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laissé de la prévoir, mais il n'avait pas cessé non plus d'espérer le miracle, parce qu'il comptait toujours sur l'avènement du royaume'. »
Le destin de Jésus « se décida, à ce qu'il semble, deux jours avant la fête. 11 s'était retiré le soir à Béthanie, chez un certain Simon dit le Lépreux, où il prenait son repas avec les apôtres. Lui-même sentait l'imminence du dénouement. Il prononça, selon la coutume, les paroles de bénédiction sur le pain et le vin, mais il ne dissimula pas à ses fidèles que c'était la dernière fois : Je vous dis en vérité que je ne boirai plus de ce produit de la vigne avant qu'arrive le règne de Dieu. Ces paroles... signifient qu'on est à la veille d'un changement radical, et que l'on ne peut répondre du lendemain : demain, ce sera peut-être le royaume espéré; mais ce peut être aussi une crise terrible, en attendant qu'arrive le royaume qui ne saurait tarder^. »
« Cependant Judas, l'un des Douze, s'était abouché avec les ennemis de son Maître. Lui seul a connu les motifs qui ont pu le déterminer à cette trahison. Le principal dut être la désillusion. Peutêtre voyait-il mieux que les autres les dangers que courait non seulement leur espérance, mais leur existence personnelle. Il n'était sans doute pas homme à sentir la beauté morale d'une tentative sans espoir humain. Il ne voyait pas du tout s'approcher le royaume, et il voyait venir la mort^. » Un coup de main fut concerté dont il était l'agent principal.