‹ Les théories de l'évolutionChapitre 29 sur 162 · APR TT NP PTS OU US US DRE · texte numérisé non relu

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A prendre assez d'importance pour caractériser une nouvélle espèce. C'est bien ainsi que Darwin se représente les choses : les petites variations acci-, :

: dentelles doivent s’accumuler à mesure que croît le :

4 nombre des générations qui se les transmettent.

| Cette accumulation est absolument suus-entendue

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dans la théorie sélectionniste, et ne semble faire de doute pour aucun de ses critiques mêmes.

Cependant, quelle raison y a-t-il pour qu’un caractère donné, si utile qu’il soit, soit plus accentué chez un descendant que chez un parent? À moins

d'invoquer l’hérédité des effets de l'usage et du

non-usage, ce qui serait sortir des cadres de la sélection naturelle et faire intervenir un principe lamarckien, on ne voit pas pourquoi il en serait ainsi.

Supposons que, parmi les ancètres du cygne, au cou encore peu développé, quelques individus se soient rencontrés ayant un cou un peu plus long, comptant une vertèbre de plus, et que cette particularité ait été avantageuse pour l’espèce, de façon à ce que seuls les individus ainsi favorisés aient pu survivre et transmettre leur particularité à leurs descendants. Ces derniers auront donc le même nombre de vertèbres cervicales, c’est-à-dire dépassant d’un le nombre primitif. Mais pourquoi, de ce fait, le dépasserait-il de deux et, à la génération suivante, de trois? Au contraire, quel que soit le nombre de générations successives, le caractère se transmettra toujours égal à lui-même et le cou conservera toujours (même en laissant de côté toute cause possible de réversion et toutes les

conséquences de croisements avec les individus

moyens) le nombre initial des vertèbres.

Cela parait évident, et il semble même incompréhensible que, parmi tant d’objections à la sélection naturelle, celle-là n'ait pas été faite au pre-

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: ‘ mier chef. Cela ne peut s'expliquer que par une seule raison : c’est que, dès le commencement, la. n. théorie de la sélection était discutée plutôt à l’aide d’abstractions qu’à l’aide des faits. On semblait n. supposer que ce qui se transmet, ce n’est pas tel 6 ou tel trait de structure, mais une tendance à va-

rier dans un sens défini : dans le cas du cygne, M # par exemple, la tendance à l’allongement du cou, k en raison de laquelle le nombre des vertèbres augmente à chaque génération. Mais, en réalité, une tendance n'existe pas par elle-même : c’est une 26 abstraction dont nous nous servons pour constater que quelque chose se développe dans telle ou telle direction.

Une tendance ne peut donc pas s’hériter, pas dis quenepeut s’hériteraucune autre abstraction : ce qui | s’hérite, c'est une certaine constitution chimique, 4 une certaine structure morphologique, et ces carac- | tères se transmettent tels quels et non pas à un degré ‘4 plus considérable. 4

L'action de la sélection naturelle peut donc expli- À quer la persistance d’un caractère utile à travers * les générations, mais non le développement gra- ; duel de ce caractère. Pour ce dernier, on estobligé d’invoquer d’autres facteurs : hérédité des effets de l’usage et du non-usage ou action ininterrompue du milieu environnant, toujours dans la même direction. RL 1

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De ces critiques d'ordre très général passons 4 maintenant aux objections plus spéciales. Elles

sont nombreuses, formulées à des points de vue très différents et de valeur très inégale; il serait fastidieux de les exposer ici toutes. Prenons seulement deux catégories de ces objections, les plus: importantes : celles qui se rattachent à la nature, des variations pouvant donner prise à la sélection

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naturelle et celles qui concernent, d’une part, la comparaison de la sélection naturelle avec la sélection artificielle et, d'autre part, le lien étroit qui la rattache à la sélection sexuelle.

A quelles conditions, d’abord, doivent satisfaire les différents caractères que peut présenter un être animal ou végétal, pour que la sélection natuturelle puisse le favoriser en raison de ces caractères? Ils doivent, évidemment, être utiles. Or, parmi les caractères qui distinguent les espèces les unes des autres, bien peu ont une utilité quelconque, la plupart étant indifférents. Darwin admet bien cela, mais il répond que, dans certains cas, l’utilité nous est cachée et que, dans d’autres, les caractères en question sont dus soit à l’in-

fluence directe des conditions ambiantes, soit à

certaines corrélations découlant de ce qu’il appelle ies lois de la croissance. Mais c’est là une explication qui dépasse les limites de la sélection naturelle et sert plutôt à montrer son impuissance. Des exemples très nombreux de ces caractères indifférents (qui se trouvent en même temps être les caractères les plus stables de l’espèce) ont été cités : disposition opposée des feuilles chez les Labiées et une disposition en spirale chez les

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