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qui fait la supériorité des systèmes qui ont suivi. Ils auraient tort, d’ailleurs, de s’en attribuer tout le mérite, car, sans la théorie première et originelle de Darwin, ils ne posséderaient même pas cette base qu’ils sont venus perfectionner. Là comme ailleurs, il faut rendre cet hommage à Darwin qu'il fut surtout et en tout un grand initiateur.
Il serait fastidieux d’exposer ici toutes les théories basées sur le même principe de la représentation, par des particules spéciales, des cellules des corps, et qui sont venues perfectionner ou, en tout cas, modifier la théorie de la pangenèse de Darwin. Aucune d'elles n’est arrivée à égaler, en importance, cette dernière.
En même temps, d’autres hypothèses ont surgi, dans lesquelles les particules représentent non plus les cellules de l'organisme, majs ses propriétés (Nægeli, Kælliker, de Vries, O. Hertwig, etc.), ou bien des hypothèses mixtes, où ces particules sont représentatives à la fois des cellules du corps et de ses divers caractères. A cette dernière catégorie d’hypothèses se rattache surtout le système de Weismann. Mais avant de l’aborder, examinons, parmi les théories de la première catégorie, celle de Nægeli, la plus importante et la plus vaste, et celle de de Vries qui a également introduit quelques éléments nouveaux et qui a acquis, dans ces dernières années, une grande notoriété par sa nouvelle hypothèse sur l’origine des espèces. |
Voyons d’abord le système de Nægeli qui a pré-
cédé de quelques années celui de de Vries. Il a été F4
formulé en 1884.
Les particules élémentaires dont part Nægeli sont des sortes de cristaux organiques, se formant à la facon des véritables cristaux au sein d’un liquide aqueux et fixant autour d’eux, chacun, une couche d’eau qui fait partie du protoplasma ainsi constitué comme l’eau de cristallisation fait partie du cristal. Nægeli donne à ces particules le nom de micelles. Nous laissons de côté ici tous les détails de leur mode de précipitation, de leur multiplication, etc., en nous bornant à ce qui est essenticl pour l'intelligence de la théorie. Orientés d’abord en tous sens, les micelles, en vertu de l’action de leurs forces moléculaires, se grouperaient ensuite de façon à être orientés parallèlement, ou plutôt, un certain nombre d’entre eux se grouperaient ainsi, tandis que les autres resteraient non orientés. Les premiers, se serrant davantage les uns contre les autres, formeraient un ensemble plus dense, moins aqueux; les seconds constitueraient un plasma plus fluide, plus imbibé d’eau.
L'ensemble des micelles orientés prend le nom
d'idioplasma, celui des non orientés, de plasma nutrihf.
Cette séparation des deux plasmas est d’unei importance capitale dans le système de Nægeli; elle a été introduite aussi par Weismann dans sa théorie commeun point fondamental. C’est l’idioplasma qui, sous un nom ou sous un autre, constitue la source de
tous les phénomènes vitaux dans ces deux systèmes,
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TRÉCRIES DE DARWIN, NÆCEBLI, DE VRIES 117
c’est à lui que tiennent tous les caractères des êtres, c’est lui qui est la seule base de l’hérédité. Voyons comment il nous apparaît dans le système de Nægeli.
L’idioplasma forme d’abord, au sein du plasma nutritif, des îlots épars; s’accroissant ensuite, ces tlots se 7 de façon à former des sortes de filaments, des cordons se disposant en un réseau continu; ce réseau s’étend à travers tout le corps de l’animal ou de la plante, passant d’une cellule à l’autre, traversant les pores microscopiques de leurs parois et se répandant aussi bien dans le noyau que dans le cytoplasma. C'est cet idioplasma qui, en agissant sur les différents tissus et les différentes substances de l’organisme, leur imprime leurs divers caractères, forme, couleur, etc. Là une première difficulté surgit : comme rien n'’indique que les micelles aient des caractères différents, à quoi tiennent ces différences? Nægeli a recours, pour résoudre cette question, à l’hypothèse de certaines forces moléculaires qui ont leur source dans les micelles, non pas dans les micelles isolés qui sont impuissants, mais dans un ensemble de micelles groupés d’une certaine façon. C'est de ce mode de groupement des micelles que dépend la vie.
Chaque groupe de micelles formant un ensemble synergique détermine ainsi un caractère de l'être, mais n’en détermine qu'un seul. Il devait y avoir donc, semble-t-il, autant de groupes spéciaux de micelles qu’il y à de caractères; mais le nombre
de ces derniers est beaucoup trop grand pour que .
l'idioplasma puisse contenir tous les groupes les représentant. La difficulté est résolue par une nouelle hypothèse, très ingénieuse : il suffit de la présence de groupes déterminant certains carac-
tères, en nombre relativement restreint, qui sont
les caractères élémentaires: tous les autres sont des caractères complexes, constitués par des combinaisons variées des premiers et réalisés par Vaction simultanée des groupes micelliens correspondants à leurs différents éléments.
Mais comment ces divers groupes sont-ils dis-
posés dans le cordon idioplasmique continu s’étendant à travers tout le corps ? La réponse à cette question est dictée à Nægeli par la nécessité d’expliquer ce fait qu’un fragment d’un animal ou d’une plante (un œuf, un spermatozoïde, une spore, un bourgeon, un rameau détaché) peut reproduire l’être tout entier, avec tous ses caractères. Cela amène à supposer que ce fragment contient en lui tous les groupes micelliens déterminant ces caractères. Or, avant de s’être détaché du corps, ce fragment était, comme les autres, traversé par le réseau des cordons micelliens. Il faut donc que ces cordons soient constitués d’une façon telle qu’ils contiennent partout les groupes micelliens de tous les caractères. Et cela, on ne peutse le figurer que d’une seule façon : ces groupes doivent être des sortes de files micelliennes composées d’un seul rang de micelles identiques placés bout à bout. Pour déterminer un caractère élémen-