‹ Les théories de M. LoisyChapitre 148 sur 235 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

mais cette circonstance n'est pas indispensable; en tout cas, elle paraît insuffisante pour expliquer l'attribution. La substitution de Matthieu à Lévi dans l'histoire du publicain étant un indice de l'intérêt particulier que le rédacteur prend à l'apôtre, et cet intérêt ne semblant en aucune façon occasionné par des relations personnelles, il est à croire que l'évangéliste a voulu lui-même recommander son œuvre du nom de Matthieu ^ »

Le point important est que le rédacteur définitif, l'évangéliste proprement dit, est tout autre que Matthieu lui-même. « Que le premier Evangile n'ait pas été écrit d'après des souvenirs personnels par un compagnon de Jésus, c'est ce qui résulte de sa composition même et du caractère non historique de ce qui appartient proprement au rédacteur^. »

En particulier, si les récits de Matthieu touchant la conception virginale du Christ « s'étaient formés en Palestine, à une date assez rapprochée des événements, l'on aurait eu recours à quelque combinaison artificielle, comme celle qu'on trouve dans Luc, pour faire naître le Christ à Bethléem. Il est donc probable que ces récits, et conséquemment l'Evangile dont ils font partie, ont acquis leurs traits essentiels en dehors de la Palestine et des communautés judéochrétiennes de ce pays, dans une contrée et à une date où ne subsistait aucun témoin oculaire, ou seulement bien informé, de la vie de Jésus ^. »

1. Les Evangiles synoptiques ^ t. I, p. 141-142. 2.1bid., p. 141, Z.Ibid., p, liO,

« Dans sa forme traditionnelle, ce livre ne peut pas être fort ancien. Il faut le mettre au moins quelques années après Marc, et le caractère des éléments propres au premier Evangile inviterait plutôt à grandir l'intervalle qu'à le diminuer'. » L'auteur « sait l'hébreu, mais il a en vue des lecteurs qui l'ignorent. Il est donc très probablement né juif mais il n'est pas d'origine palestinienne; il a écrit en Orient, peut-être en Asie-Mineure, ou plutôt en Syrie ». « Son livre peut être rapporté aux environs de l'an 100; il ne peut être de beaucoup antérieur ni de beaucoup postérieur à cette date^. »

Enfin, le troisième Evangile est à peu près contemporain du premier et il n'est pas plus authentique. Son auteur est certainement le même qui a écrit le livre des Actes; mais ce ne doit pas être Luc, disciple de Paul.

En divers endroits des Actes, le récit des voyages de Paul se fait à la première personne du pluriel, comme si le narrateur était un témoin oculaire et un compagnon de l'Apôtre. « La précision des renseignements ne laisse pas le moindre doute à cet égard. » Quel est ce disciple narrateur? On peut sans doute admettre que c'est Luc. « D'après le récit même, complété par les Epîtres de Paul, on n'a pas le choix entre beaucoup de noms. Celui de Luc ne s'imposerait pas autrement, si la tradition ne devait avoir eu motif de le préférer à d'autres. » Mais « reste à savoir si les Actes sont une composition homogène, et si le nous n'appartiendrait pas à

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