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Ce qu’on a appelé le « darwinisme » est une dote. x trine complexe dans laquelle il faut distinguer deux ME parties à peu près indépendantes ;. l’idée fonda-. mentale, l’idée transformiste générale — la même a que celle formulée autrefois par Lamarck— et l'idée qui fait l’originalité de Darwin et quiatrait au procédé à l’aide duquel s’accomplissent e 5. iransformations des êtres.
Il faut dire cependant que, bien qu’énoncée avant lui, la théorie de la descendance a été conçue par
Darwin en dehors de l'influence directe de ses pré- décesseurs, de Lamarck notamment. On est même
en droit de s’étonner que Darwin n’ait pas reconnu dans la conception de Lamarck l'idée transformiste qui est la base de sa propre théorie. Sans doute faut-il voir la raison de cet aveuglement dans la différence profonde entre sa mentalité et celle du zoologiste
deux grands esprits : Lamarck allant rapidement À aux grandes généralisations, et Darwin ne craignant rien tant que les conclusions hâtives et s’entourant minutieusement de faits qu’il ne jugeait jamais assez nombreux. Darwin est donc arrivé à sa théorie d’une façon tout à fait indépendante, non pas par des raisonnements philosophiques, mais par Pobservation d’un nombre très considérable de faits, ce qui a donné à ses conclusions une force de 14 persuasion extraordinaire.
Un voyage autour du monde fut le point de dé.
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part de ses recherches. Tout jeune encore, à peine
* âgé de vingt-deux ans, Darwin s’embarqua, en 1831, sur le navire portant le nom de « Beagle » (Limier), envoyé par le gouvernement anglais pour explorer,
dans des buts scientifiques et pratiques, les parties
méridionales de l’Amérique du Sud. Le voyage.
dura cinq ans, et au retour, la théorie de la descendance était déjà prête dans l’esprit de Darwin. Voici comment il raconte la chose dans une lettre à Hæckel, écrite bien plus tard : « Dans l'Amérique du Sud, trois classes de phénomènes firent sur moi une vive impression : premièrement, la manière dont les espèces, très voisines, se succèdent et se remplacent à mesure que l’on va du nord au sud ; deuxièmement, la proche parenté des espèces qui habitent les îles du littoral de l’Amérique du Sud et de celles qui sont propres à ce continent ; cela me jeta dans un profond étonnement, ainsi que la variété des espèces qui habitent l'archipel des Galapagos, voisin de la terre ferme ; troisièmement, les rapports étroits qui relient les mammifères édentés et les rongeurs contemporains aux espèces éteintes des mêmes familles. Je n’oublierai jamais la surprise que j’éprouvai en déterrant un débris de tatou gigantesque analogue au tatou vivant ». |
En réfléchissant à ces faits et à d’autres semblables qu’il put observer, Darwin arriva à cette conclusion que les espèces voisines pourraient
4. Le 8 octobre 1864. Cette lettre est citée par Hæckel Gans l'Histoire de la création naturelle, éd. 1874, p. 119.
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‘mettent par l’hérédité lui firent concevoir la possibilité d’une transformation générale. Mais ce qui yn’était pas encore clair dans son esprit, c'était
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Le Vorigine de ces variations et la façon dont elles
— peuvent fournir aux êtres les éléments de leur de adaptation aux conditions du milieu qui les entou- à À rent. 1 4 C’est à réfléchir à ces questions et à accumuler “4 le plus grand nombre de faits possibles pour les 5% résoudre que Darwin consacra les longues années 4 noi qui s’écoulèrent entre son retour du voyage, en . LA 7% 1835, et la publication de son livre. Ne voulant pas 4 4 émettre des conclusions d’une portée sigrandeavant k * de. pouvoir les appuyer sur des preuves irréfu- D tables, il ne publia même pas le plus petit exposé
de ses idées. Il collabora au vaste rapport sur le voyage du « Beagle», publia son travail sur les récifs coralliens, sa monographie sur les cirripèdes, mais la grande question restait toujours réservée. Longuement et patiemment, Darwin étudia les animaux domestiques et les plantes cultivées, laissées jusquelà dans l’ombre, leurs variétés, la façon dont elles sont obtenues. Il aperçut quelle force Poe #3 pouvait être le choix opéré par l’homme. ‘4 Le Traité de la Popuiation de Malthus, tombé 3
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accidentellement entre ses mains, lui suggéra l’idée d’une sélection analogue dans tout le monde animal et végétal, La population augmente en proportion géoméirique, disait Malthus, tandis que la quantité de moyens de subsistance n’aug- | mente qu’en proportion arithmétique ; de là une compétition qui doit entraîner la disparition de certains individus moins bien doués que les autres. Il doit en être de même dans la nature, pensa Darwin; il naît à chaque moment beaucoup plus d'êtres qu’il n’en peut survivre, et ceux qui survivent sont les mieux adaptés aux nécessités de leur existence. C’est là la clef tant cherchée du fait étonnant de l'adaptation générale des êtres à leur milieu.
Nous aurons encore à parler bien plus longuement de cette idée célèbre de la sélection naturelle; pour le moment, nous voulons montrer . seulement à quel point Darwin tenait à appuyer ses théories sur des preuves solides, à répondre à toutes les questions qui peuvent se présenter. Nous trouvons, en effet, dans son livre toutes les objections qu'il pouvait prévoir à son époque, . exposées dans toute leur force et réfutées à l’aide À de tous les faits que les diverses branches de con- Aaissances pouvaient lui fournir. Non content de lire tous les iravaux qui pouvaient jeter quelque lumière sur ces questions, Darwin se mettait en relation personnelle avec les hommes de science et les praticiens, éleveurs et horticulteurs, dont les recherches spéciales étaient capables d’éclairer
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dans le même sens. Les grandes différences que
pour lui quelque point obscur. Aussi, dans son. argumentation, put-il passer en revue les grandes généralisations de toutes les branches des sciences naturelles et constater que toutes elles conduisaient à la même conclusion : la descendance des espèces les unes des autres à la suite de transformations successives. ä Sés principaux arguments lui sont suggérés par la paléontologie et l’embryologie. Un fait capital fourni par la paléontologie, dit-il, c’est l’affinité étroite qui existe entre les restes fossiles de deux formations consécutives ; seule une parenté directe peut l’expliquer. Il en est de même de la ressemblance entre les représentants des différentes faunes d’une même région, puis de ce fait très important que plus une forme est élevée en organisation, plus son apparition est récente. Cela n'implique pas, d’ailleurs, une idée de progrès continu, car s’il en était ainsi les êtres les plus simples seraient disparus depuis longtemps. En réalité, rien n'empêche leur conser-
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vation, puisqu'ils peuvent être adaptés aussi 4 parfaitement à leur milieu que les êtres les plus $ différenciés. Mais cela prouve seulement que les. : formes supérieures n’ont pu se développer que successivement et graduellement aux dépens d'ancêtres ayant eu avec eux une ressemblance étroite. 4
La distribution géographique des êtres parle. :.
montrent entre elles les faunes de régions dont les conditions géographiques et climatériques sont loin d’être différentes au même degré, par exemple