LES TEÉORIES DE WEISMANN
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avions vus de nos propres yeux. L'hypothèse ne commence que là où il s’agit de décrire comment ils sont faits. Cependant, là aussi, on peut affirmer certaines choses : on peut dire d’abord, que ce ne sont pas des tableaux en miniature {dans le sens
de l’ancien évolutionnisme de Bonnet), ni des parti-
cules de matière inerte, car s’ils n'étaient pas des unités vivantes, capables de se nourrir, de s’accroître et de se diviser, ils n’auraient pas pu subsister à travers toutes les différentes phases de développement et résister à l'échange des matières qui les aurait anéantis.
Mais comment ces déterminants arrivent-ils à
donner aux. cellules et aux tissus les caractères
propres qui les distinguent ? Weismann répond à cette question en supposant que les déterminants ne sont pas encore les unités ultimes constituant la matière vivante. Ils se décomposent à leur tour en biophores (véhicules de vie) qui sont les unités fondamentales, immédiatement supérieures aux
molécules chimiques dont elles sont formées. Ces
unités élémentaires sont douées de tous les attributs de la vie (nutrition, croissance, multiplication par division); comme dimensions, ils sont bien au delà des limites du visible: les plus petites granulations protoplasmiques que nous pouvons voir à l’aide des plus forts grossissements en contiennent des masses. Ils sont pourtant plus grands que les molécales chimiques, puisqu'il les renferment.
Les unités des ordres supérieurs (ides et dé-
pas hypothétiques, mais aussi réels que si nous les” 1
terminants) représentaient .les unes, l'individu . total, les autres ses différentes parties, cellules, parties de cellules ou groupes des cellules, en tout cas, des structures réelles et concrètes. Les biophores, eux, représentent des caractères, et il y
a, dans la cellule germinative, autant d'espèces de
biophores que l'être qu’elle doit donner aura de caractères élémentaires indivisibles (les caractères complexes étant formés par les diverses combinaisons des caractères élémentaires). Chaque biophore peut varier indépendamment, de façon à produire la modification correspondante dans le caractère qu’il représente et qu’il détermine; chacun possède la propriété de se nourrir, de s’accroître et de se multiplier par division.
Toutes ces diverses unités ne sont pas mélangées
dans le plasma germinatif d’une façon désordon-
née, mais constituent une espèce d’architecture dans laquelle chacune occupe une place précise. Cette place dépend non pas du hasard, mais en partie des déterminants ancêtres, en partie de certaines forces internes hypothétiques, que l’on peut appeler afinités vitales, par opposition aux affinités chimiques.
Que se passe-t-il maintenant lorsque l’œuf se divise et que le développement commence ? Chaque déterminant se trouvant, &ans l’œuf, dans un certain rapport de situation vis-à-vis des autres, la marche du développement doit être telle que ce déterminant arrive, à travers d'innombrables divisions cellulaires, jusqu’à la cellule qu’il doit déter-