Luc, XXII
4. C'est l'hypothèse que le critique proposait, dans L'Évangile et l'Eglise, 1902, p. 72, e.\ Autour d'un petit livre, p. 237. — i Cf. J. Weiss, ZiiA-a» [Meyer's Kommentar), 1892, p. 617-619; Daa atteste Evangelium, p. 294-295; P. Gardner, The Origin of the Lord'» Supper, 1893; W. Brandt, Die evangelische Geschichie,
nourriture à ses apôtres, marquent suffisamment à elles seules une allusion du Sauveur à sa passion prochaine etàreiïicacitéde sa mort pour le salut des siens ^ Il se décide donc maintenant à les enlever pareillement^. L'on se trouve dès lors en présence de ce fait très simple, que Jésus présente du pain et du vin à ses disciples, en leur faisant entendre que ce repas est le dernier qu'il doive prendre avec eux avant l'arrivée du royaume.
Rien de plus vulgaire que la dernière Cène ainsi reconstituée. Mais aussi rien de moins compréhensible en regard de l'histoire postérieure. Comment a-t-il pu se faire qu'un incident si banal ait pris dans la tradition primitive une pareille importance? Comment expliquer que, dès les premiers jours, les fidèles aient songé aie reproduire, que, dès le temps de saint Paul, l'usage de la Cène se trouve établi dans les communautés chrétiennes, que l'Apôtre puisse en parler couramment comme du mémorial constant de la mort du Seigneur?
M. Loisy avoue que, si, à son point de vue, on voit très bien comment la perspective du prochain avènement messianique a été brisée par les événements, « on saisit avec moins de clarté la façon dont la foi sut, après la passion, tirer des paroles eucharistiques le sacrement chrétien '. » Et, en effet, l'explication qu'il suggère paraît absolument insuffisante.