‹ Les theatres de ParisChapitre 12 sur 13 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

L'EMPLACEME^iT DES DÉLASSEMENTS-COMIQUES AU BOULEVARD DU TEMPLE. ~ HISTORIQUE DU THÉÂTRE DES ASSOCIÉS. — U'"^^ SAQUI. — LE THÉÂTRE DU TEMPLE.

Là où, en 1841, fut édifié le thécitre des Délassements, s'élevait depuis 1770 environ, une salle de spectacle dont voici l'origine.

Parmi les artistes en plein vetit qui firent la fortune et la réputation du Boulevard du Temple, il y avait un bateleur surnommé le Grimacier. Perché sur une chaise, il exprimait, grâce à une physionomie des plus mobiles et des plus grotesques, toutes les sensations que l'homme peut éprouver, la peur, la colère, le plaisir, etc. Sa dernière grimace était invariablement la même : il prenait une figure triste et suppliante, et le public, touché, ému, s'empressait de remplir l'escarcelle du Gri* macier.

Quand sa réputation en pleint vent fut bien établie, il fit construire une baraque en bois, et, au lieu de tendre la main en plein air, il engagea le bon public à prendre des billets au bureau.

La spéculation réussit ; le Grimacier céda sa baraque à un entrepreneur de marionnettes, en imposant comme condition qu'il resterait grimacier en chef et sans partage et qu'il paraîtrait dans les entr'actes.

La baraque s'appela désormais le Théâtre des Associés.

En remontant à l'origine des théâtres du boulevard, on trouve que presque tous ont commencé par des marionnettes pour les remplacer petit à petit par des comédiens €71 personnes naturelles, comme annonçaient les crieurs placés autrefois à la porte des théâtres.

En 1774, les marionnettes, le Grimacier et la baraque en bois avaient disparu, et

une salle était construite sur remplacement où se trouvait hier encore le théâtre des Délassements-Comiques.

Les débuts ne furent pas exempts de vicissitudes. Il paraît mémo qu'on interdit le spectacle, que le Théâtre des Associés fut renvoyé du boulevard du Temple, car une autorisation du lieutenant de police, M. Lenoir, autorisa les Associés à y revenir en 1778.

Dans leur pièce d'ouverture, les corné-

diens chantèrent les louangesdeM. Lenoir; les couplets sont détestables, mais ils sont curieux comme naïveté et comme exemple de palinodie.

Les voici :

La foire personnifiée.

je revois la clarté du jour,

Et mon cœur se rouvre à l'amour.

Affreuse léthargie 1

Je brave ton pouvoir ;

Ne crois pas que j'oublie

Lenoiri.. vive Lenoir /..i

Mondor,

Thémis protège nos essais ; Amis, soyons sûrs du succès j Nanteuil (1) daigne y sourire.

Pour nous quel doux espoir !

Ne cessons de redire :

Vive, vive Lenoir!,..

tin charbonnier.

Le feu qui nous brûle en ce jour Vaut mieux que c'ti là de l'amour.

(1) Ce Nanteuil était le gendre de M. Linuir;

si la reconnaissance

Devient net' premier d'ycir.

Le cœur fait dir' d'avance :

Vive, vive Lenoir

' Première joissardc.

Les rubans que j'aimons le mieux,

Pourntjus parer sont d' rubans bleus;

Si Jérôm' veut me plaire,

Si Jérôm' veut m'avoir,

Je voulons qu'il préfère

Les noirs... vive Lenoirî,,,

Deuxième joissarde.

Je n'oublirons jamais qu' c'est ly Qui nous a fait r'venir ici :

l/poi'trait (l'sa ressemblance, dieux nous jVoulons l'avoir, j'ons dans l'cœur sa i)résencc ; Vive, vive Lenoir!..,

Comme vous le voyez, ces couplets ne sont pas de première force. Ils devraient nous rendre un peu plus indulgents envers ceux de nos Clairville contemporains.

En même temps que le Théâtre des Associés expulsait les comédiens de bois et les remplaçait par des comédiens en personnes naturelles, le sieur Beauvisage, directeur, obtenait l'autorisation de donner des pièces du répertoire du Théâtre-Français, mais à condition qu'il en changerait les titres et qu'il les ferait précéder d'une représentation de marionettes.

Ainsi, au boulevard du Temple , Zaïre était devenue ;

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