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CHAPITRE VIII

Les théories de l’hérédité de Darwin, Nes de Vries.

Les théories basées sur les particules représentatives. Le pangenèse de Darwin; les gemmules représentant les cellules de l'organisme, leurs migrations. Objections. — Lea particules représentant les propriétés de l'organisme. La théorie de Nægeli; les micelles et leur groupement, les deux sortes de protoplasma, les caractères élémentaires. Critique du système. La théorie de de Vries ; les pangènes, leur migration à l'intérieur des cellules.

La théorie de Darwin fut émise peu d'années après celle de Spencer (en 1868). Elle suit aussi de très près tous les travaux qui ont fait connaître la constitution cellulaire des tissus.

Les différentes cellules de l’organisme devraient leurs propriétés uniquement à certaines petites particules auxquelles Darwin donne: le nom de gemmules. Ces particules, dont il y aurait autant d'espèces différentes qu’il existe dans le corps de catégories de cellules, seraient extrèmement petites, capables de traverser les membranes et auraient la propriété de se multiplier par division.

"AR 15 s différentes cellules les recevraient nd leur développement embryonnaire; puis, elles se multi- __plieraient en elles pendant tout le temps que les î cellules n’ont pas encore acquis une différen- | ciation définitive. Cette formation de gemmules __ durerait ainsi une grande partie de la vie et pour- rait recommencer même après que la différencia- __ tion est achevée, dans certaines circonstances par- ticulières : toutes les fois, par exemple, que la cellule subit une modification quelconque, physio- « Jogique ou pathologique.

Toutes les cellules du corps. et pendant tout le temps que les gemmules se forment en elles, enverraient une partie de ces gemmules aux cel- __… lules sexuelles. Et il en serait ainsi non seulement ÿ des cellules de l’organisme développé définivement fixées, mais de toutes les cellules éphémères qui se forment pendant l’ontogénèse et disparaissent ensuite; la même chose aurait lieu lorsqu'un changement quelconque survient dans les cellules adultes. Les produits sexuels recevraient donc, Ë sous forme de gemmules, tous les caractères anatomiques et physiologiques des cellules qu’elles de” représentent.

Eu Ces gemmules resteraient inactives dans l'œuf 4 tant que celui-ci ne se développe pas; mais dès le début de la segmentation elles se distribueraient dans les cellules-filles de tous les stades et, grâce à une force attractive spéciale très précise, fini- raient par arriver exactement aux cellules aux- # : quelles elles étaient destinées. Elles serviraient là

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à les vivifier, à féconder par elles, pour ainsi dire, tout l’organisme. De là le nom de pangenèse donné à la théorie. À chaque cellule, les gemmules imprimeraient un caractère identique à

celui qu'avait la cellule dont elles proviennent au

moment exact où elle leur a donné naissance et les a envoyées aux produits sexuels.

L'hérédité se comprend ainsi d’elle-même, et c’est ce que la théorie de Darwin explique le mieux. Il en est de même de l’hérédité des caractères acquis : puisqu’au moment où une modification se produit dans l’organisme sous une influence quelconque les cellules modifiées envoient aux produits sexuels des gemmules reflétant cette modification, ces gemmules, en pénétrant dans les cellules correspondantes du nouvel organisme devront forcément lui imprimer le même caractère.

Cette théorie, si on accepte sa base : l’existence des gemmules et les propriétés que Darwin leur suppose, donne une explication très simple et très satisfaisante de tous les grands phénomènes biologiques : hérédité, variation, régénération, génération sexuelle, etc. Elle le fait même si bien qu’on peut dire que toutes les théories modernes qui lui ont emprunté l’idée de particules représentatives z’ont rien ajouté d’essentiel aux explications pro-

posées par elle. Mais cette base est-elle accep—

table? Malheureusement non, et voici pourquoi. Même en admettant leur existence et toutes leurs propriétés hypothétiques, on est arrêté par Ia question de leur mode de transmission d’une cel-

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