‹ Les théories de M. LoisyChapitre 107 sur 235 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

condamnations du Cardinal Richard ne m'ont pas étonné, dit-il; celles de Pie X m'étonnent encore moins ^ »

« 11 ne faut pas oublier que Pie X n'a fait que tirer les conclusions qui se déduisent logiquement de l'enseignement officiel de l'Eglise, et que, si ces principes sont vrais, ceux qui les admettent n'ont pas même à critiquer l'opportunité de l'acte pontifical; carie modernisme... met en question ces principes, à savoir l'idée mythologique delà révélation extérieure, la valeur absolue du dogme traditionnel et l'autorité absolue de l'Eglise; en sorte que l'Encyclique de Pie X était commandée par les circonstances, et que Léon XIII ne l'aurait pas faite sensiblement différente, au moins pour l'essentiel et dans la partie théorique. »

« Le Pontife a dit vrai en déclarant qu'il ne pouvait pas garder le silence sans trahir le dépôt de la doctrine traditionnelle. Au point où en sont venues les choses, son silence aurait été une énorme concession, la reconnaissance implicite du principe fondamental du modernisme: la possibilité, la nécessité, la légitimité d'une évolution dans la façon d'entendre les dogmes ecclésiastiques, y compris celui de l'infaillibilité et de l'autorité pontificales, ainsi que dans les conditions d'exercice de cette autorité^. »

M. Loisy ne craint pas de le répéter : « C'est la notion même de l'infaillibilité ecclésiastique, c'est, au fond, toute la théologie catholique dans ses principes fondamentaux, c'est la philosophie générale

2, Ibld., p. 275-276.

de la religion, les sources et les lois de la connaissance religieuse, qui sont en cause*. »

Un tel aveu a une importance qu'il est inutile de souligner. Il fait ressortir, d'une façon on ne peut plus saisissante, la clairvoyance du Souverain Pontife et justifie péremptoirement son intervention.

Le critique est peut-être moins bien inspiré quand il affecte de dire que, pour avoir désavoué le modernisme, l'Eglise va perdre toute influence sur le monde moderne. « Les positions sont prises, déclare-t-il : l'Eglise romaine... refuse toute concession à l'esprit moderne, à la science moderne et à la société moderne. Le divorce est complet... L'Eglise, par la voix de son chef, vient de le proclamer officiellement^. » « Je ne sais pas si jamais l'Eglise transigera avec l'esprit et la civilisation modernes. Je pense qu'elle n'en triomphera pas; mais ils pourraient triompher d'elle^. »

Ce qui peut pourtant rassurer l'Eglise, c'est que AL Loisy ne reconnaît à personne le don de prophétie.

A tout prendre, les Simples réflexions ne sont guère quclemanifestearrogantetle pamphletbilieux d'un critique soi-disant catholique, et en bonne partie incroyant.

1. simples réflexions, p. 24. Cf. ci-dessus, p. 38, 76-77, 110, 114, 13

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