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Ces substances qui, introduites dans le sang, modifient d’une façon spécifique chaque catégorie de cellules de l'organisme, doivent exercer également leur action sur les cellules sexuelles. Pourquoi, en effet, feraient-elles seules exception à la règle générale? Mais si l’œuf contient, comme nous l’avons supposé, certaines substances qui se retrouvent dans d’autres cellules de l’organisme, äl séra influencé par les mêmes agents que ces dernières. Ceux qui auront une action excitante et favoriseront le développement de certains organes, en y déterminant la formation d’une certaine subsitance en plus grande abondance, augmenteront aussi la quantité de cette substance dans l’œuf, et, par conséquent, dans l’organisme auquel ce dernier donnera naissance, et qui, de ce fait, aura l’organe correspondant plus développé. L’inverse aura lieu avec une substance produisant la diminution, la déchéance de tel ou tel organe ou tissu.
Cette hypothèse générale, ou plutôt cette interprétation des faits observés, permet d’admettre la possibilité de la transmission des caractères acquis, et en même temps de comprendre la grande variété des cas que l’observation et l’expérimentation nous offrent à cet égard. Certains caractères acquis peuvent être transmis : ce sont ceux qui correspondent à une substance pré- ‘sente non seulement dans lorgane considéré, mais également dans l’œuf. Il n’est pas nécessaire que ce soient des caractères très importants, saillants ou indispensables à la vie de l’organisme déve-
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loppé : il suffit qu’ils soient sous la dépendance de substances qui lui sont communes avec l'œuf.
D'autres, tout aussi importants peut-être, mais |
déterminés par des substances qui n’existent pas dans l’œuf et ne se développent qu’au cours de l’ontogénèse, ne seront pas transmie. Il en sera de même des modifications qui, tout en étant très marquées, n’amènent pas de changements qualitatifs dans la constitution du sang. Cela explique les résultats contradictoires des différentes expériences, suivant qu’ on aura affaire à une modification somatique de telle ou telle catégorie.
Il est très naturel, par exemple, que les mutilations, lorsqu'il s’agit d'organes formés de tissus qui se retrouvent ailleurs dans l’organisme {queues coupées, membres amputés, etc.) ne soient pas héréditaires, aucun changement qualitatif dans le sang ne les accompagnant. Il peut en être autrement lorsqu'on extirpe un organe qui renferme la totalité d’un tissu donné. On prive alors l’organisme de la substance caractéristique de ce tissu et les produits sexuels seront, au moment de leur formation, privés de la source où ils puisaient cette substance. Elle se trouvera donc, en eux, absente ou tout au moins en quantité inférieure. Et lorsque l’œuf se développera, les organes dont cette substance est caractéristique se trouveront à l’état de déchéance dans le produit.
On peut appliquer le même raisonnement aux modifications dues à l’usage ou au non-usage des organes, ainsi qu’à l’hérédité de certaines consé-
quences de maladies, de celles qui fratielt,
pour un temps plus ou moins long, la constitution
du protoplasma cellulaire. Telle est, par exemple, la transmission de l’immunité : les substances immunisantes agissant sur certains constituants chimiques des différentes cellules de lorganisme
et sur les substances correspondantes de l'œuf
qui, dans l’organisme futur, entraineront Je même caractère d'immunité.
Voyons maintenant les caractères acquis sous l'influence des conditions de vie. Parmi ces dernières, l'alimentation est une des plus importantes. Ici notre explication du mécanisme de la transmission paraît s’appliquer tout naturellement, car action de l'alimentation sur la constitution du sang est incontestable. Par l'intermédiaire du sang, les substances alimentaires agissent sur les œ cellules sexuelles et sur les substances qu’elles | renferment et qui deviendront, lors du dévelop-
pement, celles de l’organisme futur.
Telle est, en somme, la façon dont il est possible de comprendre sinon le mécanisme par lequel les cellules somatiques agissent sur les cellules germinales, du moins celui par lequel les unes et les autres sont influencées simultanément et corrélativement par certains agents extérieurs.
Cette conception, avec la place prépondérante qu’elle accorde aux modifications d'ordre chimique, se trouve corroborée par des recherches d'ordre spécial. Tous les travaux récents sur les antitoxines et les anticorps et toutes les théories
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