujet, certains points de détail, comme il fallait s'y attendre dans un ouvrage aussi vaste et complet, n'ont pas également entraîné mon adhésion.
VllI PRÉFACE
j'ai eu un instant la pensée d'entrer en discussion avec M. Georges Bourdon et même de lui suggérer mes façons de voir; mais, réflexion faUe, je crois préférable pour le lecteur que ce livre soit imprimé sans intervention de ma part. M. Georges Bourdon nous dit clairement ce qu'il a vu et retenu, et il est en vérité d'un plus grand profit, pour son pays aussi bien que pour le mien, que cette histoire du théâtre iinglRÎs se présente comme Texposé des vues et des impressions vraiment personnelles d'un Fr-ançais d'autorité, que si elle apparaissait t'omme le résultat d'une collaboration avec moi ou n'importe quel autre de mes compatriotes.
Il e^t, par exemple, flatteur pour moi de voir Fauleur citer mon œuvre personnelle en termes sympathiques ; mais, en fait, il m'est impossible de siuictionner ses paroles, si courtoises, pas plus en ce qui concerne la valeur qu'il attribue à mon influence, qu'en ce qui regarde les services que j'aurais, selon lui, rendus à l'art du théâtre.
Il y a un aspect du livre de M. Georges lîouidon que le lecteur doit, a mon avis, considtjrer avec le plus grand soin, et sur lequel je dois attirer l'attention du public. En étudiant