‹ Les théories de l'évolutionChapitre 97 sur 162 · Cité par Kellogg. Darwinism to-day, p · texte numérisé non relu

Cité par Kellogg. Darwinism to-day, p

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comme dessins et comme coloration et même des différences d'ordre morphologique : des changements de forme des ailes et des pattes. On effectuait alors des croisements, en replaçant les pupes des générations suivantes dans les conditions normales ; malgré cela, on retrouvait chez un grand nombre de produits de ces croisements les caracitères autrefois provoqués par le froid. Ici, nous avons bien des caractères précis, transmis aux descendants tels quels, car une forme modifiée de l’aile par exemple, est plus qu’une manifestation d’un état général précaire. C’est bien là un exemple de transmission héréditaire d’un caractère acquis sous l'influence du milieu.

Cependant, aux yeux des anti-lamarckiens intransigeants, lui non plus ne trouverait peut-être pas grâce, car rien ne prouve que l’action du froid ne se soit exercée simultanément sur les cellules somatiques et les cellules germinales. Nous avons déjà dit que cette objection ne nous paraissait pas avoir de l'importance pour la recherche des facteurs de l’évolution, mais comme elle en a une au point de vue des théories de l’hérédité, et qu’elle est toujours mise en avant dans les polémiques sur cette question, cherchons d’autres exemples encore, auxquels même ce reproche ne pourra pas être adressé.

Ces exemples existent. Une des expériences les plus précises et les plus remarquables est celle de Cunningham. Tout le monde connaît les Pleurorectes, ces poissons plats sole, turbot, etc.)

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qui sont asymétriques, un côté du corps coloré, l’autre incolore et les deux yeux du même côté. Cette organisation si spéciale tient au mode d’existence de ces poissons : symétriques et bilatéraux dans leur jeune âge, ils se laissent ensuite tomber au fond de l’eau et restent dans cette position. Le côté sur lequel ils sont couchés, privé de lumière, reste incolore; en même temps se produit Le déplacement de l'œil correspondant. Cunningham fait l'expérience suivante {. Il prend une quinzaine de petits poissons de 11 à 12 millimètres de longueur, encore symétriques comme forme, mais ayant déjà commencé leur métamorphose, c’està-dire pris l'habitude de se coucher sur le côté gauche; une pigmentation assez abondante était déjà apparue sur le côté droit, le côté gauche restant incolore. Ces poissons sont alors placés dans un aquarium éclairé par en bas à l’aide d’un miroir et recouvert d’un couvercle opaque pour empécher la lumière de venir d’en haut. De nombreux témoins, pris dans le même lot, sont placés dans les conditions ordinaires. Un mois et demi après, Cunningham compare les deux lots et ne trouve entre eux que peu de différence : le côté gauche est chez les uns comme chez les autres d’un blanc opaque. Le pigment n’est donc pas apparu chez les poissons en expérience bien qu’ils aient été placés dans des conditions qui auraïent dû le faire

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1. J. T. CUXNINGHAM. An experiment concerning the Absence of Colour from the lower side of Flat-fishes (Zoologischer dnzeiger, 1891, n° 354, p. 27-32),

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naître : une distribution déterminée du pigment, causée dans la série des ancêtres, par les conditions extérieures, a subsisté ici grâce à l’hérédité. Dans la suite, cependant, les conditions actuelles semblent avoir pris le dessus : deux mois après (époque à laquelle l'expérience prit fin, les poissons ayant péri) Cunningham aperçut chez un certain nombre d'individus, quelques chromatophores noirs et jaunes à la base des nageoires dorsales et deux bandes colorées longitudinales sur la face inférieure du corps, s'étendant jusqu’à la tête (voir fig. 10); d’autres exemplaires restèrent incolores. Les témoiris ne présentaient sur la face intérieure du corps aucune trace de pigmentation.

Cette expérience paraît concluante. Il ne peut être question ici ni d'un état général vague, ni de substance chimique transmise, ni même d’action simultanée sur les cellules germinales et les cellules somatiques : comment les cellules germinales pourraient-elles être directement atteintes par l'absence de lumière ? Il y a bien là transmission d’un caractère incontestablement acquis et exclusivement somatique. Il faut cependant dire, non pas parce que les arguments invoqués seraient convaincants, mais parce qu’il est bon de montrer jusqu'où peut aller le parti pris, que là aussi les anti-lamarckiens trouvent des raisons pour ne pas admettre cette conclusion. C’est ainsi que Morgan{ fait à Cunningham cette objection étrange :

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