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hypothétiques, tandis que l’autre n’est qu’un fait, banal même, présenté d’une certaine façon qui permet d’en tirer des conséquences particulières. C’est la distinction entre le plasma somatique et le plasma germinatif, le premier mourant avec l’organisme, le second revivant dans ses descendants et par conséquent immortel et continu. Weismann fait de ce second plasma quelque chose de tout & fait spécial et indépendant, et c’est ainsi qu'il arrive : à la seconde part de la théorie, non seulement très critiquable, mais conduisant, si on voulait s’y
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tenir strictement, à des conséquences tout à fait inacceptables.
Aucune influence ne peut passer de la portion somatique de l’organisme à sa partie germinale,
les deux étant séparées dès le début de l’ontogénèse : telle est l’idée fondamentale de la théorie. :
Le plasma germinatif du descendant se compose donc uniquement du plasma germinatif du parent, sauf les modifications apportées par l'expulsion des globules polaires et la fécondation. Mais ces modifications ne résultent que du remaniement des éléments ayant déjà existé dans la lignée ancestrale; elles ne peuvent donc rien apporter de nouveau pour l’espèce. D’où viendraient, dans ces conditions, les variations, aussi légères que l’on voudra mais nouvelles, qui donneront naissance à une nouvelle espèce? L'évolution, l’apparition des animaux supérieurs ne se comprend pas du tout et paraît même impossible, car il n’y a pas de raisons pour que notre plasma germinatif soit différent de celui de nos ancêtres les Protozoaires.
, En admettant plus tard l’action des conditions
extérieures sur la constitution des cellules germi-
nales, Weismann a, il est vrai, ouvert une issue, mais de nature telle qu’elle mine la théorie ellemême, car elle fait tomber tout le système de prédétermination rigoureuse.
Si nous nous tournons vers les agents de cetto prédétermination, de nouvelles objections surgissent. D'abord, que sont les biophores porteurs
des caractères héréditaires? La notion de caractèrs
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| * 4; 19 +. n 4 RUE EAN à , Lo PL) K 154 LES THÉORIES DE L'ÉVOLUTION a Ls D est une notion abstraite dérivée du fractionnemen
que nous faisons subir mentalement aux sensations produites sur nous par les objets. Un objet aura pour nous autant de caractères que nous serons capables de faire de généralisations d’impressions particulières. Ils n’ont aucune existence par eux-mêmes et ne peuvent, par conséquent, s’incarner dans aucune particule matérielle. D’ailleurs, le fait d’avoir, à nos yeux, certains caractères est commun à tous les objets de l’univers, et les êtres organisés ne présentent, à cet égard, rien de particulier. Faudrait-il donc supposer que les corps inertes doivent aussi leurs propriétés à des espèces de biophores? Et d’où leur viendraient-ils dans ce cas?
Dans la façon même dont ces biophores sont censés opérer dans le système de Weismann il y a des impossibilités. Ainsi, chaque cellule est déterminée par les biophores sortis de son noyau et passés dans son cytoplasma. Mais d’où viennent ces biophores ? Ils viennent des ides du noyau; or, dans le noyau, il n’y a pas qu’un seul ide, mais une quantité considérable, chaque ide représentant un ancêtre et l’ensemble représentant la totalité des ancêtres de l’animal. Tous ces ancêtres coopéreront donc à la foisàl’expression des caractères de la cel-
lule. De plus, il y aura dans le cytoplasma de chaque cellule les biophores de toutes les cellules de la lignée ascendante. Tout cela se surajoute, et à la fin de l’ontogénèse les cellules devront posséder tous ces caractères accumulés. Elles ne seront donc
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déterminées dans aucun sers. Pour qu’elles le soient, pour que les caractères se succèdent au lieu de se surajouter, il faudrait qu’à chaque fois les biophores de la cellule précédente mourussent, mais 11n’y a place nulle part dans le système de Weismann pour la disparition des biophores parlamort. Il y à aussi un autre point : pourquoi les biophores sortent-ils du noyau? C’est la même question et la même impossibilité de réponse que pour les gemmules de Darwin : pourquoi étaient-elles attirées par les cellules? Weismann invoque un certain degré de maturation, mais on ne voit pas, lorsqu'il s’agit de biophores, en quoi cette maturation peut consister et pourquoi cette maturation se produit dans telle ou telle cellule et plutôt dans les cellules somatiques que dans les cellules germinales? On ne pourrait l’expliquer que d’une seule façon : par la différence des conditions dans lesquelles ils se trouvent. Mais ce sera une explica-
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tion contraire à l’esprit même de tout le système; 1 recourir à elle, c’est rendre inutile toute la hiérar- | & chie des particules représentatives, destinée préci- te
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sément à tout prédéterminer et à ne rien laisser à l’action du milieu.
L'examen de la théorie la plus parfaite de celles créées dans cet ordre d'idées nous montre ainsi que toutes, elles sont condamnées à aboutir à une impasse. C’est ailleurs, en dehors de toute idée de représentation, qu’il faut chercher la véritable voi .
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