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les caractères histologiques. Elles résultent de ce que les unités, identiques entre elles au point de vue de leur polarité (caractéristique de l’espèce) et des légères variations de cette polarité (earactères individuels) éprouvent diversement, au cours du développement embryonnaire, l’action des forces incidentes (ne serait-ce qu’en raison de la situation différente des cellules dans l’espace), et subissent certaines modifications dans leur nature. Les unités qui constituent le muscle ne sont pas tout à fait identiques à celles du tissu osseux. 'Elles ont bien la même forme, mais sont comme des cristaux de deux substances différentes, revêtant le même type cristallin. Ces différences de nature n’atteignent d’ailleurs pas les caractères anatomiques des organes : dans toute l’étendue du corps les unités physiologiques d’un même tissu sont identiques.
L’hérédité s'explique ainsi d’une façon toute simple : l'élément reproducteur, œuf ou spermatozoïde, est en somme un petit amas d’unités physiologiques, douées de la polarité caractéristique de l’espèce; lorsque ces unités se trouvent dans les conditions qui permettent leur dévelop-. pement, elles s’arrangent tout naturellement de la même façon que chez les parents. Cela explique l'hérédité des caractères spécifiques; quant aux traits individuels qui résultent de certaines différences dans les unités physiologiques des deux parents (lorsqu'il s’agit d’amphimixie), il se produit
entre ees unités une espèce de conflit qui se ter-
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fE: | ie AE | LES rnéonEs DE L'ÉVOLUTION De RE
vw Ad; mine par l’attribution au descendant d’un mélange | F1 ; des caractères des deux parents. | Il est moins facile d’expliquer la transmission des caractères non pas innés, mais acquis au Cours de l’existence sous l’influence des conditions extérieures. Comment une modification ainsi produite chez l’être adulte peut-elle retentir sur ses unités physiologiques de façon à atteindre les produits sexuels et, par eux, l’être futur? Voici comment Spencer conçoit les choses. Un organisme est une combinaison de parties qui, toutes ensemble, constituent un équilibre mobile; si cet équilibre est troublé en un point, la modification s’étend à tout l'organisme et l’être que donnera cet organisme modifié ne pourra plus être identique à celui qu'il aurait donné avant la modification survenue.
« Comme, d’une part, dit Spencer, les unités physiologiques se disposent, en vertu de leurs propriétés polaires spéciales, pour former un organisme d’une structure spéciale, d'autre part aussi, si la structure de cet organisme est modifiée par la fonction modifiée, elle imprimera une modification correspondante aux structures et aux propriétés polaires de ses unités. Si des actions incidentes 4 font prendre à l’agrégat une nouvelle forme, ses forces doivent tendre à remodeler les unités d’une façon harmonique à cette nouvelle forme. » Et alors, « ces unités, lorsqu'elles seront séparées sous forme de centres de reproduction, tendront à s’édifier en
un agrégat modifié dans la même direction ».
4, Principes de Biologie, t. I, p. 311. (Trad. Cazelles, 1888.)
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L’explication est, comme on le voit, toute théorique, Spencer s’efforçant moins de montrer par quel processus physiologique exact s'opère cette répercussion, que de la mettre en accord avec certains principes généraux (les « premiers principes » fondamentaux), tels que la conservation de la force. Dans un même individu, au cours de son existence, « toutes les divergences fonctionnelles et structurales que nous voyons se produire sous l'influence d’une force incidente nouvelle, continueraient nécessairement de croître jusqu’à ce que la nouvelle force incidente fût contre-balancée ». Mais rien ne se trouve changé du fait du « remplacement d’un individu continuellement existant par une succession d'individus naissant chacun de la substance modifiée de son prédécesseur. la persistance de la force s’opposant à toute autre conclusion! ».
Un autre principe général, très important pour
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toute la philosophie de Spencer, celui de linsta-
bilité de l’'homogène, donne la raison de la variation. Ce principe a pour conséquence que deux cellules germinales, deux individus d’une même espèce, fussent-ils à l’origine identiques, doivent devenir, à un moment donné, différents entre eux, par le seul fait qu’ils occupent des points différents dans l’espace et se trouvent sous l'influence de forces non identiques. Car des causes différentes, agissant sur des objets semblables doivent nécessairement produire des conséquences différentes, 4. Ibid., p. 521.
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sous peine de manquer au principe de la conservation de la force. | La théorie de Spencer fut formulée en 1864, et, depuis, toutes les autres, y compris la pangenèse de Darwin, y puisèrent. C’est elle qui traça la voie à ceux qui, plus tard, vinrent l’approfondir et la développer davantage. Son côté faible, c’est d’avoir souvent mis en avant des principes d’ordre général, tels que la conservation de la force ou l’instabilité de l’homogène, là où l’on souhaiterait une explication physiologique précise. Lorsque Spencer dit, par exemple, qu'aucune influence exercée sur l'organisme ne peut se perdre, mais doit se réper- cuter sur ses descendants. on peut lui faire cette - objection que la force appliquée peut aussi bien __ trouver à se dépenser ailleurs et sous une autre forme et que, se füût-elle manifestée nécessairement dans une modification des descendants, rien ne prouve que cette modification doive être du même ordre que celle éprouvée par le parent. Tous les faits de L: transformation de l’énergie démontrent que cela n’est pas du tout nécessaire, l'énergie mécanique, par exemple, se transformant en chaleur, ia chaleur en lumière, etc.
Quant à l'idée mème des unités physiologiques, on peut tout d’abord lui opposer cette objection . que ces unités ne possèdent pas dans leur polarité, seul caractère spécifique que Spencer leur - reconnaît, des possibilités de produire des formes aussi compliquées que celles des organismes. De plus, le problème de l’hérédité lui-même ne reçoit
une solution que dans la mesure où nous concédons aux unités tout ce que Spencer leur attribue,
et cela seulement pour les caractères innés; l’hérédité des caractères acquis reste inexpliquée, le À
principe de la conservation de la force étant mani- Le 3 festement insuffisant. |
L'idée des particules initiales identiques entre elles comme nature a formé la base d’un certain nombre d’autres théories que nous n’examinerons pas ici. Les uns atiribuent leurs diverses proprié-
tés à une certaine forme géométrique des parti- * FL; cules, d’autres à leur mode de mouvement (Haacke, Dolbear, Hæckel, Cope, etc.), mais aucune ne fait faire un pas notable à la question après Spencer, a et dans toutes nous avons, en somme, la même À explication de l’hérédité : l’être ressemble à ses parents parce qu’il procède d’une cellule de ces 4 derniers et que les particules dont cette cellule est formée (unités biologiques, plastidules, etc.) pos- té sèdent des propriétés (polarité, forme de mouve-
EX
ment) caractéristiques de l’organisme donné et ne peuvent produire qu’un organisme semblaule.
| Enire le tout et la partie il y a non seuleraent un
lien, mais une identité profonde, les différences
n'étant que purement quantitatives. AT
Si intéressantes que puissent être ces théories
pour la question de la constitution du protoplasma
et la nature du phénomène vital, elles sont obli-
gées, pour l'explication des caractères héréditaires, #4
de rester dans le vague. Los
ire re $ #4
Pour obtenir des explications plus précises, nous devons nous tourner vers les systèmes où les particules hypothétiques ne sont plus seulement douées de forces moléculaires ou de propriétés très générales, mais sont supposées représenter différentes parlies ou différentes propriétés de l’organisme.
. C’est dans cette catégorie que nous trouvons les théories de l’hérédité les plus complètes, les plus précises et les plus influentes à l’époque actuelle.
| Nous trouvons là, surtout, la théorie ancienne, ancêtre de toutes les autres, de Darwin et les théories modernes de Weismann.
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