CHAPITRE XV
Le Lamarckisme.
Les darwiniens et les lamarckiens. — L'idée essentielle du lamarckisme. — Lamarck et la Philosophie zoologique. — Le mode d'existence et les habitudes des animaux. — Les deux grandes lois de Lamarck. — La tendance lamarckienne actuelle, ses traits essentiels, l'attitude des lamarckiens dans les grandes questions biologiques. — Les progrès de la tendance.
Nous avons vu que le transformisme et le darwinisme sont deux idées qui ne se confondent pas et que la seconde n’est en somme qu’une des parties, üne des formes, la plus connue peut-être, de la première, celle qui a seule triomphé pendant presque un demi-siècle. Mais deux grands courants se manifestent dans la philosophie évolutionniste appliquée aux sciences naturelles : le darwinisme (ou plutôt le néo-darwinisme) et le néo-lamarckisme, dont les conceptions, avec, bien entendu, toutes les modifications apportées par le progrès de nos connaissances, se rattachent au nom de Lamarck. Toutes les autres théories et interpréta-
tions proposées se groupent autour de ces deux
pôles de la pensée naturaliste, se rapprochant de
| HN A | LE LAMARCRISME
Jun ou de l’autre. Toutefois, il est à remarquer que les appellations de « darwiniens » et « lamarckiens » ne doivent pas être prises au sens strict : les darwiniens ne sont pas seuls à utiliser les conceptions de Darwin, tous les transformistes, les lamarckiens y compris, faisant de même dans une certaine mesure; d'autre part, Darwin invoque souvent dans ses ouvrages des interprétations lamarckiennes. Les néo-lamarckiens, de leur côté, ne se rapprochent de Lamarck que par certaines tendances générales et non par le détail des idées, en raison du progrès des connaissances accompli depuis la mort du fondateur du transformisme.
En somme, comme nous l'avons vu au cours de la discussion des théories sélectionnistes, ce qui distingue les néo-darwiniens, c’est la tendance à mettre au premier plan les variations innées, les modifications prédéterminées dans le germe et dues
au hasard, avec, comme facteur presque exclusif
de l’évolution, la lutte pour l’existence entre individus de la même espèce et entre espèces voisines et la sélection naturelle qui s’en suit. Le néo-darwinisme a trouvé son expression la plus complète dans les théories de Weismann, dont les adeptes sont nombreux et représentent toute une école
groupée autour d’un ensemble de conceptions har-
moniques, concernant la structure même de la matière vivante, l’ontogénèse, l’hérédité, l’évolution des espèces, etc. Plus haut, en parlant des différentes théories de lhérédité, nous avons exposé ce système en entier. De même, l’idée cen-
nel 78
CT