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es dessins et la coloration des ailes, qui s’accentuent si on continue le même régime pendant plu- ‘sieurs générations.
Ainsi, à l’état normal, le mâle estgriscendré ou brunâtre, avec quatre lignes noires transversales en Zigzag aux ailes supérieures(voir Fi. 5. — Mâle normal d'Ocneria. fig. 5); la femelle est plus claire, d’un blanc grisâtre ou jaunâtre, avec des dessins moins marqués (voir fig. 6). En nourrissant les chenilles de ce papillon avec des feuilles de noyer, on obtient, à la première génération, des individus de taille plus petite, de teinte plus pâle, aux dessins moins accentués ; la femelle devient presque transparente (voir fig. 7 et 8). A la génération suivante, la même Pic. 6. — Femelle normale d'Ocueris. nourriture COntinuant, les mêmes caractères persistent. — Voici une autre expérience, dans laquelle l'effet héréditaire se montre malgré le retour à la nourriture
Un “—— ALLER É A
RPC L'RÉRÉDITÉ DES CARACTÈRES ACQUIS 217
normale (sixième expérience de Pictet). La pre-
mière génération est nourrie de feuilles de noyer et manifeste les caractères que nous venons de décrire; la deuxième et la troisième sont uourries de feuilles de chène, mais les caractères dus au noyer persistent, La figure 9 représente le mâle de la troisième génération; Pictet Fic. 7. — Femelle modifiée. (1° génération.) ne donne pas de figure pour la femelle, mais la décrit comme ayant des ailes transparentes, avec quelques indications de retour au type normal (accentuation de : ( = (Certaines lignes).
PE Comment pouvons-nous interpréter ces expériences? Pictet a observé quelques cas oh l’accou- Re tumance au noyer était Mu el Tea devenue si complète qu’un retour à la forme primitive avait lieu à la fin. Ceci semblerait indiquer qu'il s’agit, là aussi, d’un état général défectueux de l'organisme, résultat d’une adaptation imparfaite, et que les caractères observés sont des manifestations générales de cet état affaibli. Le fait que les feuilles du noyer ont pour effet do
218 LES THÉORIES DE L'ÉVOLUTIOR à Ki
diminuer l'intensité de la coloration et d'effacer
les dessins semble parler dans le même sens.
Cependant, d'autres expériences montrent que le changement de nourriture n’a pas toujours cette influence : quelquefois il a au contraire pour effet de rendre la coloration plus toncée et les lignes plus accentuées. C'est ce que Pictet a observé en nourrissant ses chenilles avec de l’esparcette et de ia dent du lion. Il combinait aussi
Fin 9.— Méle modifié et resté ; ÿ tel malgré le retour à lanour- les différentes nourritures
IL ale. (3: génération.
mi." normale. (3' génération.) 4 ormales, en donnant aux
chenilles d’abord du noyer, puis, pendant deux générations, de l’esparcette : les caractères dus au noyer persistaient malgré son remplacement par l’esparcette. Nous pouvons supposer, dans ces conditions, qu’il s’agit là de quelque chose de plus que d’un simple affaiblissement général de l'organisme. Les p'euves nous manquent pour laffirmer catégoriquement, mais il n’en reste pas moins là un doute pour la validité de la théorie.
Les expériences de Fischer, sur les papillons également, ne prêtent pas le flanc à cette objection. Il a étudié spécialement l’action de la température. Des pupes de l’Arctia caja ont été soumises par lui à des refroidissements considérables (8°); le papillon adulte montrait certaines anomalies