LE CURÉ
Votre frère I...
Quiconque est citoyen et sert bien sa patrie De tout temps fut Tami de la divinité. »
Et, dans la même pièce, il ose lever la tête devant un évêque et dire son fait à ce riche égoïste, qui « dans un pauvre ne veut pas voir un frère ». Ces pièces sont de 1791. Un peu plus tard, en 1793, dans Au retour^ voici le curé qui se marie.
« Désormais le presbytère, Séjour de la liberté, Par un froid célibataire Ne sera plus habité.
Not* curé vivra chez lui, Et sans dîmer sur autrui, Il aura sa femme à lui.
Sa femme à lui.
Sans Tsecours de la soutane, Et comm* nous coiffé, vêtu, Y remettra celui qui sdamne Dans Ichemin de la vertu.
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levards auraient peine à égaler leurs grands rivaux ; et, de fait, trois seulement s'y appliquent et y réussissent : le Théâtre Molière, devenu en 1793 le Théâtre des Sans-Culottes, et qui s'efforce de mériter la subvention de trente mille livres que lui fait le gouvernement ; le Palais-Variétés, désormais Cité- Variétés, parce que le mot Palais (qui n'était cependant que le Palais de Justice) aurait pu blesser des oreilles républicaines, et les Variétés Amusantes, où, lorsqu'on nattaque pas « la calotte », on fait l'apothéose de Marat dans des pièces à grand spectacle suivies de sa pompe, funèbre (1) Les autres théâtres se montrent plus modérés. L'Ambigu-Comique reste surtout fidèle aux pantomimes et à Arlequin (2), et donne volontiers des opéras italiens ; les Associés, maintenant Théâtre-Patriotique, reprennent les unes après les autres toutes les grandes tragédies classiques ou jouent des opéras champêtres, C/orwefZ/Z/cas par exemple ; et quelquesuns s'étonnent que (.( lorsque la trompette guerrière et le bruit des armes frappent perpétuellement l'oreille, on puisse entendre le doux murmure des
(1) Pièces de cette époque : l'Ami du peuple, les Brigands de la Vendée, A bas la calotte^ la Liberté des Nègres, le Despotisme et la Liberté.
(2) « L'Ambigu-Comique est resté constamment attaché aux principes de sa première institution, et en a toujours conservé l'esprit. Toujours scrupuleux dans le choix de leurs pièces, on n'a jamais vu les artistes sociétaires de ce théâtre se traîner pesamment sur la scène et singer ridiculement les grands maîtres dans l'art dramatique, faire hurler le monstrueux drame, et défigurer les beaux vers de Corneille, Racine et Voltaire. » Etrennes dramatiques,
sliques (1) ». Quant au Vaudeville, il est plus 3. Depuis la bruyante représentation de VAii' noment, depuis surtout que dans, la Chaste )uée pendant le procès de Marie- Antoinette, cette phrase dangereuse : vous êtes ses accuus ne pouvez être ses juges, il est souvent lar les républicains farouches comme un ►ntre révolution. « On affecte, dit à la tri- Lssemblée législative le député Larivière, à ce théâtre des pièces où respire Tinciemble que les acteurs ne peuvent se relever ement où ils étaient tombés, et qu'ils sont de sentir la dignité de l'homme. »
m qui reste en dehors de tous ces débats, )yen Nicolet, dont le moindre souci est de 1 matière politique tout au moins, sa fameuse plus en plus fort. En 1790, on disait déjà itre, qu'il était « d'un genre tout à fait étranres ». On peut le dire encore mieux en 1793, vement continué à se singulariser. Du haut ade, entouré de ses danseurs, acrobates et l'héritier des anciens forains, le vieux roi irds, assiste avec une impassibilité souriante stations républicaines de ses confrères. Tel, lien écoutant, sans même remuer la queue ni eux, une meute de roquets qui jappent après s. Sur les programmes des Grands Danhercherait vainement, au cours de l'année
des Sjyectaclesy 21 octobre 1793.
1793, une seule pièce de circonstance, politique ou religieuse. Il semble bien qu'on puisse citer le Départ des patriotes pour les frontières ; mais le titre est bien trompeur, et plus que maigre la pâture ofiferte à l'héroïsme militaire. C'est tout simplement la drolatique histoire de Pierrot qui, dispensé du service par son âge, est pourchassé par toutes les femmes du village en quête d'un époux. Nicolet ne manifeste son patriotisme que par des représentations, généreusement multipliées, « au profit des épouses, mères et enfants des braves citoyens partis pour les frontières. » Quelle différence entre ses affiches et celles de ses voisins ! Ce qui. continue, comme au temps jadis, à attirer la foule chez lui, ce sont les danses de corde, les sauts périlleux, les tours de magie, les pantomimes ; ce sont aussi les farces de l'ancienne foire, la Chercheuse cC esprit, les Battus ne payent pas toujours l amende, la Vénus pèlerine, la Rose et le Bouton ; ce sont enfin, quelquefois des tragédies de Corneille, Racine et Voltaire (1), souvent, « à la demande générale », comme disent les affiches, des comédies de Molière et de Marivaux. Nulle part le rire n'est plus pacifique que chez Nicolet. Et c'est pour cela sans doute qu'à l'heure où ses confrères donnaient à leurs salles de nouveaux noms
(1) « Nicolet, depuis qu'il a changé le nom trop aristocrate de son spectacle en celui de Théâtre de la Gaîté^ pour être conséquent à son titre voulut aussi jouer la tragédie. Phèdre et Sémiramis parurent sur ses ti'éteaux, bien étonnés de les voir, mais au grand contentement du faubourg Saint-Antoine^ des Porcherons et de la Courtille. » Censeur dramatique.