‹ Les théories de M. LoisyChapitre 30 sur 235 · LA VALEUH OBJECTIVE DES DOGMES · texte numérisé non relu

LA VALEUH OBJECTIVE DES DOGMES

fait de sa sortie corporelle du tombeau, ni l'intention du Sauveur relativement à la fondation de l'Eglise : et néanmoins il revendiquait le droit de se proclamer chrétien et catholique romain. Non seulement il revendiquait ce droit pour lui-même et dans le for de sa conscience, mais il le publiait hautement, au grand jour, le présentait comme le droit normal du savant catholique moderne, et affectait de dire que tout croyant au courant des progrès de la critique devait partager son attitude.

Ces prétentions étaient fort graves, et l'on comprend que ceux qui avaient à cœur les intérêts de la foi se soient alarmés de voir des théories aussi subversives de nos croyances jetées ainsi dans le public sous le couvert de l'érudition. Ni les intentions soi-disant apologétiques de l'auteur, ni la vigueur de son talent d'écrivain, ni le mérite incontestable de telles et telles observations partielles, ne devaient fermer les yeux sur l'audacieuse nouveauté des thèsesfondamentales. Au contraire, plus remarquable apparaissait la forme de l'ouvrage, plus on devait être sévère à apprécier l'orthodoxie de son contenu. Or, encoreunefois, à examiner froidement les choses, les dissertations de U Évangile et l'Eglise ne tendaient ni plus ni moins qu'à nier le bienfondé de nos dogmes les plus importants.

Le critique était loin d'établir sur des preuves satisfaisantes le point de départ historique de ses assertions. Ainsi, le parti pris seul paraissait inspirer sa critique radicale des récits évangéliques de la résurrection. Les nombreux textes évangéliques où Jésus, non content de déclarer sa qualité de

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Messie, manifeste discrètement son rapport étroit avec la divinité, étaient par lui laissés entièrement dans l'ombre. Quant aux passages où l'on peut reconnaître que le Sauveur n'était pas uniquement préoccupé du royaume eschatologique imminent, mais qu'il avait prévu et voulu le sacrifice préalable de sa vie en rédemption des hommes, la diffusion universelle de l'Evangile avant la consommation finale, l'établissement de son Eglise, comme destinée à continuer la société de ses disciples et à se répandre dans le monde, tous ces passages, et d'autres encore, étaient éliminés par des procédés fort arbitraires. Bref, l'exposé de M. Loisy était des plus suspects au point de vue même de l'histoire ; rien n'autorisait à y voir le verdict définitif de la science. Par contre, il étaitétabli que l'auteur prétendait nier pour son compte, et amener le public à nier avec lui, les faits qui servent de base à la foi catholique et chrétienne.

Lorsque donc le cardinal Richard, archevêque de Paris, condamna l'ouvrage intitulé L'Evangile et l'Eglise, comme étant « de nature à troubler gravement la foi des fidèles sur les dogmes fondamentaux de l'enseignement catholique, notamment sur l'autorité des Ecritures et de la tradition, sur la divinité de Jésus-Christ, sur sa science infaillible, sur la rédemption opérée par sa mort, sur sa résurrection, sur l'Eucharistie, sur l'institution divine du souverain pontificat etde l'épiscopat^ », le pontife ne faisait qu'user d'un droit inhérent à sa charge et remplir un devoir nécessaire.

t. Ordonnance du 17 janvier 1903.

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