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LA THÉORIE DE ROUX

qu’elle accorde dans l’explication de l'ontogénèse aux influences extérieures et au fonctionnement des divers organes. À cet égard, l’organicisme forme

la contre-partie exacte du weismannisme ; de même }

que celui-ci se rattache à l’ancien évolutionnisme

et à l’école néo-darwinienne, celui-là a une parenté :

évidente avec l’ancienne épigénèse et le transformisme lamarckien.

Il faut noter d’abord que l’organicisme est bien moins une théorie de l’hérédité qu’une théorie de de l’ontogénèse; ce sont surtout les facteurs de l'évolution individuelle qui occupent W. Roux et les biologistes qui partagent la même tendance. La question principale est ici celle des causes de la différenciation ontogénétique, anatomique et histologique. Nous avons vu que Weismarn et son école considèrent les cellules comme différenciées (potentiellement) dès leur naissance et en raison des causes qui leur sont intrinsèques. Les biologistes du camp opposé, 0. Hertwig, Herbst, J.Lœb, Driesch (ce dernier dans ses premiers travaux seulement, ses idées vitalistes actuelles l’ayant amené à d’autres conceptions) et d’autres encore, placent les facteurs de la différenciation en dehors de la cellule.

Ainsi, Hertwig considère les divisions successives de l’œuf comme toutes homogènes et pense que le sort de telle ou telle cellule dépend surtout de la situation dans laquelle elle se trouve placée vis-à-vis de ses voisines. La différenciation, dit-il, est « fonction du lieu », « Dans la gastrula, ce n’2st

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£ 158 LES THÉORIES D£ L'ÉVOLUTION a Ù pit 2% Fi 4 , pas l’'endoderme qui s'invagine, mais c’est ce ES HE: s’invagine qui devient endoderme », c’est-à-dire c’est le fait de constituer la paroi interne du sac qui fait apparaître dans les cellules leurs caraueE

de cellules endodermiques.

D'autres (Hartog, Roux, Kopsch, etc.) invoquent à l’action des différents tropismes et tactismes : tels 3 que l'attraction réciproque des blastomères et, à plus tard des cellules, attraction que Roux a appe- F: lée le cytotropisme et Hartog l’adelphotazie, et à 7 laquelle l’un et l’autre ont essayé de donner une }: explication chimique. Pour démontrer l’action du à cytotropisme, Roux isole au sein d’un liquide indif- |

ce férent des blastomères d’un œuf en segmentation, Es les observe et constate que, si l'intervalle qui les à sépare ne dépasse pas le quart de leur diamètre, ils se meuvent les uns vers les autres et finissent par s’accoler.

vs Herbsi attribue les déplacements des cellules, Es depuis les premiers blastomères et pendant tout le PE cours de l’ontogénèse, à une espèce d'attraction Ke chimique, le chimiotactisme. Cest cette action chi- mique qui uttire certaines cellules vers la surface “

du corps où eues deviendront des cellules cuta- | nées, et d’autres vers les régions internes où elles } serviront à constituer l’appareil digestif. De même, lorsqu'un nerf se forme, c’est d’abord le prolongement cylindraxile qui s’insinue dans les tissus environnants; les cellules mésodermiques qui con- 3 stitueront la gaine de Schwann viennent ensuite se grouper autour de lui, attirées probablement

| LA THÉORIE DE ROUX par une force qui esi due à la nature chimique du cylindraxe. De même, le périmysium se forme autour des muscles, les couches successives de la aroi des vaisseaux autour de la simple gaine endothéliale à l'intérieur de laquelle se meut le sang, etc. Une cellule conjonctive, d’abord indifférente, sera ainsi déterminée comme cellule de la “gaine de Schwann, du périmysium, du périoste, etc., ‘ suivant qu’elle sera attirée par tel ou tel tactisme. En dehors de ce tactisme spécial dont la nature physico-chimique n’est pas encore éclaircie et qu’on a appelé le biotactisme, il y à encore l’action morphogène de tous les agents connus — chaleur, lumière, électricité, pesanteur, courant liquide, pression, etc. Le nombre de travaux qui sont venus, dans l’espace d’une vingtaine d’années, prouver l'importance de ces facteurs dans le développement est si grand qu'il est absolument impossible de les citer. Tous les ans, de nouveaux mémoires paraissent sur ces questions et un périodique spécial fondé par Roux, PArchiv für Entwickelungsmechanik, est consacré à l'étude de cetie branche * x: de la biologie à laquelle on a donné le nom de 1 mécanique de développement ou mieux, de biomécanique. | | Il ne faudrait pas croire, cependant, que ces divers travaux soient unis par une idée théorique commune et que leurs auteurs soient tous des représentants de l’école organiciste. Loin de là : un grand nombre d’entre eux n’ont formulé aucune conception d'ensemble; d’autres ont même émis

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ep) | STRESS 160 LES THÉORIES DE L'ÉVOLUTION ÿ pi Le:

des idées tout à fait différentes. Ainsi, Herbst pense "4 pouvoir parfaitement concilier ses conclusions avec celies de Weismann (ce qui, d’ailleurs, nous semble fort douteux) et Hertwig, le principal représentant Ÿ de l’école épigéniste, a même créé une théorie de particules, facteurs matériels des propriétés élémentaires de la cellule, sa théorie des idioblastes; cette théorie est, cependant, pour son système, une espèce de superfétation dont il ne se sert guère | pour lexplication de l’ontogénèse.

» D'autre part, Roux, celui qui, en partant de ce Ÿ? point de vue a construit une théorie d’ensemble, He: . mettant surtout en avant l'influence du fonctionnement sur la formation des organes, occupe, dans la question de la préformation et de l’épigénèse, une position beaucoup moins intransigeante que Hertwig, par exemple. Il a émis sur la constitution de l'œuf une théorie dite de la mosaïque, d’après laquelle le noyau de l’œuf serait formé de maté- % riaux qualitativement différents, disposés côte à k côte à la façon des pièces d’un travail de mosaïque, se et destinés à fournir les différentes parties du futur organisme. Cette conception, d’ailleurs en contradiction avec sa théorie principale, ne fait pas partie intégrante du système qui nous occupe. Dans celui-ci, nous pouvons distinguer la théorie de ia ‘4 lulie des parties de l'organisme et celle de l’exci- “4 tation fonctionnelle. Nous allons les exposer suc- Ro cessivement.

Le protoplasma de Ja cellule est formé de molécules chimiques de différentes sortes se groupant

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