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LA SÉLECTION SEXUELLE

sortis de la pupe à l’état d’imago sont généralement des mâles. D’autre part, parmi les femelles, les plus vigoureuses et les plus fortes sont prêtes à se reproduire avant les autres, et comme les mâles se les äisputent, les vainqueurs, plus forts ou mieux ornés, prendront ces premières femelles, jes meilleures. Les suivantes, plus faibles, auront en partage les mâles vaincus; leur descendance sera donc moins nombreuse et moins bien douée que celle des premiers couples. « Et il y a là tout ce qu'il faut, conclut Darwin, pour, dans le cours des générations successives, soit ajouter à la taille, la force et le courage des mâles, soit améliorer leurs armes défensives 1. »

Mais dans beaucoup de cas, la femelle semble exercer elle-même un choix, en préférant le mâle le plus richement coloré, le plus orné, le meilleur chanteur, etc. Darwin cite un très grand nombre d'exemples (chez les oiseaux surtout) où le mâle cherche réellement à séduire la femelle. Ainsi, les rossignols ne vont pas vers les femelles, mais se mettent à chanter plusieurs en même temps et les femelles, attirées, viennent choisir entre eux. D’autres oiseaux exécutent des danses et parades d'amour diverses. « Dans l'Amérique du Nord, raconte Darwin, un grand nombre d'individus d’une espèce de Tetras (7. phasaniellus) se rassemblent tous les ma-

tins pendant la saison de reproduction, sur un endroit

ie DE

1. Cn. Darwin, La descendunce de l'homme et la sélection sexuelle, t. I, p. 283 (Ed, Reinwald. 1872, trad. J.-J, Moulinié).

choisi, uni, où ils se mettent à courir dans un cercle

ve:

de quinze à vingt pieds de diamètre, dans lequel, en

tournant toujours, ils finissent par dégazonner la

piste. Dans ces danses de perdrix, comme les chas-

seurs les appellent, les oiseaux prennent les aîtitudes les plus baroques, faisant leurs tours les uns à droite,

les autres à gauche. » Voici quelques autres exemples où les mâles cherchent à charmer les femelles par l’étalage de leurs ornements. « Chez les oiseaux de paradis, une douzaine ou plus de mâles en plumage complet se rassemblent sur un arbre pour leur partie de danse, comme l’appellent les indigènes; et se mettent à voleter ça et là, élevant leurs ailes, redressant leurs plumes si élégantes et les faisant vibrer en produisant, selon

l'observation de M. Wallace, l'illusion que l’arbre

est rempli de plumes oscillantes (p. 90). » Le paon, lorsqu'il veut se faire voir, « étale et redresse sa queue dans le sens transversal, car il se place en face de la femelle et exhibe en même temps sa gorge et sa poitrine si richement colorées en bleu ». Un autre oiseau dont l’ornementation ressemble à celle du paon, le Polyplectron, prend une attitude un peu différente. 11 a «le poitrail sombre F et les ocelles ne sont point circonscrits aux rectrices. En conséquence, le Polyplectron ne se tient pas en face de la femelle; mais il redresse etétale ses rectrices un peu obliquement, en abaïissant l’aile du même côté et relevant l’aile opposée. Dans cette position, il expose à la vue de la femelle

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