LES THÉORIES DE WEISMANKX
‘cléaire et se répandent dans le corps cellulaire, donnant ainsi à la cellule ses caractères distinctifs. Lorsqu'il s’agit non pas d’une cellule définitive, mais d’une cellule qui doit, dans la suite du développement, se transformer en une autre, les déterminants qu’elle renferme peuvent être les uns actifs (ce sont ceux qui déterminent les caractères propres de cette cellule), les autres passifs (ce sont ceux qui, pour le moment, n’exerceront aucune action et ne serviront que plus tard). Les premiers seuls se dissocieront en biophores.
En ce qui concerne la façon dont les biophores font apparaitre les différents caractères dans les cellules où ils se répandent, il n’est pas nécessaire, dit Weismann, que ces biophores soient munis d’avance, comme le sont les pangènes de de Vries, des propriétés précises qui donneront à la cellule le caractère, ici d’une cellule musculaire, là d’une cellule nerveuse. Par son action sur les éléments du corps cellulaire, un biophore spécifique de la substance musculaire va faire naître cette substance lorsqu'il pénétrera dans le corps de la cellule qui y est destinée, sans être pour cela un élément contractile par lui-même. Les biophores transforment bien le caractère général d’une cellule embryonnaire indifférente en cellule spécifique d’un tissu, mais ils n’ont pas, par eux-mêmes, des caractères histologiques spécifiques et n’effectuent cette transformation qu’avec la collaboration, toujours nécessaire, du corps cellulaire. En somme, les biophores ne sont pas porteurs de caractères,
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| mais facteurs (au sens algébrique du mot), 'nta Ÿ de
facteur étant le cytoplasma de la cellule.
Il est évident que, durant le développement embryonnaire, les déterminants graduellement semés enroute ne peuvent plus être récupérés par la cellule qui les a une fois perdus. Comment se fait-il alors que l'organisme adulte possède des produits sexuels dont chaque cellule contient de nouveau tous les déterminants et peut recommencer le même cycle? Nous trouvons la réponse à cette question dans la théorie 4 de la continuité du plasma germinatif. La voici :
L'auteur a supposé jusqu’à présent que lorsque l'œuf se divise, il partage le lot total de ses déter- | minants en deux, puis en quatre, puis en huit, etc. portions, toujours inégales; mais les choses se passent en réalité un peu autrement : la totalité du plasma germinatif ne se détruit pas par division hétérogène pour fournir les idioplasmas successifs, mais à chaque division une minime portion de ce plasma germinatif reste inaltérée et passe ainsi dans l’une des deux cellules, tandis que l’autre cellule (et toutes celles qui descendront d’elle) en restent privées et ne pourront jamais en contenir. | La parcelle du plasma germinatif intact se transmet É ainsi de cellule en cellule jusqu’à ce qu’elle arrive à celle destinée à former les éléments sexuels. Cette cellule-mère donne alors, par division homogène, les nombreuses cellules sexuelles du nouvel être, et chacune de ces jeunes cellules reçoït une portion minime du plasma germinatif du parent, ainsi transmis à travers toutes les segmentations. II y a