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LES TAÉORIES DE. WEISMANN

ainsi dans l'organisme deux parties tout à fait indépendantes : les tissus différenciés qui constituent le soma et ne peuvent plus revenir à l’état indifférencié des cellules germinales, et les éléments sexuels, le germen, qui ont reçu intact le plasma germinatif des parents et sont capables de fournir un nouveau développement.

Il en est ainsi de génération en génération, et il en résulte que chaque être contient dans ses cellules sexuelles non seulement le plasma germinatif de ses parents, mais celui de ses grands-parents et de tous ses ancêtres; il est donc formé d’une quantité énorme de plasmas ancestraux, représentés pâr autant d’ides qu’il a eu d’ancêtres.

L’hérédité, de mème que l’atavisme, se trouve ainsi naturellement expliquée par la transmission fidèle de ces plasmas parentaux et ancestraux. Il en découle aussi nécessairement une autre conséquence : un être ne peut hériter qu’un caractère qui a été 2nné chez son parent, car la transmission se fait uniquement de cellule germinative à cellule germinative, et seul ce qui était présent dans l'œuf ayant donné naissance au parent peut se retrouver dans celui qui donnera l'enfant. Les tissus différenciés, les cellules du corps sont, dès

le début de chaque ontogénèse, absolument sépa-

rés du germen, et rien de ce qui touche les pre-

. miers ne pourra retentir sur le second. Les ca-

. ractères acquis au cours de l'existence indivi-

duelle ne peuvent donc aucunement être transmis.

: C’est là une des conséquences les plus importantes

de la théorie de Weismann : elle détermine toute son attitude à l’égard de l’idée lamarckienne et constitue la principale caractéristique de cette école néo-darwinienne dont il est le représentant

le plus autorisé.

Mais quelle est alors la façon dont peut s’effectuer l’évolution des espèces? Nous avons vu que Weismann et son école se basent exclusivement, pour l'expliquer, sur l'existence de variations innées, conservées et développées par la sélection naturelle. Mais comment peuvent se produire ces variations dans cette transmission fidèle, exempte de toute influence extérieure, des plasmas ancestraux ? D'après l’auteur, c’est la génération sexuelle qui en est la source, car elle combine les plasmas germinatifs des parents (et les plasmas ancestraux qu’ils contiennent), de façon différente chez les différents produits, et c’est cette diversité qui offre le matériel nécessaire à la sélection naturelle.

Lorsque la fécondation réunit dans une même cellule deux plasmas germinatifs, forcément un peu différents, ils se conservent tels quels, avec

leurs différences, dans la cellule sexuelle du pro-

duit. Or, dans cette dernière, intervient d’abord, lors de la maturation, un phénomène qui change la constitution de ce plasma : c’est l’émission des globules polaires, qui, en expulsant certains chromosomes, expulsera au hasard avec eux certains ides, en laissant subsister les autres. Ceci est une première source de variation. Il se produit ensuite | ua conflit entre les différents ides, déterminants et »

biophores, et, suivant que tel ou tel sortira vainqueur de la lutte, les caractères de tel ou tel an-

cêtre apparaîtront à l'exclusion de ceux d’un

autre. Supposons, par exemple, que le caractère À puisse revêtir quatre formes différentes et

que les déterminants correspondants soient a',a n a”, 8”; Supposons ensuite que dans le plasma germinatif du père, pour une raison que nous laiïssons de côté, les déterminants du type a” triomphent sur les autres et constituent 80 °/ du nombre total, les 20 ‘/ qui restent étant distribués ainsi : 5 °/, de a’, 10 °/, de #”’ et 5 ° de 8”. Le type exprimé sera donc A”. Supposons, d'autre part que, chez la mère, ce même caractère soit représenté par 60 °/, de déterminants du type a”, 30 °/, du type a” et5 °/, de chacun des types a” et a”; le type exprimé chez elle sera le type A’”. Dans le produit, après l’émission des globules polaires, les déterminants du type a” seront dans la proportion de 1/2 (80 + 30) — 55 °/2; tandis que ceux du type maternel a” seront dans la proportion de 1/2 (60 + 10) —35 °/,. Le fils aura donc le type exprimé A” et ressemblera à son père. Cependant, les déterminants des autres types n’en subsisteront pas moins chez lui et pourront devenir cause d’une ressemblance avec un grand-père. Voici un petit - Schéma qui permet de voir comment peut se produire cette ressemblance. Les lettres grasses désignent les idantes correspondant aux caractères exprimés, celles en italique, les idantes contenant les caractères vaincus mais existant à côté, les lettres

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