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trale de ce système, le sélectionnisme exclusif, a été discutée dans un des précédents chapitres. Nous n’y reviendrons donc pas.
Il est beaucoup moins aisé d'exposer le lamarckisme. L'œuvre de Lamarck est trop éloignée de nous et ne renferme que les traits généraux du : lamarckisme actuel : les acquisitions modernes lui ont trop ajouté pour que, dans sa forme primitive, elle puisse fournir une profession de foi à la doctrine.
La Philosophie zoologique, œuvre capitale de Lamarck, nous présente les raisonnements sous | une forme trop vague et trop schématique pour * nos exigences actuelles. N’en est-il pas ainsi toujours, d’ailleurs, lorsqu'une nouvelle idée est formulée pour la première fois? Elle ne fait que s’ébaucher dans ses traits les plus généraux, et jamais celui qui l’a conçue le premier ne peut l’élaborer dans les détails. Les adeptes qui viennent après le fondateur et qui auront reçu de lui l’idée toute faite sans y avoir employé le meilleur de leurs efforts, peuvent à loisir la discuter, la compléter, la développer. L'idée de la lutte pour l'existence, de la sélection Laturelle, de l’évolution des espèces n’est, malgré le nombre immense ‘de : faits cités à l’appui, exprimée chez Darwin qu’en termes très généraux. Elle s’est précisée dans la suite, et nous avons vu qu’une discussion détaillée a réussi à y faire le départ de ce qui est incontestable et de ce qui ne supporte pas un examen . plus minueux. Il en est à plus forte raison de
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même de Lamarck, esprit beaucoup plus synthétique qu’analyste, et d’un demi-siècle plus éloigné de nous que Darwin. Et quel demi-siècle! A son: début, les esprits étaient si peu mûrs pour recevoir les idées transformistes que les vues de Lamarck ne rencontrèrent de la part des représentants de la  /
science de l’époque qu’un dédain unanime, tandis
qu’à la fin, le terrain était déjà tout p'éuêss pour/ | 7$ S la réception des idées de Darwin. à Il serait trop long d’exposer ici le rôle de La- Ë
marck dans l’histoire des idées transformistes et d'évaluer la part qui lui revient. Pour le moment, : | nous voulons voir surtout ce qui, dans son œuvre, L a servi à fonder non pas le transformisme en | k général, mais spécialement sa branche lamarckienne. L.
On s’est tourné vers Lamarck après que la victoire du transformisme eut été définitive. Le grand prédécesseur de Darwin avait d’abord été traité par les transformistes mêmes avec un certain dédain, l’œuvre de Darwin ayant éclipsé celle des précurseurs; mais au fur et à mesure des discussions, les exagérations des néo-darwiniens aidant, on considéra les choses avec plus de justice. Un exa- % men plus approfondi des différents facteurs de l’évolution attira l’attention sur les idées lamarckiennes.
L'idée spécifique du lamarckisme, c'est l'influence du milieu et du mode d’existence sur les-êtres vivants. Pour les animaux comme pour les végétaux, dit Lamarck, « à mesure que les cir- 1
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constances d'habitation, d'exposition, de climat, de. 2 nourriture, d’habitudes de vivre, etc., viennent à changer, les caractères de taille, de forme, de: | proportion entre les parties, de couleur, de consis-, tance, d’agilité et d'industrie, pour les animaux, changent proportionnellement! ». Les races et les: variétés obtenues par la domesticité et la culture en. sont une preuve bien connue. La façon dont le milieu opère sur les animaux et les végétaux n’est: pas d’ailleurs exactement semblable. C’est chez les végétaux que l’action immédiate des facteurs extérieurs se fait particulièrement sentir et produit entre les individus d’une même espèce des différences très remarquables. « Tant que le Aanunculus aquatilis est ‘enfoncé dans le sein de l’eau, ses feuilles sont toutes finement découpées et ont leurs divisions capillacées; mais lorsque les tiges de cette plante atteignent la surface de Peau, les: feuilles qui se développent dans l’air sont élargies,
de la même plante réussissent à pousser, dans un, sol seulement humide, sans être inondé, leurs tiges. alors sont courtes, et aucune de leurs feuilles n’est partagée en découpures capillacées ; ce qui donne lieu au Ranunculus hederaceus que les botanistes regardent comme une espèce, lorsqu'ils la rencontrent? ». |
D'une façon générale, chez les végétaux tout est dû aux « changements survenus dans la nutrition
1. La Philosophie zoologique, t. I, p. 227, éd. 1873. 2. Ibid., p. 231.
du végétal », tandis que chez les animaux cela a lieu d’une façon moins directe, par l'intermédiaire de ce que Lamarck appelle les habitudes. « De grands changements dans les circonstances amènent pour les animaux de grands changements dans leurs besoins, et de pareils changements dans les
besoins en amènent nécessairement dans les actions.
Or, si les nouveaux besoins deviennent constants ou très durables, les animaux prennent alors de nouvelles habitudes, qui sont aussi durables que les besoins qui les ont fait naître... Or, si de nouvelles circonstances devenues permanentes pour une race d'animaux ont donné à ces animaux de nouvelles habitudes, c’est-à-dire les ont portés à de nouvelles actions qui sont devenues habituelles, il en sera résulté l'emploi de telle partie par préférence à celui de telle autre, et, dans certains cas, le défaut total d'emploi de telle partie qui est devenue inutile ». | Ÿ Ceci amène des changements dans l’organisation de l’animal. « Le défaut d'emploi d’un organe, devenu constant par les habitudes qu’on a prises, appauvrit graduellement cet organe, et finit par le faire disparaître et même l’anéantir ». « Les animaux vertébrés, dont le plan d'organisation est dans tous à peu près le même, quoiqu’ils offrent beaucoup de diversités dans leurs parties, sont dans le cas d’avoir leurs mâchoires armées de dents; cependant, ceux d’entre eux que les circons-