Marc, XV, 21; Rom.,xvi
L'écrit, dit Renan, « est plein d'observations minutieuses, venant sans nul doute d'un témoin oculaire ^ » « La forte impression laissée par Jésus s'y retrouve tout entière. On l'y voit réellement vivant, agissant... Tout est pris sur le vif; on sent qu'on est en présence de souvenirs^ ». C'est une garantie très sérieuse de la dépendance de l'ouvrage vis-à-vis du chef des apôtres L'écrit, dit encore Renan, « était en un sens l'œuvre de Pierre; c'était la façon dont Pierre avait coutume de raconter la vie de Jésus ^ ». M. Loisy lui-même, dans les parties de l'Evangile qui lui paraissent exemptes des prétendues additions légendaires, trouve « un écho du témoignage apostolique, spécialement des souvenirs de Pierre**». « Tel récit, dit-il, par exemple celui du reniement de Pierre, remonte à Pierre lui-même et n'est entré dans la tradition que par lui ^ ».
Mais, s'il en est ainsi, si l'Evangile appartient à l'Église de Rome, s'il contient un écho de la tradition de saint Pierre, n'avons-nous pas les meilleures raisons de croire que l'antiquité a dit vrai en l'attribuant à saint Marc PD'autant que l'écrit est reconnu pour avoir été rédigé peu après la mort du chef des apôtres, si même il n'a pas été composé de son vivant.
Un bon nombre de critiques voient un indice significatif de la rédaction de l'Evangile par saint JNIarc, dans le passage où il est question du jeune